Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 23:00

Le 11 février 1650, mourait à Stockolm le grand mathématicien, physicien et philosophe du XVIIe siècle, René Descartes.

1620

 Descartes en 1620

 Mais que diable était-il donc allé faire au pays « des ours, entre des rochers et des glaces » (selon ses propres paroles) ?

descartes par Mignard Descartes par Mignard

C’est qu’en septembre 1649, il avait accepté, après maintes hésitations, l’invitation de la jeune reine Christine de Suède, avec laquelle il correspondait depuis deux ans.

christine-2.jpg

En effet, Descartes admirait Christine,  fameuse pour avoir régné à dix-huit ans et avoir mis fin à la guerre avec ses voisins ; personnage romanesque, provocante pour l’époque dans les habits d’homme qu’elle affectionnait, passionnée de musique, de danse et d’art, elle était aussi férue de philosophie. C’est la raison pour laquelle Descartes se résolut à prendre la route…

christine suede

Mais une fois installé, le philosophe est déçu. La reine se révèle une élève médiocre. Et surtout,  très occupée, elle ne lui consacre que peu de temps ; pis, elle lui donne des rendez-vous dans sa bibliothèque à  cinq heures du matin, à lui qui n’aime vivre que dans son « poêle » !

 Louis-Michel-Dumesnil.jpg

Descartes et la reine, par Dumesnil

Un jour, elle lui demande d’imaginer un ballet de cour, intitulé « La naissance de la paix », pour célébrer le traité de Westphalie ; il s’exécute ; elle veut voir le plan dès l’aube, alors que sévit un froid polaire. Le résultat ? Descartes attrape une pneumonie. En dépit de certaines rumeurs prétendant qu’il aurait été empoisonné par ceux qui  redoutaient son influence sur la reine (elle était luthérienne mais voulait se convertir au catholicisme, vœu qu’elle réalisera plus tard après avoir abdiqué pour partir vivre à Rome…), il semblerait que le philosophe ait succombé à la très forte décoction de tabac qu’il s’était confectionné pour tenter de se soigner lui-même. Descartes serait-il mort d’une overdose de nicotine ?

1640.jpg

Quoi qu’il en soit, les mésaventures de Descartes ne prennent pas fin à sa mort. Sa destinée posthume est un vrai roman macabre.

Lorsqu’on l’enterre, à Stockholm, des admirateurs « prélèvent » son auguste tête. Histoire de conserver le crâne du génie... Lorsque sa dépouille sera rapatriée en France, pour y être enterrée à  l'église Sainte-Geneviève, on découvre qu’il reste bien peu de choses des cendres de Descartes, de petits bouts, tout au plus ! L’un lui a pris l’os de l’index qui a « servi d’instrument aux écrits universels », un autre s’est fait faire une bague avec son omoplate…

Descartes-5.jpg

Quant au crâne, après bien des tribulations, il fut finalement remis, au XIXe siècle, au biologiste Cuvier, qui le plaça au Musée de  l’Homme, où il se trouve encore aujourd’hui. Et encore, n’est-on pas absolument sûr que ce soit le bon, quatre autres crânes ayant été attribués au philosophe !

crane-descartes.jpg

Ah ! René ! Tu leur en as fait voir, avec tes crâneries !

ps :Toutes les illustrations sont prises sur Internet

Partager cet article

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Littérature pour le lycée

Présentation

  • : Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • : Bienvenue sur le blog de Gisèle, écrivaine vivant à Istanbul. Complément du site www.giseleistanbul.com, ce blog est destiné à faire partager, par des articles, reportages, extraits de romans ou autres types de textes, mon amour de la ville d’Istanbul, de la Turquie ou d'ailleurs...
  • Contact

Gisèle Durero-Koseoglu Blog 1

  • Gisèle Durero-Koseoglu Blog 2
  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu). Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...

Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

Recherche

Pages + Türkçe Sayfaları