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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 15:16

En 1834, Honoré, enivré par le succès de son roman La Physiologie du mariage, veut se transformer en dandy : habits coupés par les meilleurs tailleurs, dont un célèbre complet bleu à boutons d’or massif, gants « beurre frais »…

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Pour compléter sa parure, il se fait fabriquer par un joaillier une gigantesque canne en jonc, au pommeau incrusté de grosses  turquoises et dont la chaînette est, murmure-t-on, confectionnée avec un collier de jeune fille d’Eve Hanska.

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Photo du site de la Maison de Balzac, Paris, rue Raynouard

Il ne paraît plus en public sans cet étrange accessoire, clé de voûte de son élégance. La raison ?

Esthète, Balzac aime les beaux objets, d'autant plus qu’il se ruine pour les acquérir ; mais surtout, il veut faire parler de lui ! Il a bien compris que s’entourer de mystère contribuera à la publicité de ses romans !

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Photo du site de la Maison de Balzac, Paris, rue Raynouard

Car tous d’épiloguer sur ce que contient le pommeau de la canne, qui s’ouvre comme un coffret : une mèche de cheveux d’Eve Hanska ? Voire un dessin la représentant toute nue ? Certains prêtent à la canne des pouvoirs magiques ! D’autres lui confèrent une signification sentimentale : Honoré l’aurait fait fabriquer pour commémorer le jour où Eve lui tomba dans les bras !

 

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Eve Hanska

Très satisfait des rumeurs qu’il fait naître, Honoré écrit  en 1834 à Eve Hanska : « Vous ne sauriez imaginer quel succès a eu ma canne, ce bijou qui menace de devenir européen… Tout le dandysme de Paris en a été jaloux ! Il paraît que ce sera matière à biographie ! »

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« A quoi Monsieur de Balzac doit-il sa réputation européenne ? Un peu sans doute à ses romans mais surtout à sa canne » lance rageusement Boitel, un adversaire du grand écrivain, en 1837.

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La canne inspira même en 1836 un petit roman à Delphine de Girardin, La Canne de M. de Balzac (1836) : « Mais cette canne, cette énorme canne, cette monstrueuse canne, que de mystères elle pouvait renfermer ! Elle devait même renfermer ! Quelle raison avait engagé M. de Balzac à se charger de cette massue ? Pourquoi la porter toujours avec lui ? Par élégance, par infirmité, par manie, par nécessité ? Cachait-elle un parapluie, une épée, un poignard, une carabine.... ? » 

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Balzac aime tellement la dépense que les créanciers le poursuivent ; pour leur échapper, en 1840, il s’installe sous un faux nom dans une petite maison à Passy. Cette demeure, la seule qui subsiste des logements parisiens de Balzac, verra naître de nombreux chefs-d’œuvre de La Comédie humaine : Une ténébreuse affaire, La Rabouilleuse, Splendeurs et misères des courtisanes, La Cousine Bette, Le Cousin Pons...

 

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C’est là qu’on peut encore  admirer aujourd’hui, une Généalogie des personnages de La Comédie humaine comportant 1 000 représentations sur les 6 000 que compte la somme romanesque, la cafetière, objet fétiche du maître et évidemment, la mirifique canne « à ébullition de turquoises » !

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Le bureau de Balzac dans sa maison de Passy, pièce qui fut témoin du travail de forçat d’Honoré : Travailler, c'est me lever tous les soirs à minuit, écrire jusqu'à huit heures, déjeuner en un quart d'heure, travailler jusqu'à cinq heures, dîner, me coucher, et recommencer le lendemain"…

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photosParis-janvier-2010-040.jpgSources :

Lucien Dällenbach, La Canne de Balzac, Ed. José Corti.

Site de la Maison de Balzac, Rue Raynouard.

            

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Littérature pour le lycée Littérature Balzac

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2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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