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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:29

La nouvelle version d'overblog ayant jeté aux oubliettes certains anciens articles, je republie mes préférés...

C’était il y a presque trois décennies, lors de mon premier voyage en Cappadoce.

Des fillettes avaient soudain fait cercle autour de moi, aux cris de:

“ Ma sœur, ma sœur, achète ma poupée ! ”

Ce fut ainsi que je découvris les poupées artisanales d’Anatolie.

 

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C’étaient de simples poupées de chiffon, dont le corps était confectionné avec une armature en bois recouverte de tissu rembourré de coton et aux traits du visage desssinés au stylo à bille. Elles comportaient toutes la particularité de tenir dans leurs bras un ou deux bébés ; certaines représentaient une mariée aux seins rebrodés de rouge en signe de fertilité.

Elles incarnaient pour moi de petits chefs-d’œuvre d’art naïf, réalisés sans autre moyen que l’ingéniosité et la créativité des femmes des villages.

 

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Ma plus ancienne, une mariée de 1983. Qu’est-ce qui se cache sous les rosaces blanches ? Ses futurs bébés.  A l’époque, l’usage des noces villageoises exigeait que la mariée touche un bébé comme porte-bonheur, pour devenir rapidement mère…

   Elles étaient si originales que je ne savais laquelle choisir. Et comme, de plus, j’avais scrupule à désappointer mes petites marchandes en achetant à l’une plutôt qu’à l’autre (précisons qu’à cette époque, ces petites filles n’avaient aux pieds, en guise de chaussures, que des socques de plastique ou des souliers beaucoup trop grands pour elle...), j’en avais ramené ce jour-là une jolie collection.

 

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L’origine de ces poupées traditionnelles se trouve dans la religion chamaniste. En effet, avant d’adopter l’Islam, les anciens Turcs fabriquaient des fétiches à figure humaine comme talismans pour protéger leurs plantations ou porter chance à la yourte de la mariée. En période de sécheresse, ces poupées étaient également utilisées dans les cérémonies de prières destinées à faire tomber la pluie. Au fil des siècles, si la signification rituelle des poupées a complètement été oubliée,  la tradition ne s’en est pas moins perpétuée et elles ont pris place parmi tous les jouets artisanaux fabriqués par les villageoises pour leurs enfants.

 

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Que d’heures passées le soir, auprés du poêle, pour réaliser avec les moyens du bord, chutes de tissu, restes de pelotes de laines, paillettes et rubans de récupération, ces petites femmes de tissu si touchantes et si poétiques !

Aujourd’hui, ces poupées ont conquis leurs lettres de noblesse, elles ont désormais leur appellation : “ Poupées de chiffon de Soganlı” et sont reconnues comme faisant partie intégrante de l’artisanat turc. Les nostalgiques pourront regretter que leur fabrication ait un peu perdu de sa spontanéité pour se changer en commerce, mais il ne faut pas oublier que les travaux manuels constituent encore pour les femmes et les enfants des villages, le seul moyen de gagner quelques sous…

 

 

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Une mariée récente.

Signe de l’évolution des mœurs, les bébés dans les bras ont disparu !

 

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations Artisanat turc

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Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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