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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 05:44

Suite à la polémique provoquée en Turquie par le projet de limitation du droit d’avorter à quatre semaines de grossesse ― combien de semaines se passe-t-il,  en particulier dans les campagnes où l’éducation sexuelle est inexistante, avant que la femme soit vraiment sûre d’être enceinte ? Certainement plus de 4 !―, suite aussi aux articles que j’ai déjà écrits pour défendre ce droit fondamental de la femme, je poursuis ma réflexion…

Pour analyser ce problème tel qu’il se conçoit dans une société à majorité musulmane, volontairement, je ne le pose pas en fonction de la conception libérale de « la femme libre de son corps » ou des idéaux féministes. J’essaye plutôt de réfléchir de l’intérieur, à partir des réalités turques actuelles, où une partie de la société est encore assez conservatrice. 

Qui sont celles qui vont se faire avorter en Turquie ? Des jeunes filles sans contraception n’ayant eu qu’une seule relation sexuelle dans leur vie, des jeunes filles abandonnées par celui qu’elles ont aimé, des femmes enceintes juste au moment où le mariage se brise,  des mères de famille nombreuse ne pouvant assumer un enfant de plus, des filles violées, des femmes portant un bébé affecté d’un grave handicap…  Bref, celles qui se font avorter ne sont pas des femmes refusant la maternité ou des ennemies des hommes,  comme on l’entend dire…

Au lieu de limiter l’avortement de telle façon qu’il sera impossible d’avorter, ne serait-il pas plus judicieux de développer l’éducation des femmes à la contraception ?  Mais nous savons bien aussi, les statistiques des autres pays le prouvent, qu’en dépit des campagnes d’information, il existe toujours des accidents, des cas de force majeure !  Et face à ces cas, il n’y a qu’une seule attitude possible : la compassion et l’entraide !

Interdire l’avortement n’a jamais empêché les femmes d’avorter ! C’est ce que me disent mes souvenirs de 28 ans de vie en Turquie !

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En effet, au début de mon installation à Istanbul, juste au moment où la loi permettant l’interruption volontaire de grossesse venait d’être adoptée mais n’était pas encore appliquée partout (les femmes avaient encore recours à des matrones « faiseuses d’anges » ou à des avortements dans des cabinets privés), un jour, à l’époque où j’habitais le quartier très conservateur de Fatih,  une dame qui venait de temps en temps m’aider au ménage, arrive chez moi l’air épuisé et demande à s’étendre sur le canapé. Elle semble souffrir et, désemparée,  je lui pose quelques questions, malgré mon turc  hésitant. Alors, elle montre son ventre et me dit : « Kürtaj, kürtaj… » J’appris ainsi qu’elle venait juste de se faire avorter le matin même. Après vint la suite des explications, entrecoupées de gestes ;   elle avait 5 enfants qu’elle parvenait à peine à nourrir et l’arrivée d’un sixième, en l’empêchant de travailler, aurait condamné tous les autres à la misère.

A la même époque, un autre jour, une copine me demande de l’accompagner en voiture chez une gynécologue pour procéder à un « contrôle », car elle a trop mal au ventre pour pouvoir conduire elle-même. C’est ainsi que je comprends peu à peu qu’elle s’est fait faire, quelques jours auparavant, une interruption volontaire de grossesse dans ce cabinet. Je n’oublierai jamais mon effroi, en la conduisant dans la salle d’attente de ce cabinet, assez vieillot, où le curetage avait été effectué sans anesthésie…

 Enfin, dans le monde du travail, je me souviens avoir souvent entendu évoquer, à demi-mots, les « hémorragies », euphémisme désignant une interruption volontaire de grossesse.

Ce ne sont que quelques exemples mais beaucoup de femmes que j’ai connues depuis tant d’années, quel que soit le milieu, ont pratiqué  au moins un avortement…  Alors, pourquoi jouer à l’autruche ? Je peux attester aussi qu’à cette époque, j’ai souvent entendu parler aussi de femmes souffrant de « plaie de l’utérus », suite à des curetages pratiqués hors milieu hospitalier.

Et aujourd’hui ?

Comme tout le monde débat partout du sujet de l’avortement, j’ai posé la question à bon nombre de femmes : « Et vous, est-ce que vous vous êtes déjà fait avorter ? » Du fait que les gens, en Turquie, se livrent assez aisément à la confidence, aucune femme ne m’a rabrouée en me disant que je posais une question indiscrète. Par contre, la plupart ont répondu… « Oui » !

Il y a aussi celles pour lesquelles le sujet est encore un peu tabou : il ne faut pas leur demander si elles se sont fait « avorter » mais plutôt si elles se sont «  fait enlever » un enfant. La réponse est indirecte : pas de parole mais elles inclinent la tête rapidement ; pour qui connait le langage gestuel turc, il s’agit aussi d’un « oui »…

Je termine par une dame de 75 ans que je connais bien, car elle a été une de mes premièes voisines à Istanbul, à Fatih ; elle porte un foulard et a effectué le pèlerinage. Quand je lui pose la question, elle a l’air un peu surprise de ma liberté de langage mais comme elle n’aime pas mentir, elle me répond. Elle me regarde rapidement et incline vite la tête ! Ensuite, elle me donnera les détails : « J’avais déjà trois enfants, je venais à peine de cesser d’allaiter le troisième, j’étais si fatiguée, c’était si dur… »

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Bien sûr, ce que j’écris ici n’a aucune valeur de sondage à prétention scientifique sur les femmes turques face à l’avortement, il s’agit simplement de quelques constatations effectuées sur le terrain.

 Tous ces exemples pour dire quoi ? Une partie de ces femmes avaient pratiqué une interruption volontaire de grossesse avant que la loi ne le leur permette. Elles ont eu de la chance de ne pas y laisser leur vie, victimes du tétanos ou de la septicémie !

Mais il y a eu aussi celles qui n’ont pas eu cette chance et sont mortes au terme d’une terrible agonie !

Interdire l’avortement n’empêchera pas les femmes de se faire avorter mais plus sûrement, les reverra à la barbarie de l’avortement clandestin ! Et fera mourir nombre d’entre elles ! 

Le droit à l’avortement doit être préservé pour des raisons humanitaires. Cela dépasse les idéaux politiques, religieux, c’est une question de bon sens universel, de compassion, d’humanité, d’humanisme…

JOURNAL OTTOMAN

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 22:29

             Comme l’interruption volontaire de grossesse est menacée d’être interdite en Turquie et que ce sujet fait l’objet d’une polémique nationale, je considère que j’ai  le devoir, en tant qu’écrivaine, de parler au nom des nombreuses femmes qui  seront les victimes de cette loi, si elle est votée.

Je voudrais préciser tout d’abord que je ne suis pas une « étrangère » se permettant de venir  prononcer des jugements de l’extérieur sur la Turquie. Ayant acquis par mon mariage la nationalité turque (je suis une bi-nationale franco-turque), ce qui m’a donné le droit de vote dans ce pays,  étant la mère de deux enfants franco-turcs et vivant depuis 1983 à Istanbul, je pense posséder  une assez bonne connaissance des mœurs et coutumes de mon pays d’adoption.

Tout d’abord, certains hommes politiques ou médias turcs utilisent le mot péjoratif de « curetage » pour désigner l’IVG, je pense qu’il serait plus objectif d’utiliser l’expression neutre, que j’emprunte à ma langue maternelle, d’ « interruption volontaire de grossesse » ou d’avortement.

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Que risque-t-il de se passer si l’interruption volontaire de grossesse est interdite en Turquie ?

Les femmes les plus riches iront se faire avorter à l’étranger. Des agences  opportunistes  organiseront des tours d’avortements sous couvert de  visites touristiques, moyennant  un pactole. Certains pays limitrophes feront fortune en bâtissant de grandes cliniques privées spécialisées dans les avortements pour les femmes turques.

Les autres riches, mais un peu moins, se feront avorter chez ceux des gynécologues turcs qui accepteront de prendre le risque, pour des raisons humanitaires,  d’aller à l’encontre de la loi. Les médecins qui, par compassion, auront pratiqué un avortement sur une femme en détresse seront jetés en prison et traités comme des bandits. La délation sera monnaie courante pour faire la « chasse aux sorcières » et dénoncer les médecins pratiquant l’avortement illégal. De retentissants procès présenteront comme des criminels ces médecins et leurs patientes.

Les beaucoup moins riches iront voir des faiseuses d’anges en priant le ciel de ne pas avoir d’infection. Les femmes les plus pauvres, quant à elles, bricoleront leur interruption de grossesse à la maison, avec certaines méthodes ancestrales que je ne veux pas nommer  tant elles sont barbares mais qui causaient plus surement la mort de la mère que celle du fœtus. Dans tout ce dernier groupe, des mères de famille ayant plusieurs enfants  à charge mourront dans d’atroces souffrances, des suites d’un utérus perforé, d’une hémorragie ou d’une septicémie. Une fois de plus, ce sont les femmes des milieux défavorisés qui pâtiront le plus de cette interdiction.

Les jeunes filles issues des milieux traditionnels, pour ne pas subir l’opprobre de leur famille si le garçon ne veut pas les épouser, risqueront de se suicider. Quant aux  filles et femmes violées (et il convient de rappeler ici qu’il s’agit souvent de viols incestueux)  elles risquent de choisir, elles aussi, l’option radicale de mettre fin à leurs jours, d’une part pour ne pas porter l’enfant de celui qui les a outragées, d’autre part pour ne pas être mises au ban de leur milieu.

Certaines désespérées parviendront à camoufler leur grossesse jusqu’au bout et abandonneront le bébé à la naissance. Le nombre des orphelins augmentera.

Les jeunes filles ou jeunes femmes enceintes sans le vouloir seront obligées d’interrompre leurs études et n’auront pas de métier pour élever l’enfant qu’elles sont incapables de prendre en charge.

Les marchands clandestins de soi-disant pilules abortives profiteront du désespoir des femmes pour édifier des fortunes. Une multitude de sites Internet fera la réclame de procédés abortifs…

Tout cela n’est pas de la science-fiction mais ce qui risque de se passer si l’avortement devient illégal et donc, criminalisé.

Prenons un exemple emprunté à un feuilleton télévisé turc, que la plupart des gens connaissent en Turquie et qui raconte les difficultés rencontrées par une jeune fille victime d’un sauvage viol collectif, « Fatmagül suçu ne ? » (« Quelle est la faute de Fatmagül ?)  Son fiancé la renie, sa future belle-famille lui crache dessus, la société la juge, l’isole et la persécute. J’apprécie ce feuilleton car il est particulièrement éducatif. Alors, je voudrais ici poser une question cruciale aux hommes souhaitant interdire l’avortement : que se serait-il passé si Fatmagül avait été enceinte ?

 Devait-elle donner naissance à l’enfant de ses violeurs ? Aurait-elle pu l’aimer ? Imaginez, pour finir,  le malheur de cet enfant !

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L’interdiction de l’avortement est une violation du droit des femmes.

En 1971, en France, la célèbre écrivaine Simone de Beauvoir, avait fait paraitre, dans le magazine  Le Nouvel Observateur,  « Le manifeste des 343 », une lettre signée par 343 femmes célèbres déclarant s’être fait avorter. Cela a abouti, en 1975, à la loi libéralisant l’avortement en France.

 Aucune femme ne va avorter de gaieté de cœur. C’est un acte grave et douloureux pour celles qui y sont contraintes. Mais l’empêcher risque de conduire nombre d’entre elles au désespoir,  à l’exclusion, voire au suicide. L’avortement doit rester légal, non pas pour que les femmes avortent plus, mais pour éviter qu’elles n’utilisent des méthodes mettant leur vie en danger. Car ce que les législateurs, tous des hommes, ne savent pas, c’est qu’une femme qui ne veut pas de l’enfant qu’elle porte, utilisera n’importe quel moyen pour interrompre sa grossesse, même si elle met sa vie en danger. Ça, il n’y a que nous, les femmes, qui le comprenons.

La grossesse est une étape merveilleuse de la vie d’une femme. Mais il ne peut en être ainsi que si la femme la désire. Sinon, il s’agit d’une tragédie.  Imposer aux femmes la poursuite d’une grossesse que, pour de multiples raisons, elles ne peuvent assumer, est une grave atteinte à leur liberté et à leur dignité.

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Toutes les statistiques prouvent que dans les pays où l’avortement est interdit, il y a autant d’avortement que dans ceux où il est permis.  Par contre,  le  nombre des femmes mourant des suites d’un avortement clandestin y est très élevé :

-330 morts pour 100000 avortements clandestins dans les pays interdisant l’avortement.

-Entre 0,2 et 1,2 pour 100000 dans les pays où l’avortement est légal.

(Derniers renseignements et chiffres sont pris sur le site des Chiennes de garde, merci aux auteures)

Il ne faut pas se contenter de poser le problème de l'avortement du point de vue éthique ; savoir si l’avortement est un crime ou si le fœtus a une âme ne résoudra pas les problèmes des femmes confrontées à une grossesse involontaire. De toute façon, celles à qui leurs convictions interdisent l'avortement n'ont jamais été obligées d'avorter. Mais il faut avant tout le poser en termes de santé publique :

Interdire l’avortement n’a jamais fait  baisser le nombre des avortements mais seulement augmenter prodigieusement  le chiffre des femmes mortes ou mutilées à jamais !

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 13:43

Il y avait eu l’idylle entre François premier et Soliman le Magnifique mais aussi Catherine Ségurane repoussant les Turcs à Nice…

Il y avait eu l’ambassade de Mehmet Effendi et les douceurs de son “paradis des Infidèles” mais aussi le grand Mamamouchi de Molière …

L’ambassade turque sous le Directoire, où on avait gardé à vue l’ambassadeur,  Seyid Effendi…

Puis, “Les Turcs ont passé là” de Hugo...

Et aussi de célèbres déclarations fracassantes les dernières années !  

Bref, la météorologie franco-turque a souvent oscillé du plein soleil à l’orage.

Et l’histoire d’amour n’a pas connu que des hauts.

C’est pourquoi tous les journaux turcs ont salué ce matin la franche poignée de mains entre Abdullah Gül et François Hollande lors du Congrès de l’Otan à Chicago.

 

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 Photo du quotidien Hürriyet du mardi 22 mai 2012

 

“La Turquie sert de référence politique pour beaucoup de pays d’Afrique et du Moyen-Orient", a déclaré François Hollande.

Puis, il a proposé de relancer les relations entre les deux pays et de réparer ce qui a été endommagé.

  Voilà de quoi redonner le sourire à tous les Franco-Turcs !

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 12:17

Toutes les années est célébrée en Turquie, dans la nuit du 5 au 6 mai, la grande fête de Hidrellez, appelée aussi Erdelezzi par les Gitans.

 

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 Photo de Hudut Gazetesi

 

La fête d’Hidrellez, célèbre le 6 mai la régénération de la nature et semble une survivance des coutumes chamanes des Turcs des steppes. En Anatolie et chez les peuples d’origine turque, le 6 mai commémore la rencontre dans le ciel des prophètes Hizir (ou Khizr) et Ilyas (ou Elie), qui, après avoir bu ensemble l’eau de la source de vie, conférant l’immortalité, se seraient promis de se retrouver tous les ans à la même date.

 

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 Photo de Focus Haber

 

 La fête d’Hidrellez est presque partout célébrée en Anatolie mais les plus célèbres festivités sont celles des Roms, à Edirne et Kırlareli. N’ayant pu me rendre à aucune de ces deux fêtes cette année, j’ai copié sur Internet les photos des célébrations d’hier soir à Edirne.

 

Dans l’après-midi du 5 mai, on allume un grand feu.

 

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 Photo de Anadolu Ajans

 

Aksaray Haber

Photo de Aksaray Haber

 

Le soir, on danse autour du feu ; il faut sauter au-dessus du brasier pour voir ses vœux réalisés.

 

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 Photo de yenitan.com

 

Toute la nuit est consacrée à la musique et à la danse.

 

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 Photo de CNN Türk

 

A l’aube du 6 mai, les Gitans descendent au bord du fleuve pour y jeter des rameaux emportant leurs vœux ; tout souhait emporté sur les eaux du fleuve sera réalisé !

 

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 Photo de Net Haberci

 

C’est l’occasion pour les jeunes filles de revêtir une robe de mariée.

 

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 Photo de Net Habercilik

 

... et de lancer au fil de l’eau la branche où elles ont écrit leur vœu, celui de « trouver un mari »…

 

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  Photo de Travel terminal

 

Joyeuse fête d’Hidrellez à tous et toutes !

 

Et que vos vœux se réalisent !

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 23:00

Bon, le calendrier Maya annoncerait la fin du monde pour 2012, Zekerya Sitchin l’arrivée de la planète flamboyante Marduk, qui n’apparaîtrait que tous les 3600 ans ; les astrologues prédisent un alignement de planètes le 21 décembre 2012 !

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Photo Internet

Les fabricants de jeux vidéo inventent des « simulations de fin du monde ». Ceux qui prétendent avoir vu des Ovnis sont de plus en plus nombreux. Les médias, pour augmenter leur audimat, relaient ces théories en invitant sur leur plateau gourous et devins qui, parés de titres usurpés, se présentent comme des scientifiques. Bref, parler de l’Apocalypse est devenu à la mode.

film 2012

Affiche Internet du film 2012

A mon avis, ces théories exercent une influence pernicieuse sur l’esprit des jeunes qui seraient, semble-t-il, de plus en plus nombreux à naviguer sur Internet pour « trouver des renseignements » sur l’Apocalypse. Car, actuellement, il n’y a pas moins de 2.5 millions de sites traitant de ce sujet ! Certains prévoient le renversement des pôles magnétiques ou une explosion solaire, tous présagent des catastrophes sans précédent. Les plus commerciaux proposent de vous aider à aménager des cavernes dans les montagnes, de vous installer dans des campagnes isolées, de vous construire des bunkers avec provisions de nourriture, d’autres, enfin,  de creuser des galeries souterraines, dans le but de « survivre au cataclysme ». Au fil de ces recherches, nos adolescents entrent dans des sites émanant de sectes dont les propos alarmants les inquiètent encore davantage. Qu’en sera-t-il au fur et à mesure que l’on approchera de décembre 2012 ?

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Film Apocalypse

Il n’est bien sûr pas question de limiter la navigation sur Internet, qui est aussi un formidable outil d’accès à la culture. Mais notre rôle, à nous, les adultes, n’est-il pas de demeurer vigilants et de parler avec les jeunes pour leur faire comprendre que des personnes mal intentionnées s’emparent du sujet de la fin des temps dans le but de gagner de l’argent ou de recruter des adeptes ? En effet, certaines sectes, prétendant qu’elles seront les seules à survivre lors de l’Apocalypse, ont trouvé ce nouveau biais pour attirer des disciples.

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Apocalypse de Jérôme Bosch

Rappelons que les discours apocalyptiques ne sont pas nouveaux. Dans l’Odyssée, Cassandre annonçait déjà la fin du monde aux guerriers grecs ; de nombreux textes religieux sont consacrés à ce sujet. Pour rassurer nos enfants, on pourrait peut-être leur rappeler qu’en réalité, la fin du monde a déjà été prévue des milliers de fois au cours de l’histoire. En 1914, en 1979, en 1995, en 1999, en 2000, en 2006, si je ne considère  que les dates les plus proches de nous. Cette année, un prédicateur américain l’avait pronostiquée pour le 21 mai 2011, date qui aurait correspondu, selon lui, au 7000 ème anniversaire de l'Arche de Noé. 

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Représentatiom du Jugement dernier à Saint Sauveur in Chora à Istanbul, photo Internet

Si cela prête à sourire, on ne peut cependant pas oublier que certaines de ces prophéties se sont soldées dans le passé par des drames, les sectes les ayant exploitées pour effectuer un lavage de cerveau des personnes jeunes ou fragiles. Le résultat : 16 suicides collectifs en France, en 1995, pour échapper au chaos ;  963 en Guyane, en 1978, par crainte d’une explosion nucléaire ; 72 morts dans le Texas en 1993, 39 suicides en 1997 pour éviter le passage de la comète Hale-Bopp, pour ne citer que les exemples les plus fameux.

comete

Photo Internet

Notre société moderne, en prenant ses distances avec les religions traditionnelles, n’a pas su proposer aux jeunes un élément qui puisse combler leur soif naturelle de spiritualité. Le danger est donc qu’ils se tournent vers des théories surnaturelles et des dérives morales émanant de profiteurs ou d’illuminés. A nous donc de communiquer avec eux pour les rassurer et surtout faire en sorte que leur esprit critique demeure en éveil face à tous ces discours extravagants.

Pour finir, si nous faisions vraiment de 2012 l’année du grand changement ? En mettant tout en œuvre pour renforcer la justice, la fraternité, la paix, la solidarité, l’amitié, l’amour du prochain, la tolérance ? Ce ne serait déjà pas si mal !

Osmanlı Tebrik Kartı

 Article paru en français dans La Passerelle franco-turque de janvier 2012 et en turc dans le journal NT Hayat

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 17:54

Article paru dans la revue de La passerelle franco-turque en décembre 2010, produit d’une petite exaspération de l’an dernier. Je le publie aujourd’hui sur mon blog pour ceux et celles qui ne l’avaient pas lu, avec des ajouts occasionnés par l’actualité…

De toute façon, c’est quand je  « râle » que vous me lisez le plus !   

 

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Dans le langage des colonialistes du dix-neuvième siècle, le qualificatif « Bon pour l’Orient » désigna tout d’abord avec mépris les diplômes obtenus dans les pays de l’Empire ottoman ; avec le temps, l’étiquette s’appliqua à toute marchandise jugée défectueuse selon les normes européennes mais pouvant être venue avec profit en Orient. « Bon pour l’Orient » devint synonyme de « au rabais ».

A la fin du vingtième siècle, de nombreuses Françaises venues se marier en Turquie étaient jugées par leurs compatriotes, sans que cela ne soit jamais formulé, « Bonnes pour l’Orient ».

  

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Citons une anecdote dont une de mes amies fut bien involontairement l’héroïne.

Elle avait une directrice française. Un jour, les toilettes étant bouchées, cette dame déboule comme une furie en salle de réunion où ne se trouvent par hasard que quatre femmes.

  Les toilettes sont encore bouchées ! Hurle-t-elle. Un homme de service y a trouvé une culotte de femme ! Je vous avertis, si ça se reproduit, je fais verrouiller les cabinets et vous ne pourrez plus y aller !

Le fou rire prit mon amie.

— Vous croyez vraiment qu’une de nous quatre est allée jeter son slip dans les cabinets ?

— Vous dites cela, vous, Madame, crie-t-elle, mais je vous ai vu sortir des toilettes juste au moment où elles ont été bouchées !

Est-il besoin de commentaires ?

Pour la petite histoire, pendant au moins cinq années, chaque fois que les toilettes de son entreprise ne fonctionnaient plus, les collègues de travail de mon amie se gondolaient de rire : « Alors, c’est toi qui a encore sévi ? »

 

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Revenons à nos moutons. A l’exception des chanceuses qui sont arrivées dans le pays avec un diplôme « en béton », les Françaises à Istanbul ont dû manger de la vache enragée. Cherchaient-elles un travail ? Elles devaient se considérer chanceuses qu’on voulût bien leur en offrir. Aussi, de nombreuses d’entre elles ont-elles été employées à la portion congrue, c'est-à-dire avec un salaire au rabais et surtout sans sécurité sociale ni retraite. Non, me direz-vous, cela est impossible ! Eh bien si ! « Nous ne sommes pas en France, la loi française ne s’applique pas ! Vous n’êtes pas dans une firme turque, la loi turque ne s’applique pas ! » C’est dans ce vide juridique sévissant jusqu’aux années 2000 que de nombreuses d’entre elles ont survécu pendant des décennies. Avec un beau dilemme : accepter ou mourir de faim.

J’ai vu de mes yeux une Française dont les dents se déchaussaient et qui, n’ayant ni protection sociale ni subsides, n’a jamais pu se les faire soigner. Non, ce n’est pas du Victor Hugo, c’était en 2003 !

Je connais une femme qui a travaillé trente années à Istanbul mais dont seulement quinze années seront comptabilisées pour la retraite. Est-ce que cela se passait avant 1895, date à laquelle les employeurs français ont eu l’obligation de verser des cotisations pour l’assurance vieillesse de leurs employés ? Non, ces jours-ci !

Je connais des professeurs de littérature française qui travaillent depuis plus de vingt ans à Istanbul pour diffuser la culture française en Turquie mais que l’on n’a pas jugé dignes d’être invités au Palais de France d’Istanbul lors de la remise à Yachar Kemal de son insigne de Grand Officier de la Légion d’honneur.  

3-femmes.jpgJe ne parle pas ici des petites impertinentes qui s’avisent de peindre, composer de la musique, écrire, faire du théâtre ou s’adonner à toute autre forme de création. Cherchent-elles une salle pour exposer, une salle pour représenter leur création ? Ah bon ? Vous vivez ici ? Notre programme est plein. Nous n’accueillons que les artistes venus de France !

Aujourd’hui, je remarque que les jeunes Françaises débarquées à Istanbul ont pris le taureau par les cornes et n’hésitent pas à se lancer. Création d’entreprises, commerce, activités artistiques, nombreuses sont celles qui « réussissent » en Turquie et même de façon brillante. Elles changent les mots du dictionnaire.

« Bonnes pour l’Orient » ? Non ! Vous avez mal entendu, c’était « Bonnes, en Orient  » !

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         Si vous voulez un peu pleurer et beaucoup rigoler avec les problèmes des « Bonnes pour l’Orient », ce sera vers la fin février ( Inchallah ! cette fois, la date semble bonne, tout est prêt mais les autorisations sont en cours... Ah...) dans  Janus Istanbul, pièce de théâtre satirique et poétique sur la double culture...

        

      Bientôt, Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, parution du livre avec CD des musiques et chansons (10 morceaux de musique et 8 chansons).

  Janus Istanbul

 

Musique, instruments et chant : Erol Köseoglu  

 

janus CD 

       

        Justement, vous pourrez y découvrir la très célèbre (en 2012) chanson des "Bonnes pour l'Orient" et la chanter avec nous et le non moins célèbre (en 2012) "Slam des Bonnes pour l'Orient", avec sa musique  spéciale et la non moins célèbre (en 2012) "Valse des Amoureux", que toutes les radios de France et de Turquie vont s'arracher et le tube de 2012, la "Ballade de la Différence", qui deviendra l'hymne des bi-nationaux et l'inoubliable "Accordéon Ghetto"... etc etc...

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 23:00

Bon, je sens que vous êtes en train de vous dire : "Qu'est-ce qu'elle, a Gisèle, elle n'arrête pas de râler sur le Net ?"...
V
ous avez raison, je m'EXPRİME, suite à la lecture d'un article du 16 décembre sur ces "profs qui ne foutent rien"...

Samedi : lever à 9h30, quand même, j'en profite, les autres jours, c’est 6h.  Mon chat me boude. Se souvient-il que, hier soir, je l'ai grondé très fort car il avait souillé la moquette de ma chambre pour se venger que je ne lui aie pas donné de thon quand il en redemandait... ?

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 10h : Je publie sur mon blog l’article sur Balat que j’ai écrit la nuit dernière et lance une tranche de pain au jeune goéland du toit d'en face.

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  10h10 : Préparation en famille  du petit-déjeuner : œufs au fromage et jus d’orange frais. Comme Noël approche, j’ai envie de confectionner des “oreillettes” ou des “bugnes”, comme on dit dans le Midi ! Je fais la pâte et la laisse reposer.

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11h : Je m’installe à mon bureau ; perspective du week-end : 2 paquets et demi de copies à corriger, 2 de dissertations de Premières (j'ai déjà terminé un demi-paquet mercredi) et un contrôle de Seconde sur les figures de style ! Je me mets à bosser. Au passage, ça me fait rappeler ce que j'ai lu dans le fameux article, et, de rage, je commence aussi la rédaction de ce texte, "avec des arguments illustrés par des exemples", les photos, pas très belles, je vous le concède mais mon appareil habituel a rendu l'âme...

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  15h : Un demi paquet de fini... Ça rugit de faim dans la maison ; je pourrais renvoyer un de mes “grands” affamés "se faire voir" au village de la vallée de la Tinée nommé “Bramafam” mais étant depuis toujours un peu trop “mère-poule”, mes gènes et mon  inconscient atavique de Mama italienne, accentués par des années de vie en Orient,  me poussent à partir au galop confectionner en quatrième vitesse des escalopes panées et  des spaghettis au pesto (précisons que j’utilise des sauces toutes prêtes que j’améliore à ma façon, ce n’est pas la bonne vieille sauce maison de la région niçoise, pas le temps…

IMGP0622   15h30 : Retour aux copies. Pour corriger de façon plus méthodique et gagner du temps en ne réécrivant pas 50 fois les mêmes choses sur la grille de correction de chaque élève (car les mêmes fautes reviennent sans cesse), je décide d’abandonner ma plume et de travailler sur Word, je ferai du copié-collé pour certaines phrases et ajouterai les remarques personnelles. Bon, vous avez raison, le désordre de mon bureau est inadmissible !

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16h30 : Zut, la nuit commence à tomber, je dois lire les copies à la lumière artificielle, mon rendement va baisser… Je mets de côté tous les devoirs écrits dans une écriture trop difficile à déchiffrer, je les corrigerai demain matin à la lumière du jour…  

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Pour me remonter le moral, je vais contempler quelques instants mon arbre et mes villages lumineux de Noël (non, à mon âge ? … que voulez-vous, le souvenir ébloui des Noëls de l’enfance… l’âme reste la même… enfin, je ne crois plus au Père Noël…)

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18h : Avec les lunettes et la lampe, mes yeux pleurent. Mais quand le vin est tiré, il faut le boire ! J’ai l’obligation absolue de terminer un paquet complet !

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21h00 : Le paquet de dissertations de Premières commencé mercredi est fini, l’autre, à demi corrigé ! Hourrah ! Il ne me reste plus qu’à imprimer les grilles de correction et à les agrafer sur la feuille de chaque élève…Et à me rendre sur le site Ecole directe pour rentrer les notes du paquet terminé... Quand je pense que certains touristes imaginent encore qu'à Istanbul, les femmes passent leur temps à faire la danse du ventre !

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21h30 : Je me rends à la cuisine pour confectionner  2 pizzas  avec la pâte à pain du boulanger (très pratique, à Istanbul, le boulanger vous vend sa pâte bien montée, toujours belle…) Mais pas le courage de faire frire les "bugnes" ! Ce sera pour demain. (J’entends déjà vos remarques : une hérésie sur le plan diététique, cette journée… Farine, graisses et protéines mélangées, quel cataclysme ! surtout pour quelqu’un qui passe son temps immobile devant un bureau… j’imagine les conseils d’un célèbre diététicien : « Vous pouvez manger « le dessus » de la pizza mais surtout, laissez la pâte ! » N’allez pas lui parler de cet article… ou alors, expliquez-lui que pour survivre à de telles heures, il faut des compensations… ) 

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22h45 : Je retourne à mon bureau pour continuer à écrire une « communication » destinée au Colloque de la Francophonie d’Istanbul, au printemps, sur L’image de la femme ottomane à travers les récits d’écrivaines francophones de la fin du XIXe et du début du XXe siècle : Leila Hanoum, Marc Hélys et Une Circassienne.

Marc Hélys, Nouryé et Zennour, 1904.

24h : Voilà, j’ai un peu avancé dans mon article, je suis toute contente mais soudain, ça fait « schplaff » dans ma tête… Comme si je venais de recevoir une grande gifle : j’avais oublié que je devais rédiger le corrigé de mes 2 dissertations ( 2 corrigés car 2 sujets différents, 2 classes en parallèle ! ) Enfer et damnation ! Et oublié aussi d’établir le calendrier des contrôles des mois de janvier à mars que je dois communiquer aux élèves lundi ! Diantre ! Et oublié aussi de préparer le sujet du devoir de vacances facultatif que je dois leur remettre (eh oui, certaines élèves de Première demandent des « devoirs de vacances » pour s’entrainer au Bac…) ! Sacrebleu !  Et oublié aussi de relire certains plans de dossiers de TPE… Saperlipopette ! Non, il  ne sera donc pas possible de finir mes 3 paquets dans le week-end, avec les corrigés à élaborer… Las !!!

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24h30 : Je termine cet article ; je le publierai demain matin... Au passage, comme je suis outrée qu'aucun professeur de littérature française d'Istanbul n'ait été invité ce soir au Palais de France pour assister à la cérémonie de remise à Yaşar Kemal de son insigne de Grand Officier de la Légion d'Honneur, je rédige quelques lignes sur ce sujet.  Ma déception et ma fatigue m'inspirent des idées fatales du genre : "Et si je quittais mon boulot et que j'aille jouer de l'accordéon dans le métro ?" 

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 01h : Déjà dimanche. Il est temps d'aller dormir. Le programme de la journée, après le réveil ? Inéluctable ! Identique  à celui du samedi... Mais avec les bugnes... Et si je lis encore sur Internet que les profs ne "foutent rien", je les mangerai toutes !

Dimanche 9h30 : Je commence par les bugnes. Elles n'ont pas la belle forme que je leur ai vue sur les sites de cuisine, j'ai eu bien du mal à faire des ganses ; alors, elles sont un peu surréalistes...

Et main-te-nant, que vais-je fai-re ???  Retour aux dissertations !

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Lisez mon roman historique sur les sultans et sultanes de Turquie :

La Sultane Mahpéri, lien vers Amazon.fr : link

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 11:32

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Vous êtes morts pour rien

Pour la convoitise des vauriens

Qui volent le ciment

Le remplacent par du sable et du vent

 

Vous êtes morts pour des forbans

Pour la cupidité d‘un promoteur

Qui affamait ses tacherons

Dénaturait le béton

Substituait au fer le néant

Et aujourd’hui roule en Mercedes

Sur vos détresses

 

On attend toujours le tribunal des pendards

30000 morts ça n’avait pas suffi

Pour réveiller les endormis

Et jeter en prison les bandits

Ceux qui ont des villas à cinq millions de dollars

Construites avec votre désespoir

 

Pauvres humains de la ville de Van

Nous pleurons vos  deuils et vos tourments

Comment mettre du baume sur vos peurs

Sur la plaie ouverte de vos douleurs ?

Il faut juger les malandrins et les voleurs

Qui ont enseveli vivants ceux pour qui battait votre cœur

 

Van şehri için mezar taşı yazısı

Boşuna öldünüz

Haydutların arzusu yüzünden

Çimento çalıyorlar

Yerine kum ve rüzgâr koyuyorlar

 

Serseriler için öldünüz

Bir müteahhitin aç gözlülüğü için

Taşeronlarını aç bırakıyordu zaten

Kullandı betonu hafifletip

Demir yerine boşluk yerleştiriyordu

Bugün ise Mercedes’i ile geziniyor

Acılarınızın üzerinden

 

Hırsızların mahkemesini hala bekliyoruz

30000 ölü yetmemişti

Uyuyanları uyandırmak için

Ve şerefsizleri hapise atmak için

5 milyon dolarlık villalarını

Acılarınızla yaptırdılar

 

Van şehrinin zavallı insanları

Kayıplarınız ve sancılarınız için ağlıyoruz

Korkularınızı nasıl yatıştırabiliriz?

Açık yaranızı nasıl dindirebiliriz?

Alçaklar ve hergeleler artık yargılanmalı

Çünkü onlar kalbinizde yaşayanları canlı gömdüler

 

 

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 22:00

On entend de plus en plus employer le mot « guerre »… Chaque jour… Au lever et au coucher…  A tel point qu’on a peur d’écouter  les nouvelles !

« Menace de guerre…

...risque de guerre…

...cause possible de la  troisième guerre mondiale … »

J’en ai la migraine.

J’ai des amis partout, de nombreux pays, races et religions, des chrétiens, des juifs, des musulmans…

Par mes racines, je suis le résultat d’un brassage de peuples.

La famille que j’ai  fondée est multiculturelle.

Alors, je ne souhaite qu’une chose : rayer le mot « guerre » du dictionnaire.

Si  j’en crois les théories mystiques disant qu’on peut faire exister les choses par la parole, ça suffirait peut-être, non ?

Plus de mot, plus de guerre ! ?

Non, mais quand est-ce que vous allez cesser de parler de guerre, les gars de la planète ?

Quand est-ce que vous allez sortir de l'âge des cavernes ?

Vous aimez ça, la guerre ?

Alors moi, je m’insurge !

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Merci à Jean René, de Strasbourg, que je ne connais pas mais j’ai tellement aimé ce dessin sur son site que je n’ai pu résister au désir de le copier. Cette belle  image parle à ma place… http://jean-rene.pagesperso-orange.fr/index.html

 

Il faut rayer le mot « guerre » du dictionnaire !

Vous avez oublié que nous sommes tous frères ?

Avec le « g » on formera  de la « gaieté » pour les malheureux

Avec le « u »  des « utopies » pour les amoureux

Le premier  « e »  ouvrira l’« entente » et prendra un accent pour sceller « l’amitié » 

Le « r » soutiendra la fraternité,

Quant au second,  il rimera avec « respect »

Avec le « e » final, on écrira enfin dans le dictionnaire :

« extinction » du mot « guerre »…

 

 

  

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles, Essais, Commémorations
15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 22:00

 

Article paru dans le journal de La Passerelle franco-turque n. 59, avril 2011.

 

Je n’oublierai jamais ma stupeur, lorsque, un jour de 1983, la première année de mon installation à Istanbul, sortant du Lycée Saint-Michel où je travaillais alors, j’assiste à un spectacle qui attire mon attention  : une femme d’une quarantaine d’années se jette sur un grand gaillard de quinze ans, le serre passionnément contre son cœur, l’embrasse sur les deux joues avec fougue, lui arrange amoureusement sa cravate et finit par s’en aller avec lui bras dessus bras dessous.

Etais-je en train d’assister au tournage d’une scène pathétique  caractéristique des films turcs de cette époque ? Que nenni ! Je venais juste de voir une mère turque retrouvant son fils à la sortie de l’école !

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Caricature d’une mère turque réalisée par Erdil Yaşaroğlu sur le site kamikaze.net. Le pingouin dit à son ami : « C’est mère qui m’a  fait mettre ce pull de peur que je ne prenne froid » Et l’autre répond : «  Ah ! Ces mères ! »

 

Car en ce qui concerne le syndrome de la mère, la mère turque n’a rien à envier aux mères juives ni à celles d’Afrique du Nord…

 

Mère de garçon :

 

- Au supermarché, il se roule par terre car elle n’a pas voulu lui acheter une babiole ; elle lui dit : « Allez, calme-toi, je te l’achèterai demain », puis, croisant par hasard votre regard de désapprobation, elle se dépêche de vous expliquer la situation : «  Il a mal dormi cette nuit, c’est pour cela qu’il est si énervé ! »

 

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-Elle lui répète chaque jour qu’il est beau.

- Quand il entre à l’école primaire, elle abandonne son travail pour pouvoir « s’occuper de lui. »

- Elle s’assoit avec lui tous les soirs pour lui faire faire ses devoirs et réciter ses leçons. Avec le temps, c’est elle qui fait tous les devoirs. Et qui prépare le cartable pour le lendemain.

- Elle lui a fait passer des tests de QI quand il était petit, on a établi qu’il était surdoué, c’est pour cela que ça se passe si mal à l’école,  ses professeurs ne le comprennent pas…

- Elle dépense des fortunes pour lui faire donner des cours particuliers dans toutes les matières où il n’a pas la moyenne.

-Quand il part à l’école le matin, elle lui fait « coucou » de la fenêtre.

 

-Elle ramasse tous les vêtements qu’il a laissés traîner par terre en se déshabillant, lui fait son lit, passe des heures à lui préparer les plats qu’il aime, range sa chambre, trie ses affaires…

-Elle lui téléphone toutes les demi-heures en dehors des horaires de classe pour savoir où il est.

- Quand il a l’âge de sortir le soir, elle lui installe à manger sur la table de la cuisine, pour le cas où il aurait faim en rentrant. Puis, elle attend son retour et ne dort pas jusqu’à ce qu’elle entende le bruit de la clé dans la porte d’entrée.

-Elle trouve toutes ses petites copines malpolies, idiotes ou complexées.

 

 

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Encore une caricature de Erdil Yaşaroğlu pour Kamikaze.com.

Le poussin demande à la poule : Maman, qu’est-ce que tu fais ? J’ai quel âge, enfin ! » Et elle répond : « Tais-toi, pour moi, tu resteras toujours un œuf ! »

 Il a l’air de s’y connaître, cet Erdil, en fait de mère…

 

Mère de fille :

 

- Elle ne lui achète que des objets et habits roses ou blancs.

 

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-Elle lui fait donner des cours de danse. « Ça le rendra si gracieuse ! » Si elle n’en a pas les moyens, elle rêve de lui en faire donner.

-Lors de la première année de maternelle, elle fête ses quatre ans en invitant toutes les copines de toutes les classes et fait confectionner un immense gâteau en forme de poupée Barbie ou de sirène. Les dix ans, ce sera au restaurant, les quinze ans, dans le salon de réception d’un grand hôtel et en robe du soir.

 

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 Célèbre gâteau en forme de Barbie proposé par plusieurs pâtisseries turques dans des versions différentes, photographie Internet.

 

- Elle dépense plus pour la garde-robe de la fillette que pour la sienne.

- Elle l’emmène chez le coiffeur à dix ans et la fait épiler à douze.

-Elle rêve que sa fille devienne chanteuse ou actrice.

-Elle souhaite que sa fille étudie en faculté de médecine ou d’ingénierie. Pour devenir docteur ou ingénieur ? Non, pour dénicher un mari médecin ou ingénieur.

-Elle la laisse sortir le soir librement. Puis, quand elle apprend que sa fille fréquente depuis plus de trois mois le même garçon, elle lui interdit soudain les promenades nocturnes : « On ne peut quand même pas te laisser sortir la nuit sans savoir avec qui, il n’a qu’à venir te chercher à la maison. »

-Elle exige pour accepter le mariage que le fiancé prépare un logement et le meuble de fond en comble.

-Elle préfère que ce logement soit placé dans la même rue que la sienne, au plus loin dans la rue parallèle.

-Elle ne peut pas imaginer un dimanche sans voir sa fille.

 

J’arrête là cette liste mais vous savez comme moi qu’elle pourrait s’allonger et s’allonger encore…

 

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Caricature d’une mère turque sur le site Kahkaha.com. L’oiselle demande à l’oisillon : «  Ça te plaît ? C’est moi qui l’ai confectionné. »  

 

Le pire, dans toute cette histoire, c’est que le syndrome est contagieux.

Car, à vrai dire, cela fait tant d’années que j’habite à Istanbul que… (déjà que je venais d’une famille franco-italienne très méditerranéenne, descendant de Tendasques, Piémontais et Génois, ce qui implique une forte hérédité en ce qui concerne le rôle de la « Mama » ! ) … je…je… me suis reconnue dans certaines (certaines, seulement  !)  de  mes vilaines petites caricatures !

 

 

Enfin, avis à la jeunesse !

Ce sont ces trop aimantes mères-là qui deviendront vos belles-mères !

Alors, même si vous êtes sorti(e) major de Polytechnique ou de l’Université du Bosphore, vous avez intérêt à apprendre dare-dare, en fonction de votre sexe, soit à confectionner des farcis soit à choisir le cadeau idoine pour belle-maman!

 

Carte mere

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  • : Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
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  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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