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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:44

Republication de quelques anciens articles disparus depuis la nouvelle version d'overblog...

L’art du cuivre en Turquie remonte à la nuit des temps.

 

Des outils de cuivre comme des aiguilles ou des crochets datant de -7000 Av. J-C ont été retrouvés dans la ville de Çatalhöyuk.

 

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Une aiguille en cuivre, photo du Musée des Civilisations anatoliennes  Ankara

 

Plus tard, les Romains et les Byzantins développèrent de nombreuses techniques pour modeler le cuivre. Au Moyen-âge, sous les sultans seldjoukides, le travail du cuivre, grâce à la gravure, le martelage, la filigrane, devint si raffiné que les objets de cuivre se changèrent en œuvres d’art.

 

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Une hampe fabriquée à Mudurnu et destinée à orner le faîte du toit d’une mosquée, une petite casserole pour confectionner le café turc et une théière miniature.

 

Que ce soit dans les palais ou les campagnes, les ustensiles, objets et vaisselles de cuivre après étamage, devinrent un élément incontournable de la vie quotidienne turque.

 

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Un plat venu de Mudurnu pour servir le riz pilaf

 

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Un autre plat venu de l'Est

La Turquie comportait autrefois de nombreuses mines de cuivre mais actuellement, les gisements locaux ne couvrent plus que 20% de la production.

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Deux drageoirs en forme d’œuf

Cependant, le travail du cuivre continue d’être un des points forts de l’artisanat turc et de nombreuses villes comportent encore des quartiers de dinandiers.

 

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Une aiguière ornée d’oiseaux en provenance d’Urfa

Si le travail du cuivre fut depuis toujours l’apanage des hommes, actuellement, à Mardin par exemple, des femmes des villages apprennent le métier pour subvenir à leurs besoins.

 

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Le braséro qui, autrefois, était utilisé dans les maisons pour se chauffer

Certes, aujourd’hui, les objets de cuivre sont de moins en moins utilisés, si ce n’est dans les campagnes mais ils sont toujours fabriqués dans un but décoratif et viennent orner les appartements des citadins en quête d’authenticité.

 

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Une gourde fabriquée à Gaziantep

 

Ils sont d’ailleurs si attirants qu’il vous sera difficile de résister si vous vous promenez dans une « rue des cuivres »…

 

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Trois poires à poudre noire

 

Malheureusement, à Istanbul, les célèbres échoppes de dinandiers situées jadis non loin du Grand Bazar et qui faisaient mes délices lors de mon installation en Turquie, ont disparu, supplantées par des boutiques de jeans et de vêtements bon marché.

 

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Un samovar pour préparer le thé

 

Espérons que dans les villes de province, cet artisanat millénaire saura résister au vertige de la modernisation et du profit…

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Un heurtoir de porte venu de Denizli et une coupe de Gaziantep ornée d’écritures islamiques

 

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Un « gülepdan » ou flacon pour parfumer les mains des invités à l’eau de rose

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Artisanat turc Articles, Essais, Commémorations
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:36

Republication d'anciens articles que la nouvelles version d'overblog a jetés aux oubliettes....

Je dédie cet article à Nina d’Istanbul, dont je partage l’amour pour les arts traditionnels….

 

Ce sont des créations de femmes, un art du quotidien, perpétué depuis des siècles. Un art populaire souvent jugé comme mineur, déconsidéré, parfois. Pourtant, ce sont tout simplement des œuvres d’art. Ils se nomment en turc “Yemeni” ou “Yazma”.

 

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Certains semblent dessiner les pétales de la passion

 

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             Combien d’heures de travail pour inclure ces perles, boutons et coquillages ?

 

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Certains s’ornent de perles

   

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D’autres de paillettes

 

 

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Un coffre venu de Maras qui, grâce à ses parois vitrées, laisse admirer les dentelles

 

 

A SUİVRE...

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Artisanat turc
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:32

Republication d'anciens articles que la nouvelle version d'overblog a jetés aux oubliettes...

  J’admire particulièrement les femmes d’Anatolie car elles sont capables de soulever des montagnes. Au village, elles prennent en charge la plupart des travaux, la maison, les enfants, les champs, les animaux ; elles cousent, brodent, tricotent, portent leur un univers à bout de bras ; elles savent tout faire. Tout en parlant, sans même regarder leur ouvrage, elles font naître sous leurs doigts des rivières de fleurs, de fruits ou de motifs géométriques.

 

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      Quand elles s’installent à Istanbul, elles travaillent encore, se battent comme de petites guerrières pour faire étudier leurs filles et souvent, elles y arrivent. Elles ont compris une chose, c’est que la liberté des femmes passe par l’école puis par l’indépendance économique. Ces femmes-là, rien ni personne ne pourra les faire retourner en arrière ni les replonger dans un quelconque asservissement.

 

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Mais dès que la vie citadine leur offre un instant de répit, leurs doigts de fées se remettent à faire danser le crochet avec le fil.

 

Brodeuses de foulard, j’aime les fleurs nées de vos rêves…

 

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 Ceux-la ont presque quatre-vingt-dix ans, ils ont été témoins de la naissance de la république turque

  

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Ceux-la datent de l’époque ottomane, leur soie est si fragile qu’on craint de les manipuler.

 

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Au sujet des foulards, le début de la nouvelle "Jülide", dans Mes Istamboulines (2010, Editions GiTa, en vente en France sur Amazon.fr et Ataturquie.fr) link

 

 

Cela faisait vingt-trois ans qu’elle préparait le trousseau de sa fille Jülide. Plus exactement, depuis le jour où cette seconde Jülide avait vu le jour, un an  après que la première, une petite  magnifique, n’eut été emportée par une maladie mystérieuse que l’on avait attribuée au mauvais œil.

Le trousseau contenait tout ce qu’une Anatolienne peut s’enorgueillir de confectionner pendant deux décennies, dessus de lit, draps brodés, serviettes de toilette gansées de dentelle, rideaux de cuisine, housses ouvragées pour les machines, napperons, plus une batterie de cuisine complète et un service en porcelaine. Au fil des ans, la collection s’était accrue de tous les cadeaux qu’elle avait pu recevoir. Chaque fois qu’on lui offrait un objet qu’elle trouvait joli, elle disait avec fierté : « Je le garde pour le trousseau de Jülide.» Son appartement d’Istanbul étant trop exigu, elle s’empressait chaque été de transporter au village, où elle partait en vacances, toute nouvelle pièce ajoutée au trésor. Il dormait dans des coffres de bois fermés à clé, si nombreux qu’on avait dû leur consacrer une chambre complète, elle-même soigneusement verrouillée.

Conserver, préserver, telle était sa devise. Il y avait aussi les cent vingt foulards de tête en étamine bordée de dentelle à l’aiguille. Elle se disait parfois que Jülide, élevée à Istanbul et habituée à y vivre tête nue, n’en aurait pas l’usage mais c’était un détail superflu, l’important était qu’on puisse les exposer le jour venu, avec le reste du trousseau, dans la maison du village où on se rendrait pour les noces. Et les voisines défileraient pour contempler ces merveilles.

Et chacun commenterait : « Voilà un trousseau de princesse ! »

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Artisanat turc Foulard turc
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:29

La nouvelle version d'overblog ayant jeté aux oubliettes certains anciens articles, je republie mes préférés...

C’était il y a presque trois décennies, lors de mon premier voyage en Cappadoce.

Des fillettes avaient soudain fait cercle autour de moi, aux cris de:

“ Ma sœur, ma sœur, achète ma poupée ! ”

Ce fut ainsi que je découvris les poupées artisanales d’Anatolie.

 

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C’étaient de simples poupées de chiffon, dont le corps était confectionné avec une armature en bois recouverte de tissu rembourré de coton et aux traits du visage desssinés au stylo à bille. Elles comportaient toutes la particularité de tenir dans leurs bras un ou deux bébés ; certaines représentaient une mariée aux seins rebrodés de rouge en signe de fertilité.

Elles incarnaient pour moi de petits chefs-d’œuvre d’art naïf, réalisés sans autre moyen que l’ingéniosité et la créativité des femmes des villages.

 

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Ma plus ancienne, une mariée de 1983. Qu’est-ce qui se cache sous les rosaces blanches ? Ses futurs bébés.  A l’époque, l’usage des noces villageoises exigeait que la mariée touche un bébé comme porte-bonheur, pour devenir rapidement mère…

   Elles étaient si originales que je ne savais laquelle choisir. Et comme, de plus, j’avais scrupule à désappointer mes petites marchandes en achetant à l’une plutôt qu’à l’autre (précisons qu’à cette époque, ces petites filles n’avaient aux pieds, en guise de chaussures, que des socques de plastique ou des souliers beaucoup trop grands pour elle...), j’en avais ramené ce jour-là une jolie collection.

 

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L’origine de ces poupées traditionnelles se trouve dans la religion chamaniste. En effet, avant d’adopter l’Islam, les anciens Turcs fabriquaient des fétiches à figure humaine comme talismans pour protéger leurs plantations ou porter chance à la yourte de la mariée. En période de sécheresse, ces poupées étaient également utilisées dans les cérémonies de prières destinées à faire tomber la pluie. Au fil des siècles, si la signification rituelle des poupées a complètement été oubliée,  la tradition ne s’en est pas moins perpétuée et elles ont pris place parmi tous les jouets artisanaux fabriqués par les villageoises pour leurs enfants.

 

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Que d’heures passées le soir, auprés du poêle, pour réaliser avec les moyens du bord, chutes de tissu, restes de pelotes de laines, paillettes et rubans de récupération, ces petites femmes de tissu si touchantes et si poétiques !

Aujourd’hui, ces poupées ont conquis leurs lettres de noblesse, elles ont désormais leur appellation : “ Poupées de chiffon de Soganlı” et sont reconnues comme faisant partie intégrante de l’artisanat turc. Les nostalgiques pourront regretter que leur fabrication ait un peu perdu de sa spontanéité pour se changer en commerce, mais il ne faut pas oublier que les travaux manuels constituent encore pour les femmes et les enfants des villages, le seul moyen de gagner quelques sous…

 

 

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Une mariée récente.

Signe de l’évolution des mœurs, les bébés dans les bras ont disparu !

 

 

 

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  • : Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • : Bienvenue sur le blog de Gisèle, écrivaine vivant à Istanbul. Complément du site www.giseleistanbul.com, ce blog est destiné à faire partager, par des articles, reportages, extraits de romans ou autres types de textes, mon amour de la ville d’Istanbul, de la Turquie ou d'ailleurs...
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  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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