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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 14:24

Comme tout le monde le sait, chaque semaine voit son lot de réfugiés noyés : la journée du 5 janvier fut un jour funeste : les corps sans vie de 31 migrants, pour la plupart des femmes et des enfants, sont venus s’échouer sur les plages d’Ayvalik, près d’Izmir, leur embarcation ayant coulé dans la tempête. Signalons que les gilets de sauvetage de ces pauvres victimes n’en étaient pas, des aigrefins privés de toute conscience morale (dont certains ont été arrêtés par la police) leur avaient vendu de soi-disant gilets mais… bourrés de coton !

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Le jour de ce drame atroce, parmi les corps sans vie des migrants, les vagues ont apporté le journal intime d’une jeune fille, écrit en arabe. La traduction en turc des pages trempées d’eau de mer,  qui a été publiée hier dans la presse turque, a fait couler des larmes aux lecteurs. Car la jeune fille (dont on ne sait si elle fait partie des victimes ou si elle est encore en vie) y confie son espoir fou de parvenir à fuir la guerre avec son amoureux puis raconte ensuite comment il a réussi à s’échapper en Allemagne mais sans elle, en l’abandonnant !

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Le journal, commencé en 2013, est le témoin de son grand amour pour celui qu’elle nomme « Besil », qui commence pendant la guerre civile de Syrie. La jeune fille parvient à le rejoindre à Damas et finalement, ils fuient tous les deux vers la Turquie. Mais là, son amoureux l’abandonne pour passer en Allemagne et c’est par les réseaux sociaux qu’elle apprend qu’il est arrivé à bon port :

La Méditerranée-tombeau 3 : Une larme de plus pour le journal du désespoir !

Je regarde ton Facebook. En constatant qu’il est actif, il me semble que je retourne à la vie, je deviens heureuse. Les jours où je suis loin de toi, je meurs mille fois.  Quand je suis loin de toi, je ne peux plus vivre comme un être normal, je suis comme morte… Tu m’as laissée pour partir en Allemagne.  Comme tu es cruel ! Est-ce que tu imagines combien j’ai souffert, quel a été mon chagrin ? Est-ce que tu t’es libéré de moi en partant ?  Tu vis dans mon cœur et dans ma vie. Je voudrais être près de toi à chaque minute. Je vis en pensée avec toi.  

Elle finit en espérant qu’il lise un jour son cahier : 

Un jour, en lisant ce journal, tu comprendras ce que j’ai vécu. Car viendra forcément le jour où tu le liras. Cet amour ne t’a pas fait autant souffrir que moi. Je sais que j’aurais dû essayer de t’oublier mais je ne t’oublie pas. Tu me manques, mon cœur veut te voir. Je voudrais entendre ta voix. Maintenant, tu es très loin de moi. Là où tu es, tu commences une nouvelle vie. Quant à moi, je ne t’ai pas oublié, un vide habite mon cœur, je ne veux personne d’autre que toi, je n’ai aimé personne d’autre que toi. 

Pauvre couple d’amoureux !

J’imagine le dilemme du jeune homme, qui a peut-être été confronté au choix le plus déchirant de sa vie, parvenir à s’échapper, mais seul, car les passeurs rechignent à embarquer des femmes ( la plupart des noyés sont des femmes et des enfants qui n’ont pas la force de nager dans les vagues en cas de naufrage…) !   

J’imagine le désespoir de la jeune fille, abandonnée sur une terre étrangère par celui avec lequel elle était parvenue à fuir l’horreur !

Pauvre couple d’amoureux, victimes de la barbarie des hommes qui ont érigé la guerre en banale habitude !

Il n’y a rien à ajouter, seulement une larme !

La Méditerranée-tombeau 3 : Une larme de plus pour le journal du désespoir !

Cet article a été écrit à partir des informations données par la presse turque, en particulier l’article de Taylan Yildirim dans le journal Hurriyet du 19 janvier 2016 et dont j’ai traduit les citations du cahier en français.

Mes autres articles sur le drame des réfugiés en Egée et en Méditerranée :

« Necromare », la Méditerranée-tombeau, notre honte à tous ! 3.09.2015 http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/2015/09/necromare-la-mediterranee-tombeau-notre-honte-a-tous.html

La Méditerranée-tombeau 2 : Et pourtant, ne le savait-on pas déjà ? 4.09.2015

http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/2015/09/la-mediterranee-tombeau-2-et-pourtant-ne-le-savait-on-pas-deja.html

 

 

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 18:13

 

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Atatürk sortant de l'Assemblée nationale turque

 

 

        Il a proclamé l’égalité entre les hommes et les femmes.

 

             “Si elles montrent leurs visages à la patrie et que leurs yeux puissent regarder la patrie avec attention, il n’y a plus rien à craindre.”(1935)

 

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        Il a enlevé aux femmes turques le voile symbolisant leur oppression.

 

            “Je vois parfois des femmes, un foulard sur la tête, qui se cachent la face avec une écharpe ou une pièce de tissu ressemblante... Que signifie ce bizarre accoutrement, cette sauvage tenue  pour une mère civilisée, une fille de notre patrie ? Il ne fait que rendre comique notre nation et doit être changé sur-le-champ.” (1925)

 

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        Il leur a permis d’étudier, de posséder un métier, d’être l’unique épouse de leur conjoint, d’hériter, de voter.

 

           “La cause de l’échec de notre société  vient du manque d’intérêt que nous avons manifesté aux femmes et de la place subalterne à laquelle nous les avons reléguées. Vivre signifie être en activité. Ce qui veut dire que si une partie de la société est en activité pendant que l’autre ne peut pas travailler, cette société est paralysée.”(1925)

 

Fotoğraf T.C Başbakanlık Basın yayın ve Enformasyon G.

Atatürk et sa fille adoptive Sabiha Gökçen, première femme pilote de Turquie

Fotoğraf T.C Başbakanlık Basın yayın ve Enformasyon G.M

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Atatürk Histoire de la Turquie
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 08:54
La Méditerranée-tombeau (2) : Et pourtant, ne le savait-on pas déjà ?

(Finalement, on peut se poser une question : cela fait des mois, voire des années, qu’on nous montre dans la presse et les réseaux sociaux des photos de migrants noyés en Méditerranée, bien souvent des enfants. Ces naufrages se sont multipliés, en particulier depuis avril, l’arrivée de la belle saison encourageant ces pauvres gens à tenter leur chance sur les flots. On ne parvient plus à compter les victimes, dont le chiffre s’est parfois élevé jusqu’à 400 personnes d’un coup.

(La terrible photo de cette réfugiée luttant contre la noyade, à bout de forces, a été publiée la semaine dernière, je l'ai copiée sur des journaux turcs, j'en ignore l'auteur...)

Et jusque là, rien n’a changé. L’horreur s’est banalisée à tel point qu’on tourne vite la page et on vaque à ses occupations.

Jusque là ? Jusqu’à ce que le cadavre d’Aylan, immortalisé par la photographe turque Nilufer Demir, ne fasse le tour du monde et ne suscite enfin un sentiment oublié :

la compassion !

la Une du Times

la Une du Times

La Une du journal Hurriyet

La Une du journal Hurriyet

Aussitôt, partout, des artistes ont réinterprété la photo, dont voici deux exemples réalisés en Turquie :

Dessin de Murat Sayin, 3 septembre 2015

Dessin de Murat Sayin, 3 septembre 2015

Dessin d'Omer Tosun, 3 septembre 2015

Dessin d'Omer Tosun, 3 septembre 2015

La Méditerranée-tombeau (2) : Et pourtant, ne le savait-on pas déjà ?

Pourquoi ce cliché plutôt qu’un autre ? La semaine dernière, n’avait-on pas déjà pu voir des dizaines de clichés de petits noyés ?

Peut-être parce que la vague avait placé ce petit bonhomme dans la position du sommeil, que l’on connaît bien chez les bambins, sur le ventre, le postérieur relevé ?

Ou qu’il paraissait si fragile qu’on s’imaginait en train de le prendre dans les bras ?

Ou parce sa petite tête ronde semblait appeler une main pour la caresser ?

Ou plus prosaïquement, parce que ses habits bien propres, et ses baskets à la mode l’assimilaient à un enfant « de chez nous » et que soudain, le monde occidental a pu se dire, « Ce pourrait être mon enfant » ?

Ou parce que l’agence de presse à laquelle appartient la photographe est assez puissante pour avoir pu diffuser la photo internationalement ?

La Méditerranée-tombeau (2) : Et pourtant, ne le savait-on pas déjà ?

Quoi qu’il en soit, on ne peut que remercier la photographe turque Nilufer Demir d’avoir réalisé ces clichés. Tout le monde sait qu’en 1972, la photo de Nick Hut montrant des enfants brûlés au napalm, dont une petite fille horrifiée, courant nue sur la route, avait contribué à faire changer l’opinion des Américains sur la Guerre du Vietnam.

Espérons que la photo de Taylan Kurdi, adorable bambin de trois ans mort à cause de la folie des hommes, inscrive une nouvelle date dans l’Histoire. On n’a pas beaucoup d’espoir… On sait bien qu’à partir du moment où les pays dits développés fabriquent des armes, il leur faut des champs de bataille pour les écouler ! On veut espérer quand même…

Sinon, nos descendants diront de nous : « A cette époque, des milliers de touristes se baignaient en Méditerranée et à quelques mètres d’eux, il y avait des enfants fuyant la guerre qui se noyaient mais ça n’émouvait personne ! »

Et ils nous citeront en exemple de la barbarie !

Magnifique dessin montrant les animaux marins versant des larmes, j'ignore le nom de l'auteur mais je l'ajouterai dès que je l'aurai trouvé....

Magnifique dessin montrant les animaux marins versant des larmes, j'ignore le nom de l'auteur mais je l'ajouterai dès que je l'aurai trouvé....

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 14:55
« Necromare », la Méditerranée-tombeau, notre honte à tous !

Le monde entier a pu voir sur les réseaux sociaux la photo d’Aylan, petit réfugié syrien de trois ans échoué comme un poisson mort sur une plage de Bodrum.

Nous en avons tous été bouleversés. Ce joli petit bonhomme, avec ses jolies petites chaussures, apporté par la vague dans la position d’un bébé qui dort ! Innocent !

Un petit ange noyé suite au naufrage du bateau gonflable qui devait conduire en Grèce un groupe de douze réfugiés syriens, dont huit enfants, sur une embarcation défectueuse, sans doute vendue à prix d’or par des trafiquants infâmes.

Dessin de l'égyptien Islam Gawish, publié sur les réseaux sociaux...

Dessin de l'égyptien Islam Gawish, publié sur les réseaux sociaux...

Certains se sont insurgés, au nom de leur âme sensible, contre le caractère atroce des photos. « Non, ne nous les montrez pas, nous ne voulons pas les voir ! »  D’autres les ont « signalées »  sur Facebook pour les faire effacer. D’autres les ont floutées !

Pourtant, ce ne sont pas les photos qui sont atroces, c’est la réalité !

La journaliste de groupe de presse turc Dogan (DHA), Nilufer Demir, a expliqué pourquoi, passé le choc émotionnel, elle avait décidé de photographier le cadavre d’Aylan : pour alerter le monde entier ! Et elle a eu raison, à mon avis. Plus personne ne peut dire : « Je ne savais pas » !

« Necromare », la Méditerranée-tombeau, notre honte à tous !

Ces clichés se multiplient depuis des mois : pour ne citer qu’un exemple, le 30 août, nous avions déjà eu le cœur broyé par des images semblables d’enfants jetés comme du bois flotté sur le sable du rivage.

Désolée de publier ces photos horribles mais il me semble que notre devoir est de ne pas nous taire, de parler, de hurler et surtout, de ne pas jouer à l’autruche. Car des Aylan, il y en a eu des dizaines, il y en a chaque jour !

23700 migrants se sont noyés en Méditerranée ces dernières années selon les chiffres de l’Onu.

« Nous ne sommes pas responsables » disent certains, disons-nous.

Certes, nous ne le sommes pas au niveau individuel, nous « ne pouvons rien faire », mais nous le sommes au niveau des états qui nous représentent !

Combien de temps encore la communauté internationale va-t-elle se « laver les mains » de ces drames ?

Les états, si vigilants quand leurs intérêts sont menacés, semblent s’accommoder de ces tragédies. L'horreur se banalise !

« Necromare », la Méditerranée-tombeau, notre honte à tous !

Ce jeune homme ne fait pas de tourisme ; sur une chambre à air, avec une paire de tongs comme rames, il tente de gagner l’île de Kos ; il a eu la chance d’être remorqué par un voilier de touristes ; mais d’autres n’auront pas cette opportunité…

Les pays limitrophes de la Syrie ont accueilli quatre millions de réfugiés : deux millions en Turquie, un million cent mille au Liban, sept cent mille en Jordanie (chiffres ONU août 2015). La Grèce a fait rentrer cette semaine à Athènes, venant de l’île de Midilli,  4200 personnes.

La minuscule île grecque de Kos, débordée par 6000 migrants,  s’est vue l’objet non pas de la compassion mais de la réprobation des touristes, qui disent que c’est « le bazar » et que c’est gênant, tous ces miséreux qui vous regardent quand vous mangez un bon repas au restaurant !

Quand les pays riches et dits « développés », si prompts à donner des leçons de droits de l’homme à leurs voisins, vont-ils entamer une action commune pour faire cesser cette ignominie et porter secours à ces malheureux avant que la mer ne les engloutisse encore  ? 

Notre belle Méditerranée, berceau de tant de civilisations, devra-t-elle désormais s’appeler « Necromare » ?

Ce n’est pas seulement le petit corps de Taylan qui s’est échoué sur la plage, c’est l’humanisme !

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 21:47
Turquie : et si on protégeait les arbres ?

Lors de la première semaine de novembre, une nouvelle a fait la une des journaux turcs : l’arrachage de 6000 oliviers à Yirca, près de Manisa, en vue de la construction d’une centrale thermique. Toutes les télés ont montré le film du maire du village et des paysannes en train de pleurer. Finalement, le Conseil d’Etat a décidé d’interrompre les travaux, mais les oliviers avaient été déracinés…

La Turquie fait partie des cinq premiers producteurs mondiaux d’huile d’olive. Ce dramatique épisode de l’arrachage des oliviers de Yirca, qui a bouleversé le pays tout entier, tant la détresse des paysannes et du maire était touchante, est emblématique : il est urgent de protéger les arbres en Turquie !

Turquie : et si on protégeait les arbres ?
Turquie : et si on protégeait les arbres ?

A Istanbul, on a tellement déboisé le bout du Bosphore que la semaine dernière, un sanglier est venu se perdre dans le village de Bebek… Faute de trouver des glands, les sangliers se convertissent en citadins pour fouiller les poubelles…

Aujourd’hui encore, les mauvaises nouvelles concernant les arbres affluent : à Yalova, un projet de route nécessitant la coupe de deux cents arbres a provoqué la colère des habitants ; hier, les journaux révélaient qu’un million et demi de mètres carrés de la forêt de Fatih allaient peut-être faire l’objet d’un projet immobilier ; que la presqu’île de Datça, une merveille de la nature sauvage, allait être ouverte à la construction ; qu’à Marmaris, on envisagerait de vendre l’île de Karaca…

La beauté inégalée de Datça, photo Internet, merci aux auteurs...

La beauté inégalée de Datça, photo Internet, merci aux auteurs...

Pourtant, la Turquie possède une flore exceptionnelle, avec une multitude d’espèces d’arbres, différentes en fonction des régions.

Un platane "orientalis" colossal, en Thrace...

Un platane "orientalis" colossal, en Thrace...

Les arbres majestueux du parc de Tarabya, à Istanbul

Les arbres majestueux du parc de Tarabya, à Istanbul

Les épicéas des montagnes de  la Mer Noire

Les épicéas des montagnes de la Mer Noire

Les envoûtantes frondaisons des monts de la Mer Noire, vers Camlihemsin…

Les envoûtantes frondaisons des monts de la Mer Noire, vers Camlihemsin…

Certains arbres sont si anciens et gigantesques qu’on les a nommés « arbres commémoratifs »…

Les arbres séculaires du palais de Topkapi...

Les arbres séculaires du palais de Topkapi...

Jardins de Topkapi...

Jardins de Topkapi...

Turquie : et si on protégeait les arbres ?

Souhaitons que la protection et la sauvegarde du patrimoine naturel devienne une priorité en Turquie…

Turquie : et si on protégeait les arbres ?

Et pour finir, ces quelques vers d’Hugo dédiés aux arbres :

Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,

Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,

Dans votre solitude où je rentre en moi-même,

Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!

L'arbre de vie, un des motifs traditionnels de l'art turc

L'arbre de vie, un des motifs traditionnels de l'art turc

Dryade, sur le site mythobyfleur

Dryade, sur le site mythobyfleur

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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans Arbres d'Istanbul arbres de Turquie Articles Essais Commémorations
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 11:00

La colline de la sultane Adilé, appelée aussi "Validebag" est le second espace vert de la rive asiatique d’Istanbul, classé comme site naturel depuis 1999, avec ses dix hectares plantés d’arbres séculaires.

Photo du site Agaclar.net, merci aux auteurs

Photo du site Agaclar.net, merci aux auteurs

Il y a deux cents ans, le sultan Selim III (1798-1807) y fit édifier pour sa mère, la sultane Mihrichah, un kiosque de campagne, qui fut plus tard offert par Abdulmecit à sa propre mère, Bezmialem. Cette dernière, important des milliers d'espèces venues de tout le pays et de l’étranger, convertit le parc en jardin botanique. Il échut ensuite en héritage à la famille Altunizade, qui y édifia le kiosque d’Ismail Zuhtu Pacha, qui l’offrit au sultan Abdulaziz. Enfin, ce dernier en fit cadeau à sa fille Adilé, pour laquelle l’architecte Nigogos Balyan construisit un merveilleux petit palais, aujourd’hui employé comme « maison des professeurs » (en Turquie, les professeurs ont des « maisons » dans lesquelles ils peuvent, à prix modestes, aller se restaurer ou demeurer quelques jours comme dans un hôtel ; certaines d’entre elles sont situées dans des édifices historiques).

Photo de Remzi Aydin sur le site Panoramio

Photo de Remzi Aydin sur le site Panoramio

Quelles sont donc les richesses de la colline de la sultane Adilé, un des poumons verts d’Istanbul ?

Environ sept mille arbres, dont des cèdres de l’Atlas et de l’Himalaya, toutes sortes de pins, des paulownias, des hêtres, des arbres fruitiers ; 117 espèces d’oiseaux venant y nicher, dont des rossignols ; des milliers de plantes et d’insectes.

Quel est le sujet de la colère des amoureux des arbres ?

Dryade, madame Thenadier, Deviant Art
Dryade, madame Thenadier, Deviant Art

La construction d’une mosquée et de parcs à voitures. La colline avait déjà fait en 2006, l’objet d’un projet d’aménagement qui, suscitant la colère des riverains, avait été abandonné. Puis, en, 2009, un parcours de course y a été aménagé, c’est là qu’a eu lieu le championnat de cross européen. Finalement a été crée la « Fondation des Volontaires de Validebag » pour protéger le site.

Photo du site Panoramio

Photo du site Panoramio

Depuis une semaine, suite à un début d’arrachage des arbres, les volontaires (accusés par leurs adversaires de s’opposer à la construction d’une mosquée mais affirmant qu’ils ne font que défendre la nature et les arbres) se mobilisent jour et nuit, dans le froid et la pluie, pour s’opposer aux bulldozers et occupent le site. De nombreux affrontements ont déjà eu lieu avec les forces de l’ordre. Les voitures placées en barrière pour empêcher le passage des bulldozers ont été enlevées par la fourrière.

Photo du journal Vatan du mardi 28 octobre

Photo du journal Vatan du mardi 28 octobre

Istanbul : Mobilisation des amoureux des arbres

Comment cette histoire se terminera-t-elle ? On sait, depuis les événements du Parc Gezi en juin 2013, qu’à Istanbul, le sujet de la coupe des arbres est particulièrement sensible. On sait aussi que la ville d’Istanbul sera candidate, en 2017, au titre de « capitale européenne verte ».

Souhaitons que tout finisse dans la concorde et la survie des arbres…

Istanbul : Mobilisation des amoureux des arbres

Aux dernières nouvelles, mardi 28 à 15 heures, les manifestants ont été repoussés par des balles en plastique et les bulldozers sont entrés sur le site...

Arbre qui pleure,  document Internet

Arbre qui pleure, document Internet

Magic the Gathering: Dryad Arbor by Cryptcrawler, Deviant Art

Magic the Gathering: Dryad Arbor by Cryptcrawler, Deviant Art

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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Articles Essais Commémorations Arbres d'Istanbul Nouvelles de Turquie
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:36

Republication d'anciens articles que la nouvelles version d'overblog a jetés aux oubliettes....

Je dédie cet article à Nina d’Istanbul, dont je partage l’amour pour les arts traditionnels….

 

Ce sont des créations de femmes, un art du quotidien, perpétué depuis des siècles. Un art populaire souvent jugé comme mineur, déconsidéré, parfois. Pourtant, ce sont tout simplement des œuvres d’art. Ils se nomment en turc “Yemeni” ou “Yazma”.

 

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Certains semblent dessiner les pétales de la passion

 

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             Combien d’heures de travail pour inclure ces perles, boutons et coquillages ?

 

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Certains s’ornent de perles

   

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D’autres de paillettes

 

 

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Un coffre venu de Maras qui, grâce à ses parois vitrées, laisse admirer les dentelles

 

 

A SUİVRE...

 

 

Lien vers mes livres sur Amazon.fr link

Ataturquie.fr link

En Turquie, Editions GiTa  link

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Artisanat turc
2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 14:32

Republication d'anciens articles que la nouvelle version d'overblog a jetés aux oubliettes...

  J’admire particulièrement les femmes d’Anatolie car elles sont capables de soulever des montagnes. Au village, elles prennent en charge la plupart des travaux, la maison, les enfants, les champs, les animaux ; elles cousent, brodent, tricotent, portent leur un univers à bout de bras ; elles savent tout faire. Tout en parlant, sans même regarder leur ouvrage, elles font naître sous leurs doigts des rivières de fleurs, de fruits ou de motifs géométriques.

 

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      Quand elles s’installent à Istanbul, elles travaillent encore, se battent comme de petites guerrières pour faire étudier leurs filles et souvent, elles y arrivent. Elles ont compris une chose, c’est que la liberté des femmes passe par l’école puis par l’indépendance économique. Ces femmes-là, rien ni personne ne pourra les faire retourner en arrière ni les replonger dans un quelconque asservissement.

 

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Mais dès que la vie citadine leur offre un instant de répit, leurs doigts de fées se remettent à faire danser le crochet avec le fil.

 

Brodeuses de foulard, j’aime les fleurs nées de vos rêves…

 

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 Ceux-la ont presque quatre-vingt-dix ans, ils ont été témoins de la naissance de la république turque

  

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Ceux-la datent de l’époque ottomane, leur soie est si fragile qu’on craint de les manipuler.

 

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Au sujet des foulards, le début de la nouvelle "Jülide", dans Mes Istamboulines (2010, Editions GiTa, en vente en France sur Amazon.fr et Ataturquie.fr) link

 

 

Cela faisait vingt-trois ans qu’elle préparait le trousseau de sa fille Jülide. Plus exactement, depuis le jour où cette seconde Jülide avait vu le jour, un an  après que la première, une petite  magnifique, n’eut été emportée par une maladie mystérieuse que l’on avait attribuée au mauvais œil.

Le trousseau contenait tout ce qu’une Anatolienne peut s’enorgueillir de confectionner pendant deux décennies, dessus de lit, draps brodés, serviettes de toilette gansées de dentelle, rideaux de cuisine, housses ouvragées pour les machines, napperons, plus une batterie de cuisine complète et un service en porcelaine. Au fil des ans, la collection s’était accrue de tous les cadeaux qu’elle avait pu recevoir. Chaque fois qu’on lui offrait un objet qu’elle trouvait joli, elle disait avec fierté : « Je le garde pour le trousseau de Jülide.» Son appartement d’Istanbul étant trop exigu, elle s’empressait chaque été de transporter au village, où elle partait en vacances, toute nouvelle pièce ajoutée au trésor. Il dormait dans des coffres de bois fermés à clé, si nombreux qu’on avait dû leur consacrer une chambre complète, elle-même soigneusement verrouillée.

Conserver, préserver, telle était sa devise. Il y avait aussi les cent vingt foulards de tête en étamine bordée de dentelle à l’aiguille. Elle se disait parfois que Jülide, élevée à Istanbul et habituée à y vivre tête nue, n’en aurait pas l’usage mais c’était un détail superflu, l’important était qu’on puisse les exposer le jour venu, avec le reste du trousseau, dans la maison du village où on se rendrait pour les noces. Et les voisines défileraient pour contempler ces merveilles.

Et chacun commenterait : « Voilà un trousseau de princesse ! »

 

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En Turquie, Editions GiTa  link

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Artisanat turc Foulard turc
15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 08:37

La Turquie est en deuil après la terrible catastrophe minière de Soma, près de Manisa, qui a déjà coûté la vie à 282 personnes ; malheureusement, les sauveteurs sont pessimistes et redoutent que le bilan des victimes ne s’alourdisse encore car on estime que plus de cent mineurs sont encore coincés dans les galeries, certains à 2400 mètres sous terre.

Photo copiée sur Internet, merci aux auteurs...

Photo copiée sur Internet, merci aux auteurs...

C’est la plus tragique catastrophe minière qu’ait connu la Turquie jusqu’à ce jour. Et les cris de colère s’élèvent avec les cris de douleur. L'indignation gronde contre les discours officiels tentant de présenter cet accident comme faisant partie des "risques du métier". Des manifestations de protestation ont éclaté dans toutes les grandes villes. N'oublions pas que la Turquie occupe, hélas, le troisième rang, dans la liste noire du péril minier.

En effet, contrairement aux mines d’autres pays, la mine ne comportait pas de pièces étanches de survie ( permettant à quarante personnes de survivre trente jours), elle n’avait que des refuges précaires dans les galeries ;  les mineurs ne disposaient que d'un masque d’une autonomie de trente minutes. La plupart d’entre eux ont été asphyxiés par le monoxyde de carbone.

Vision tragique des 5000 mètres carrés de tombes creusées jusqu'à ce matin... Photo Internet

Vision tragique des 5000 mètres carrés de tombes creusées jusqu'à ce matin... Photo Internet

Quelles que soient leurs tendances politiques, les journaux révèlent les terribles conditions de travail des mineurs : 45 minutes de marche sous terre pour atteindre la galerie, 8 heures de travail quotidien 6 jours sur 7 pour un salaire moyen de 400 euros par mois. De nombreux politiques, journalistes, spécialistes, affirment que la gravité de l’accident est la conséquence de graves négligences dans la sécurité.  

Document copié sur Internet, merci aux auteurs...

Document copié sur Internet, merci aux auteurs...

Quoi qu’il en soit, nous sommes tous et toutes sous le choc devant tant de deuils et de souffrances. Comment ne pas penser à ces pauvres hommes, beaucoup de jeunes, lentement asphyxiés, à ces femmes qui ont perdu leur époux, leurs enfants, leurs pères, leurs frères ? Face à une telle tragédie, on se sent impuissant. Nos problèmes quotidiens nous semblent soudain ridicules face à la douleur des autres, à qui on ne peut rien  offrir de plus que nos condoléances et notre compassion .  

Quel est donc le prix de la vie d’un mineur ? On aurait espéré qu'en 2014, les descriptions de Germinal  ne soient qu’un mauvais souvenir…

Photo copiée sur Internet

Photo copiée sur Internet

Femmes de Soma, je pense à vous ce soir,

A vos hommes, vos fils, vos frères, votre père

Creusant pour quatre cents euros par mois l’enfer

Et qui ne rentreront plus, le visage noir,

A vos hommes couchés sous la terre…

Femmes de Soma, je pense à vous ce soir

A vos douleurs indicibles, votre désespoir

Quand vous regarderez le souterrain

Où Cerbère

Et ses vingt-mille euros de salaire

Ont englouti votre destin

Femmes de Soma, que votre âme

Etincèle comme une flamme

Un tison de prières

Pour réchauffer les gisants sans suaire

Murés avec vos cœurs dans le charbon…

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Published by Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul - dans Articles Essais Commémorations Histoire de la Turquie
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 14:28
Traduction de la déclaration d’Aram Ateşyan, Patriarche des Arméniens de Turquie, le 1er mai 2014

Suite à la déclaration du premier ministre turc le 24 avril 2014 sur le problème arménien, le patriarche des Arméniens de Turquie, Aram Ateşyan, a rencontré durant une heure et demie, jeudi 1er mai, le premier ministre et a donné, à l’issue de la rencontre, une conférence de presse.

Comme les journaux français ou journaux n’ont publié que des passages de ses propos, j’ai effectué la traduction de sa déclaration presque complète ( à quelques phrases près dont je n’aurais pas eu connaissance…) Bon, je rappelle que je ne suis pas un traducteur professionnel et que, comme pour la déclaration d’Erdogan du 24 avril, j’ai essayé de traduire au plus juste.

Dans les deux cas, mon but est le même, transmettre l'information.

« Personne ne peut nier que beaucoup de douleurs n’aient été vécues sur ces terres, personne ne peut nier que des dizaines de milliers de familles aient perdu leurs enfants, leurs mères, leurs pères et leurs frères. »

« Personne ne peut nier que ces terres, en particulier en Anatolie, n’aient été ensanglantées. Tout cela, toutes ces souffrances,  se sont passées dans ce pays. Maintenant, il y a un cadavre, il a commencé à puer  de façon démesurée et tout le monde en est dérangé. Il faut désormais que ce cadavre disparaisse. L’odeur s’est répandue partout, elle gêne tout le monde. Il faut que deux peuples se rapprochent. Quelle que soit la façon dont on prie pour lui,  il faut désormais que nous enterrions ce cadavre avant qu’il ne pourrisse. »

« Lorsque son Arche s’est échouée sur le Mont Ararat, le patriarche Noé a envoyé un corbeau pour qu’il lui rapporte des nouvelles mais ce dernier n’est pas revenu. Ensuite, il a envoyé une colombe blanche et en peu de temps, elle est revenue avec un rameau d’olivier. Elle essayait de dire que les environs étaient calmes, que les environs étaient sereins et pacifiques. Aujourd’hui,  il faut cesser de faire comme si de rien n’était comme ce corbeau, ou de se mettre des œillères pour faire semblant de ne pas entendre les paroles écrites et parlées, ou de jouer aux « trois petits singes ». 

« Notre premier ministre, innovant comme toujours, a été le premier à partager la douleur des Arméniens le 24 avril. Comme Noé a envoyé une colombe, il a tendu un rameau d’olivier. Nous ne pouvons pas faire semblant de ne pas voir cela. Le rameau d’olivier est un symbole de paix. Nous ne voulons pas que ce rameau ne dessèche, nous voulons le planter pour qu’il donne des fruits. Pour que cela se produise, il faut l’aide de tout le monde. Deux peuples ont vécu pendant des siècles imbriqués l’un dans l’autre fraternellement et c’est de cette période que nous avons la nostalgie. Notre appel est le suivant : les deux parties, rencontrez-vous et jetez les bases du pont de l’amitié et de la paix. Que les deux côtés établissent chacun les fondations de leur pont sur des bases solides. Comme je l’ai déjà dit, ce cadavre doit disparaître, son odeur qui s’est répandue de toutes parts, dérange tout le monde. » 

« Je suis persuadé que le premier pas effectué par le premier ministre a été accueilli favorablement par la majorité de notre communauté. En tant que Patriarche, nous l’apprécions. Venez, donnez-vous la main,  afin d’apporter votre contribution à la construction de ce pont. C’est avec cette intention que j’ai rendu visite au premier ministre. »

Au sujet des fondations et bâtiments arméniens :

"Actuellement, il y a des bâtiments que nous réclamons, des problèmes qu’il faut résoudre en tribunal, des procès, il faut encore du temps, nous sommes convaincus que tout cela sera résolu avec le temps ou du moins que la plupart des ces problèmes trouveront leur solution.

C’est avec cet espoir et cette satisfaction que nous avons pris congé du premier ministre. S’il faut faire des sacrifices pour établir l’amitié, les deux côtés feront des sacrifices. Ce qui va se passer, je l’ignore. Si vous voulez être amis, il ne suffit pas de dire « je t’aime » à l’autre. L’amour demande des efforts. Les deux côtés feront des sacrifices pour édifier le pont de l’amitié."

Texte original en turc :

« Kimse inkar edemez ki bu topraklarda acılar yaşanmadı, kimse söyleyemez ki on binlerce aileler evlatlarını annelerini, babalarını, kardeşlerini kaybetmedi. 

Kimse diyemez ki bu toprakların, özellikle Anadolu toprakları kana doymadı. Bütün bunlar bu ülkede yaşandı, acılar yaşandı. Şimdi ortada bir ceset var ve aşırı kokmaya başladı ve herkes bu kokudan rahatsız. Bu cesedin kalkması lazım artık. Koku her tarafa yayıldı, herkesi rahatsız etmektedir." İki toplum yanyana gelmesi lazım. Ne şeklide dua edecekse etsin ancak bu cesedin çürümeden, kurtlanmaya başlamadan gömülmesi lazım. 

Nuh Peygamber'in gemisi Ağrı Dağı'nın tepesine oturduğunda Peygamber bir karga gönderdi. Civardan haber getirmesi için ama gidip gelmedi. Daha sonra beyaz bir güvercin gönderdi ve kısa sürede güvercin ağzında bir zeytin dalıyla döndü. Etraf huzur içinde oldu, etrafın huzur ve sükunet içinde olduğunu belirtmeye çalıştı. Bugün artık o gönderilen karga gibi vurdumduymaz olmak veyahut at gözlüğü "kullanıp etrafta konuşulan, yazılan, söylenen sözleri duymazlıktan gelmek veyahut üç maymunu oynamak ortadan kalkması lazım. 

Sayın Başbakanımız her zaman ilklere imza attığı gibi bu sefer de ilk kez bir Başbakan 24 Nisan’da Ermenilerin acısını paylaştı. Peygamberin gönderdiği güvercin gibi zeytin dalı uzattı. Biz bunu görmemezlikten gelemeyiz. Bu barış sembolüdür, zeytin dalı. Bu dalın kurumasını istemiyoruz, onu dikip meyve vermesini istiyoruz artık. Bunun da oluşması için herkesin desteğine ihtiyacı var. İki toplum asırlarca iç içe kardeşçe yaşadılar ve bugün o günleri özlüyoruz. Çağrımız iki tarafa, yan yana gelin dostluk ve barış köprüsünün temellerini atın. İki taraf da kendi köprüsünün ayaklarını sağlam temeller üzerine koysunlar. Dediğim gibi bu cesedin kalkması lazım artık. Koku her tarafa yayıldı, herkesi rahatsız etmektedir.

Halen talep ettiğimiz emlaklar var, hala mahkemede çözülmesi gereken sorunlar, davalar var, ama bütün bunlar zamana ihtiyaç duyuyor, zaman içinde bütün bunların çözüleceğine, en azından çoğunluğunun çözüme kavuşacağına inanıyoruz. Bu umutla biz, mutlulukla Sayın Başbakanımızdan ayrılıyoruz. Dostluk kurmak için neler feda etmek gerekiyorsa, iki taraf da fedakarlık yapacak. Neler olacağını ben bilemem. Dost olmak istiyorsanız karşıdakine sadece 'seni seviyorum' değil... O sevgi değildir, sevgi fedakarlık getirir. İki taraftan da fedakarlık yapacaklar ki dostluk köprüsü kurulsun.

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2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

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2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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