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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:55

La nouvelle est tombée ce matin, Tahsin Yücel n’est plus !

Photo du Journal Radikal

Photo du Journal Radikal

Décédé à l’âge de 83 ans, le maître, diplômé du Lycée de Galatasaray et d’un Doctorat de littérature française de l’Université d’Istanbul, où il avait ensuite exercé le métier de professeur, a composé une œuvre immense, comportant critiques littéraires, romans, nouvelles, essais et traductions de grands écrivains français.

Auteur d’une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, qui passent au crible la société turque de la seconde partie du XXe siècle et se livrent à la satire de la société de consommation et du profit, dans une langue moderne et originale, Tahsin Yücel était l’une des figures de proue des lettres turques du XXe siècle.

On peut lire en français, en particulier Vatandas (traduction de Noémi Cingoz, Editions du Rocher, 2004), Les cinq derniers jours du prophète, qui a reçu en 1993 le prix littéraire Orhan Kemal ((traduction de Noémi Cingoz, Editions du Rocher, 2006), La Moustache (traduction de Noémi Cingoz, Actes Sud, 2009), Sous le soleil de Bernanos, Itinéraire en Artois avec Tahsin Yucel, réalisé par Timour Mudidine en collaboration avec le photographe Philippe Dupuich (Temps présent, 2010) et le roman Le Gratte-ciel (traduction de Noémi Cingoz, Actes Sud, 2012)…

 

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Les cinq derniers jours du prophète, sont le récit de la dégradation physique d’un poète rebelle surnommé « le prophète » et qui croit que ses rêves vont se réaliser...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…
Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

La Moustache est une fable philosophique racontant comment la moustache de Cumali devient un symbole pour un village tout entier...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Le Gratte-ciel est une fiction satirique qui nous projette en 2073 : un magnat de l’immobilier, qui a édifié un nombre incalculable de gratte-ciels, voit son nouveau projet contrecarré par un vieil homme, petit propriétaire d’une parcelle jouissant d’un merveilleux panorama, qui refuse de lui vendre son bien… Pour le faire plier, tous les moyens machiavéliques seront bons…

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

La littérature française doit une fière chandelle à Tahsin Yücel qui a traduit en turc plus de 70 livres d’auteurs français dont Balzac, Flaubert, Gide, Proust, Camus, Malraux, Desnos, Queneau, pour n’en citer que quelques exemples.

En décembre 2012, Tahsin Yucel avait reçu le prix littéraire du Comité France-Turquie, pour l’ensemble de son œuvre et en particulier pour son roman Le Gratte-ciel.

En 2013, le journal Aujourd’hui la Turquie publiait un article où le grand écrivain expliquait son amour de la langue française (propos recueillis par Ayşıl Akşehirli et Benoît Berthelot en mars 2011) :

J’ai terminé l’école primaire en 1945, une belle époque ou de nombreuses bourses étaient accordées aux écoliers sans moyens financiers. J’ai perdu mon père à l’âge de 1 an, nous n’étions pas riches. J’ai très bien réussi l’examen écrit national, et deux mois après je recevais une lettre m’annonçant que je pouvais poursuivre mes études au Lycée francophone de Galatasaray. Ça a été la plus grande chance de ma vie. J’y ai passé huit ans, comme interne. Puis j’ai voulu continuer mes études en philologie française, mais il me fallait de l’argent. Comme je publiais déjà quelques articles dans une revue littéraire, le patron m’a proposé de travailler par demi-journées pour sa maison d’édition. Je traduisais du français au turc, j’avais toujours un livre sur la table. Je traduisais même chez moi ! Je pense avoir traduit 70 livres dans ma vie, personne n’a autant traduit le français que moi en Turquie. J’ai arrêté il y a cinq ans. Et j’ai pris ma retraite de professeur au début de ce siècle. 

Etre francophone c’est d’abord connaître la langue, mais pour moi ce n’est pas seulement ça. A partir de la langue il y a la culture, le pays, le peuple. Moi qui suis écrivain et romancier turc, j’ai lu beaucoup plus de romans et d’études en français qu’en turc. C’est un fait, et ce n’est pas seulement lié à ma profession. Dans ma vie, le français occupe une très grande place. C’est une partie de mon existence.

En 2010, ma précieuse photo avec Tahsin Yücel au Cemiyet de Galatasaray…

En 2010, ma précieuse photo avec Tahsin Yücel au Cemiyet de Galatasaray…

Paix à l’âme de Tahsin Yücel, connu non seulement pour son œuvre mais aussi pour sa gentillesse, son sourire, sa tolérance et sa modestie.

Que repose en paix ce grand écrivain turc lauréat de nombreux prix, expert en littérature française et dont  l’œuvre  « colossale » ne peut que susciter une admiration sans borne…

 

Photo Internet

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Le dernier voyage de Tahsin Yücel, vendredi 23 janvier à la mosquée de Sisli, à Istanbul...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Mon blog 2 : Littérature-Edebiyat-Gisèle-Durero-Koseoglu

http://giselelitterature.blogspot.com.tr/

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Published by Gisèle Durero-Koseoglu Blog 2 - dans L'Istanbul de Gisèle Turquie Galatasaray Tahsin Yücel Littérature Istanbul
10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 18:57

Etant une collectionneuse de cartes postales, photographies et vieux documents de l’Istanbul d’autrefois, j’aime particulièrement les images représentant des femmes ottomanes. En voilà quelques-unes, issues pour la plupart de ma collection.

  

Impériale avec son ombrelle...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Mystérieuse, dans ses voiles...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Imposante dans son ample manteau appelé "feradjé"...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Exotique, parmi les plantes vertes...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Nonchalante, avec son narguilé...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Raffinée et boudeuse, sous la mousseline...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Primesautières, avec tabac et tambourin...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Pensive, avec sa cigarette...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Modernisée et déterminée, à la fin de l'Empire...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Engagées et sans voile, le 6 juin 1914, lors d'une vente de charité..

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Coquette, vers 1925...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes
Istanbul d'antan : belles dames ottomanes
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 15:31

L’année 2016 commence en blanc à Istanbul.

Photo Internet, merci à l'auteur

Photo Internet, merci à l'auteur

La neige, qui a commencé à tomber au soir du 30 décembre, a tout paralysé,  bloquant l’aéroport et les célèbres ruelles en pente constituant le charme de la cité millénaire.

 

Photo Internet

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Mais elle a surtout fait la joie des amateurs  de paysages d’hiver.

Photo Internet

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Ma terrasse, ce matin...

Ma terrasse, ce matin...

La blanc reluit au soleil de l'après-midi...

La blanc reluit au soleil de l'après-midi...

1.01.2016 : la neige à istanbul

Que cette pluie immaculée présage la concorde pour 2016, qu’elle dessine les ailes de la colombe de la paix !

1.01.2016 : la neige à istanbul

Mon dernier roman, Sultane Gurdju Soleil du Lion, paru en mai 2015 (en turc, Gurcu Hatun, à paraître)

Lien vers Bazar turc, site de vente d’Ataturquie :

http://bazarturc.com/483-sultane-gurdju-soleil-du-lion-dynasties-de-turquie-medievale.html

Lien vers Amazon.fr

http://www.amazon.fr/Sultane-Gurdju-Soleil-du-Lion/dp/9758915754/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1455230655&sr=8-1&keywords=sultane+Gurdju+soleil+du+lion

1.01.2016 : la neige à istanbul
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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 10:00

Salon 2

602 B

GiTa Yayınları

Editions GiTa

Gisèle Durero-Köseoğlu:Tüyap Kitap Fuarı 2015, Imza  Günleri

Cumartesi 7 Kasım

Pazar 15 Kasım

saat 13-18

Gisèle Durero-Köseoğlu:Tüyap Kitap Fuarı 2015, Imza  Günleri
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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 21:19

Le 20 février 2015, une lettre de Son Excellence Laurent Billi, Ambassadeur de France en Turquie, m’a informé que j’allais recevoir le grade de Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques pour « les services … rendus au rayonnement de la France en Turquie ».

La cérémonie, orchestrée par Madame Muriel Domenach, Consule Générale de France à Istanbul, a eu lieu mercredi 4 novembre 2015 au Palais de France.

De nombreux amis et lecteurs n’ayant pas assisté à la cérémonie et m’ayant demandé des photos ou le contenu de mon discours de remerciement, voilà un petit résumé de la soirée.

Madame Domenach a commencé par discours retraçant mon parcours et qui m’a beaucoup émue. J'ai pu en copier le texte aujourd'hui sur le site du Consulat de France à Istanbul :

Allocution de Madame Domenach : " Mme Gisèle DURERO : vous êtes connue comme l’une des ambassadrices de la francophonie à Istanbul, et il n‘est donc pas tellement besoin que je vous présente, encore moins aux proches et aux amis qui vous entourent aujourd’hui ; je vais néanmoins tenter de synthétiser pour le reste de l’assistance l’essentiel de votre parcours.

 

Vous avez passé le CAPES de Lettres modernes en 1980, vous destinant dès lors à une carrière dans l’enseignement. D’abord professeur de français au Lycée Carnot à Cannes, vous avez ensuite franchi la barrière (si redoutée) Sud-Nord pour vous rendre au collège Léo Lagrange à Lilliers, dans le Pas-de Calais. Mais ce fut pour une courte durée, puisque vous avez ensuite bousculé votre quotidien par un mariage qui vous a amené à une translation Est-Ouest, en direction de la Turquie. A votre arrivée, c’est le lycée St Michel qui vous a accueillie pendant 9 ans. Il ne restait plus qu’à procéder à une petite remontée du Bosphore pour atteindre le lycée français Pierre Loti à Istanbul, où vous exercez actuellement, pour le plus grand plaisir de vos élèves et de votre direction.

 

Gisèle Durero-Koseoglu : Discours des palmes académiques

D’Istanbul, avez-vous dit, « il y a toujours une histoire officielle et une histoire cachée »… alors, c’est vrai, derrière cette enseignante impliquée au parcours exemplaire, se cachent aussi une écrivaine de talent, que vous ancrez dans le territoire d’Istanbul, et une éditrice –aux côtés de votre époux !

Romans, essais, poèmes, nouvelles, pièces de théâtre, aucune forme n’échappe à votre création ! Vous vous êtes plongée récemment dans l’histoire des Seldjoukides pour en tirer des romans historiques à la fois exigeants et enlevés, pour le plus grand plaisir de vos lecteurs, qui suivent notamment les aventures de la « Sultane Gurdju Soleil du Lion », votre dernier ouvrage sorti en France et en Turquie au début de l’été dernier.

 

En conjuguant votre passion pour la littérature et vos différentes professions, vous donnez à connaître la Turquie aux Français et francophones, et vous promouvez auprès des Turcs l’image d’une France ouverte et cultivée. Vous contribuez ainsi à tisser ces liens précieux entre l’Orient et l’Occident et à rapprocher nos deux cultures.

 

Votre dévouement, vos qualités pédagogiques, votre talent littéraire, votre culture historique, votre humanité sont un exemple pour nous tous.

 

C’est donc avec une profonde fierté que, Madame Gisèle DURERO- KÖSEOGLUau nom de la Ministre de l’éducation nationale, je vous remets les insignes de Chevalier dans l'Ordre des Palmes académiques."

Gisèle Durero-Koseoglu : Discours des palmes académiques

Puis, elle m’a remis l’insigne de chevalier.

Gisèle Durero-Koseoglu : Discours des palmes académiques

A mon tour ensuite de prononcer mon discours de remerciement, dont voilà le texte ; précisons que je l’ai dit sans lire mes notes et qu’il peut se trouver quelques différences entre le discours écrit et le discours réel que j’ai prononcé, comportant une part d'improvisation ; sans oublier que l'état d’émotion dans lequel je me trouvais à cet instant m’a fait oublier certaines phrases.

Gisèle Durero-Koseoglu : Discours des palmes académiques

« Madame la Consule Générale de France, Monsieur le Conseiller de Coopération et d’Action culturelle, Madame la Proviseure du lycée Pierre Loti d’Istanbul, Mesdames, Messieurs, chers collègues, chers amis,

C’est un immense honneur pour moi de recevoir aujourd’hui cette nomination au grade de chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Tout d’abord, je voudrais remercier Leurs Excellences Laurent Billi et Charles Fries, Ambassadeurs de France, Madame Muriel Domenach, Consule générale de France, Monsieur Olivier Ramadour, Conseiller de Coopération et d’Action culturelle, Monsieur Laborde, ancien proviseur et Madame Cornil, proviseure du Lycée Pierre Loti d’Istanbul ainsi que toutes les personnes qui ont effectué les démarches pour que ces palmes me soient décernées. Et je remercie aussi tous mes collègues et amis qui se sont déplacés ce soir.

Vous avez, Madame la Consule générale,  retracé avec beaucoup de gentillesse l’essentiel de mon parcours.

J’ai eu la chance, dans ma formation, de rencontrer des professeurs formidables qui m’ont transmis non seulement leur savoir mais aussi leur passion. Par exemple, je peux citer mes professeurs de littérature et d’histoire au lycée Capron de Cannes, dont j’aimais tellement les cours que j’étais triste lorsque la sonnerie marquant la fin de la séance retentissait, et aussi, mes professeurs des Classes préparatoires du lycée Masséna de Nice, qui m’ont fait découvrir la littérature moderne. J’ai souvent regretté de ne pas être allée, jadis, leur dire combien j’avais aimé leurs cours et combien ils avaient enrichi mon univers. Car ils m’ont ensuite servi de référence.

Le métier de professeur fait partie de ces professions que l’on exerce non pas pour s’enrichir mais pour faire partager l’amour de la culture et surtout, faire vivre les valeurs de la démocratie dans l’esprit des jeunes, pour qu’ils deviennent des citoyens responsables. Ce n’est pas un métier facile car il exige de l’abnégation, le résultat obtenu n’étant pas toujours visible par rapport aux efforts déployés. En ce qui me concerne, comme tous les professeurs, j’ai parfois été en proie aux doutes sur l’utilité ou les aboutissements de la profession que j’exerçais et j’ai parfois eu l’impression de ne pas parvenir à transmettre ce que j’aurais aimé ou ce que j’avais prévu. Mais c’est toujours au moment ou l’on ne s’y attend pas qu’on obtient en quelque sorte la récompense de ses efforts, soit parce qu’on constate qu’on a réussi à faire progresser un élève, soit parce qu’on parvient à éveiller chez un autre le plaisir d’apprendre soit enfin, parce qu’on rencontre par hasard, dans la rue, un ancien élève qui vous dit que vous lui avez fait aimer  la littérature. C’est aussi un métier où on a la chance de travailler avec des collègues qui partagent les mêmes idéaux et la même éthique.

Gisèle Durero-Koseoglu : Discours des palmes académiques

Sur le site de l’Amopa, j’ai pu lire que les Palmes académique étaient décernées non seulement aux enseignants mais aussi aux Français résidant à l’étranger qui ont contribué activement à l’expansion de la culture française dans le monde. C’est ce qui a retenu mon attention car je crois, en effet, que, si je dresse le bilan de mes trente-deux ans de vie en Turquie, ma constante a été la volonté d’y faire connaitre la littérature française, à laquelle, je crois,  j’ai voué toute mon existence parce que dès l’enfance, j’ai été prise de passion pour l’écrit. C’est aussi une satisfaction que de participer ainsi à la diffusion des idées humanistes, ces idéaux de liberté, de laïcité et de tolérance hérités des Lumières dont le monde a tellement besoin.

De plus, mes activités d’écrivain m’ont offert l’opportunité de prolonger en quelque sorte mon travail de professeur, en participant à des colloques de littérature française dans des universités turques ou à des émissions de radio ou de télévision me permettant aussi, d’une autre façon, de promouvoir les lettres de notre pays. 

Enfin, les travaux d’édition auxquels j’ai apporté ma contribution, – bien modestement, certes- pour rééditer en français et faire traduire en turc d’anciens livres français tombés dans l’oubli, en particulier ceux d’auteurs féminins, portant sur la ville d’Istanbul, témoignent, je crois, que l’essentiel de mon temps, même lorsque j’étais en vacances,  a été, depuis toujours, consacré aux livres. 

C’est surtout pour ces dernières raisons que je suis touchée par cette nomination, qui reconnaît mon travail accompli à l’étranger, non seulement pour transmettre l’amour de la littérature française mais aussi pour renforcer les liens culturels et amicaux entre la France et la Turquie car tous les livres que j’ai écrits ont eu pour but de faire mieux connaître la Turquie en France.

Avec Madame Muriel Domenach, Consule Générale de France à Istanbul et Monsieur Olivier Ramadour, Conseiller de Coopération et d'Action culturelle

Avec Madame Muriel Domenach, Consule Générale de France à Istanbul et Monsieur Olivier Ramadour, Conseiller de Coopération et d'Action culturelle

 

Pour conclure, je peux ajouter que je ne reçois pas seulement cette distinction en mon nom propre. En effet, je la dédie à tous mes collègues qui ont effectué leur carrière de professeur en Turquie, et avec dévouement, ont consacré leur énergie à la promotion de la francophonie, et au rayonnement de la culture française. »

 

Heureuse de poser devant les drapeaux, celui de mon pays, la France, et celui de mon pays d'adoption, la Turquie... CELUI

Heureuse de poser devant les drapeaux, celui de mon pays, la France, et celui de mon pays d'adoption, la Turquie... CELUI

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 19:37

Forum Arcadius chez les Byzantins, le Marché des femmes, situé au pied de l’Aqueduc de Valens, tire son nom du premier hôpital pour femmes, Le complexe religieux de Haseki, construit au XVI e siècle par Sinan pour la sultane Hürrem.

Il s’y tenait alors un marché où les femmes venaient vendre des articles artisanaux ou les légumes de leur jardin.

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

Surmonté, en haut de la colline, par le magnifique édifice byzantin de la mosquée de Zeyrek (Pantokrator chez les Byzantins), l’endroit, surnommé aujourd’hui « la petite Siirt » car il est occupé par des commerçants de l’Est, venus de Siirt, Ağrı, Diyarbakır, Van et Bitlis, est un des plus typiques d’Istanbul.

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

Et l'on peut y trouver des produits que l’on ne voit nulle part ailleurs, en particulier du miel en rayon, toutes sortes de fromages (trop salés cependant à mon goût, y compris le fromage séché, dur comme un caillou,  que les anciens Turcs emportaient dans leur expéditions à cheval pour le faire ensuite fondre dans l’eau), des épices de toutes sortes, des confiseries traditionnelles à faire craquer les plus raisonnables…

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…
Des confiseries traditionnelles faites avec du jus de raisin ou de grenade cuit longuement, et fourrées de noix, noisettes, pistaches...

Des confiseries traditionnelles faites avec du jus de raisin ou de grenade cuit longuement, et fourrées de noix, noisettes, pistaches...

Qu’ai-je acheté ? Au fond, du savon artisanal de pistachier térébinthe ; deux énormes grenades ; du thym des montagnes ; du piment rouge en paillettes, broyé à la main ;  des "cénelles" d'aubépine (les fruits jaunes) pour faire de la gelée ; des noix, des pistaches délicieuses; de succulentes figues sèches ; des confiseries…

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

 En traversant le boulevard, on accède au quartier de Vefa, qui porte le nom d’un saint musulman nommé Abul Vefa, célèbre pour avoir refusé de recevoir Mehmet le Conquérant, car il pensait que s’il l’acceptait dans ses discussions, il risquait de le détourner de sa fonction de sultan. C’est non loin de là que se trouve la fameuse buvette à Boza, Vefa Bozacisi, connue depuis le XIX e siècle pour son délicieux « Boza », une boisson légèrement sucrée, très nourrissante, confectionnée à base de blé fermenté. 

 

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

Quelle que soit l’heure du jour et jusqu’à une heure avancée de la nuit, des gens effectuent le détour en voiture pour venir savourer cette boisson unique… Et en emporter dans de grandes bouteilles de verre...

 

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

Non loin de là, des vestiges du passé ottoman...

Istanbul : emplettes dans la vieille ville pittoresque…

Le charme d’une promenade dans l’Istanbul d’autrefois…

J'avais déjà consacré un article à ces quartiers : "Descente dans le temps à Zeyrek"

http://my.over-blog.com/write/43300959​)

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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Lieux aimés Zeyrek Kadinlar Pazari Istanbul
9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:55

Mes Istamboulines : Recueil d’essais, récits et nouvelles, classés de A à Z et entièrement illustré par d’anciennes cartes postales sur la ville d’Istanbul.

Un alphabet subjectif d'Istanbul...

Mes Istamboulines, de Gisèle Durero-Koseoglu

Extrait de la préface :

Je n’écris pas seulement pour mes lecteurs et lectrices. J’écris pour les disparus, pour ceux qui ont écrit avant moi ; j’écris pour les murs et les pierres, pour la mémoire gravée dans les strates de la ville ; j’écris pour tous les écrivains d’Istanbul. J’écris pour les amoureux d’Istanbul de demain.

Quelle est donc la particularité de mon livre ?

Il est entièrement subjectif.

Il est celui d’une passionnée de littérature qui a porté soudain un regard émerveillé sur la cité légendaire dont elle avait rêvé  longtemps à travers les pages des livres et s’est alors mise en quête de ses lieux et personnages.

Celui d’une étrangère qui a quitté sa ville natale et a tenté de s’enraciner dans une autre terre, qui a dû apprendre, parfois avec difficulté, la langue et les coutumes de son pays d’adoption.

Il est celui d’une femme qui a vécu, s’est mariée, a élevé ses enfants dans une culture autre que la sienne, en tentant de s’enrichir de cette différence tout en préservant sa propre identité…

Un jour, j’ai découvert une ville qui m’émerveillait, me fascinait et parfois me chagrinait.

Il s’est établi une correspondance parfaite entre ma sensibilité profonde et cette mégapole baignant dans l’eau, pétrie de souvenirs de toutes les cultures, constituée d’une mosaïque de gens différents. C’est la ville qui m’inspire en tant qu’écrivain. Je la ressens comme « ma » ville.

Ce livre est le fruit de mes étonnements, de mes doutes et de mes bonheurs. Le miroir de l’Istanbul de Gisèle, stambouliote d’adoption.

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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 12:45
Istanbul : à la plage à Şile !

Habité depuis le Paléolithique, connu dans l’Antiquité sous le nom d’ « Hilea », cité par Pline, le district de Şile (prononcer « chilé), situé sur la rive asiatique non loin de l’embouchure de la Mer Noire, est connu pour sa verdure et ses cascades mais aussi pour les soixante kilomètres de plages de sable fin qui parent son rivage.

Istanbul : à la plage à Şile !

Située sur un promontoire dominant le port, s’enorgueillissant d’un célèbre phare rayé de noir et blanc, la petite ville de Şile, longtemps habité par une population mélangée de Grecs et de Turcs, a conservé du passé son charme légèrement suranné ; même si la plupart des demeures ottomanes en bois ont disparu, il en reste ça et là, souvent en assez mauvais état, il faut l’avouer !

Photo Internet, merci aux auteurs

Photo Internet, merci aux auteurs

Aujourd’hui, les rues de Şile, très animées, sont bordées de cafés et restaurants jouissant d’un panorama unique sur la baie et de boutiques vendant des articles et produits régionaux de la Mer Noire.

Vue sur le port au soleil couchant

Vue sur le port au soleil couchant

Istanbul : à la plage à Şile !

La spécialité de la ville a longtemps été « le Coton de Şile », sorte de batiste tissée à la main, de couleur blanche ou écrue et trempée dans l’eau de mer pour la solidifier. On en confectionne des nappes, des robes et des  chemises très agréables à porter en été mais la fabrication artisanale a peu à peu été supplantée par la fabrication industrielle et il faut bien s’assurer avant de l’acheter qu’il s’agit bien de l’authentique « Coton de Şile ». 

Istanbul : à la plage à Şile !

Il suffit de descendre non loin du port pour trouver une merveilleuse plage de sable fin où des paillottes vous offrent la possibilité de vous restaurer à des prix bon marché. C’est là que vous pouvez vous installer avec un livre et vous prélasser toute la journée sur une chaise longue ou un canapé d’osier en profitant du soleil de l’automne.

Istanbul : à la plage à Şile !

La température de l’eau y est plus fraîche certes qu’en Méditerranée mais en septembre, elle se situe quand même autour de 25 degrés ;  on a pied très longtemps dans la mer, sur une vingtaine de mètres,  puis soudain, à partir d’une grosse chaîne de métal immergée, on plonge dans les profondeurs... 

Istanbul : à la plage à Şile !
Photo Internet, merci aux auteurs
Photo Internet, merci aux auteurs

Et pour finir agréablement la journée, sachez qu’à une dizaine de kilomètres de Şile en retournant à Istanbul se trouve, sur une colline, une enfilade de restaurants champêtres où vous pourrez déguster, sur des tables de bois à la bonne franquette ombragées de vigne vierge, les fameux « gözleme », sorte de crêpe confectionnée avec une feuille de brick pliée en quatre, fourrée de fromage ou d’herbes et cuite sur une plaque bouillante en cuivre étamé, un délice !

Istanbul : à la plage à Şile !
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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans Mer Noire Şile plages d'Istanbul L'Istanbul de Gisèle Turquie Lieux aimés Istanbul
11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 22:40

Voie navigable internationale, le Bosphore, long de 32 kilomètres, permet le passage des navires marchands mais cela n’est pas sans risque. Si l’histoire du détroit est fertile en récits de collisions, d’explosions, de naufrages ou d’échouements, le plus insolite de ces accidents est sans doute  le heurt d’un yali par un cargo ou un tanker.

Le mois de juillet a été témoin d’un de ces tristes accidents : un cargo de 106 mètres, le Majed and Randy,  dont le gouvernail s’était coincé, a percuté  à Kanlica le merveilleux yali d’Ethem Pertev, un des plus beaux du Bosphore, construit en 1860 pour une des favorites du sultan Abdulmecit, détruisant tout le coin de l’étage.

Photo du journal Milliyet

Photo du journal Milliyet

Istanbul, Bosphore : un cargo dans le yali !

Deux ans auparavant, en 2013, un tanker de 243 mètres appelé « Aral Sea » était venu s’échouer, son gouvernail bloqué, sur le rivage de Sariyer.

Photo du journal Sabah

Photo du journal Sabah

En 2009, c’est un cargo de 100 mètres nommé « Ilke Mete » qui a heurté le rivage de Anadolu Hisar.

Istanbul, Bosphore : un cargo dans le yali !
Istanbul, Bosphore : un cargo dans le yali !

En 2008, à Sariyer, un cargo est entré dans le jardin d’enfants, heureusement vide grâce à l’heure matinale, causant une vague telle que trois yalis ont été inondés.

Istanbul, Bosphore : un cargo dans le yali !

La même année, un cargo a heurté, à Yenikoy, le fameux yali de Sait Halim Pacha…

Istanbul, Bosphore : un cargo dans le yali !

Aristophane ne disait-il pas déjà : « Il faut être rameur avant de tenir le gouvernail, avoir gardé la proue et observé les vents avant de gouverner soi-même le navire… »

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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans Bosphore Istanbul yalis Accidents sur le Bosphore
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 10:32

Les Byzantins les appelaient Iles des Princes car ils y exilaient les princes déchus. Les autres habitants étaient des religieux, parfois des anachorètes.

Un chemin sur la mer...

Un chemin sur la mer...

Les Ottomans les transformèrent au XIXe siècle en paradis de villégiature, en particulier les minoritaires, qui s’y regroupaient pour passer la belle saison.

Le port de Burgazada

Le port de Burgazada

Les Cassandre ont prédit qu’elles s’engloutiraient en Marmara lors d’un séisme.

Une allée romantique...

Une allée romantique...

Les Stambouliotes continuent à chérir leurs îles… A tel point qu’il faut beaucoup de courage et de persévérance pour affronter la foule serrée de centaines de personnes piétinant dans l’attente du « vapeur » le week-end. Mais la magie des îles opère ; dès le débarcadère, la foule se disperse.

Les marronniers commencent à fleurir…

Les marronniers commencent à fleurir…

Si certaines avenues offrent une ambiance de kermesse, s’il faut veiller chaque seconde à ne pas entraver la route des phaétons lancés au galop, une promenade aux îles offre cependant une magie sans pareille. A condition toutefois de ne pas hésiter à marcher et à prendre les chemins de traverse…

Les vrais maîtres des îles sont les matous…

Les vrais maîtres des îles sont les matous…

Un escalier vers on ne sait où… Il faut avoir le courage de le grimper pour savoir où il mène…

Un escalier vers on ne sait où… Il faut avoir le courage de le grimper pour savoir où il mène…

Un portail bien mystérieux : où conduit-il ?

Un portail bien mystérieux : où conduit-il ?

Le ballet des oiseaux de mer avant le crépuscule …

Le ballet des oiseaux de mer avant le crépuscule …

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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans îles des princes Istanbul Iles d'Istanbul

Présentation

  • : Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • : Bienvenue sur le blog de Gisèle, écrivaine vivant à Istanbul. Complément du site www.giseleistanbul.com, ce blog est destiné à faire partager, par des articles, reportages, extraits de romans ou autres types de textes, mon amour de la ville d’Istanbul, de la Turquie ou d'ailleurs...
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  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu). Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...

Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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