Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 13:18

Il est certain qu’Orhan Pamuk n’était pas venu donner des recettes mais plutôt faire part de es impressions sur le sujet et aussi de son expérience, puisqu’il a expliqué qu’après avoir passé toute la première partie de sa vie à écrire, il a commencé, il y a huit ans, à donner des cours de littérature à l’Université de Columbia.  

Photo copiée sur le site du Lycée Sainte-Pulchérie

Photo copiée sur le site du Lycée Sainte-Pulchérie

Je vous livre donc quelques unes des notes que j’ai pu prendre lors de son intervention en turc, il ne s’agit pas d’une traduction exhaustive mot à mot mais plutôt d’un résumé des idées qu’il a exposées.

Sur les professeurs

« Je vais parler du fond du cœur. Il y a des professeurs qui influencent une dizaine de classes, c’est ce que j’espère être lorsque  j’exerce le métier de professeur. »

Orhan Pamuk explique que, depuis huit ans, à Columbia, il fait ses cours avec les livres qu’il aime. Il fait beaucoup de préparations et tente de faire partager ce qu’il a éprouvé. Selon lui, le professeur doit parler d’un livre qu’il aime et a lu plusieurs fois.

La littérature ne doit jamais être employée comme un moyen de sélection pour séparer les bons des mauvais élèves.  C’est trop souvent le cas, on donne un livre à lire et celui qui ne l’a pas lu va échouer ou redoubler. De plus, on a souvent le tort de dérouler l’histoire de la littérature depuis le début et quand on arrive vers la fin de l’année scolaire, on n’a plus de temps de lire les modernes, le semestre est fini. On peut très bien commencer par Sait Faik Abasiyanik pour éveiller le plaisir de la littérature. Orhan Pamuk précise qu’aucun professeur ne lui a donné le goût de la littérature.

Orhan Pamuk ne croit pas que le goût de lire soit  vraiment en baisse. Il précise que lorsque la télévision est sortie, on a prophétisé la mort du livre ; pourtant, il y a encore des gens qui lisent. Selon lui, rien n’a vraiment changé ; il y a toujours eu des personnes qui aimaient lire et d’autres pas. Dans n’importe quelle classe, il y a toujours au moins trois élèves qui aiment les livres ; si le professeur arrive à faire passer son amour de la littérature, ce chiffre peut monter jusqu’à treize. Il ne faut pas se fâcher si un élève jette le livre ; il y aura toujours des lecteurs, n’y en ait-il que deux ou trois sur cinquante.

Pour faire lire, il faut susciter chez l’élève l’envie du livre (kitap ozlemi)

Ce qui fait lire

Ce qui nous motive au départ, c’est l’envie ; de même que vous pouvez très bien ne pas vous intéresser à une fille et soudain tomber amoureux d’elle parce qu’un autre homme l’admire. On lit par envie du livre.

Il raconte aussi que, lorsqu’il était enfant, son père, grand lecteur, l’appelait parfois pour lui lire une phrase qu’il avait aimée ; par la magie de ces phrases, il comprenait alors que la vie serait plus intéressante et plus profonde avec les livres ; cela lui apprenait que la vie vaudrait d’être vécue s’il y avait des symboles, des dessins, des phrases pour ne pas sombrer dans la monotonie.

Ce qui fait écrire

Grand lecteur de Flaubert, Orhan Pamuk définit la passion de l’écriture avec des mots rappelant ceux de « l’Ermite de Croisset » :

Etre là et en même temps, avoir l’impression qu’on n’est pas exactement à sa place. Sentir qu’on ne correspond pas exactement à l’endroit où l’on est. Dehors, il y a le monde mais il y a aussi une sorte de tourment (en turc : huzursuzluk) dans votre tête.

L’art et la littérature sont le signe d’une mésentente avec le monde dans lequel on vit.

C’est comme si on était assis sur une épine ; la littérature travaille sur cette épine.

Pour qui écrit-il ?

Il écrit pour  un lecteur idéal qui correspondrait au jeune qu’il a été, révolté, qui ne sait pas exactement ce qu’il veut faire mais qui a aussi faim de sens et d’art. Il précise que pour lui, il est important qu’un jeune d’aujourd’hui, avec ses interrogations et ses états d’âme, lise ses livres.

Qu’est-ce qu’un livre ?

Il existe des romanciers qui écrivent d’une traite, qui ne se posent pas trop de questions, et d’autres qui accomplissent de longs travaux. Il y a donc les « naïfs », les inspirés, comme Schiller et il y a aussi les « tourmentés » (ou calculateur, « hesapli » en turc), ceux qui sont dévorés par le doute et qui prennent du recul, repassent, réécrivent. Un romancier doit être en même temps naïf et calculateur.

Le livre doit-il correspondre à son époque ? Bien sûr, on peut se révolter contre une situation politique mais les colères politiques sont toujours les mêmes. Kafka est devenu célèbre uniquement en raison de la transcription de son monde intérieur.

Un roman, ce n’est pas seulement une anecdote, une histoire. C’est surtout une façon de raconter. Il y a des écrivains qu’on ne lit que pour leur style, quel que soit leur sujet.

Repost 0
Published by Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul - dans Littérature pour le lycée L'Istanbul de Gisèle Orhan Pamuk Littérature
21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 22:05

On connaissait Le Violon sur le toit ou Le Hussard sur le toit...

Mais on pourrait écrire aussi Les Toits d'Istanbul...

Car c'est justement là que l'insolite règne...

Sur les toits...

 

Un toit romantique…

Kumkapi...

Kumkapi...

Quoi de plus intime, pour discuter loin des oreilles indiscrètes, que le bord du toit ?

Tesvikiye...

Tesvikiye...

Et lorsqu’on ne sait pas quoi faire des déchets…

Besiktas...

Besiktas...

Et puis si vous n’avez pas de potager, vous pouvez toujours vous improviser un jardin suspendu…

Nisantasi...

Nisantasi...

Pour les plus téméraires, le toit de Sapphire…

4 Levent...

4 Levent...

Istanbul : l’insolite est sur le toit

Et il y a le must, se promener sur les toits du Grand Bazar ( interdit au commun des mortels)...

Istanbul : l’insolite est sur le toit

Tournage de James Bond en 2012...

Istanbul : l’insolite est sur le toit

La chanteuse turque Sibel Can sur les toits du Grand Bazar pour son clip de la Saint Valentin 2014...

Quant aux minous, on sait bien que la promenade sur ou sous les toits fait partie de leurs marottes…

Istanbul : l’insolite est sur le toit

Cela fait des années que je me demande à qui sert cette chaise posée sur le toit d’en face. Est-ce pour aller méditer dans la solitude ?

Istanbul : l’insolite est sur le toit
Istanbul : l’insolite est sur le toit

Bon, me voilà aussi sur le toit...

Repost 0
Published by Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 20:41

Tout le monde se demandait si, après la mort tragique du prince Mustafa, étranglé sur ordre de son père, Soliman, les réalisateurs oseraient montrer la suite : le meurtre de Mehmed, le fils de Mustafa, ordonné par son grand-père. Eh bien oui, ils ont osé.

Non pas le montrer en direct ( heureusement pour la sensibilité des spectateurs...) mais le suggérer.

Tout le monde aura compris en voyant la mère du petit prince de sept ans se traîner de douleur dans la poussière de la route lorsqu'on lui enlève son fils.

L'exécution du prince Mustafa, la semaine dernière

L'exécution du prince Mustafa, la semaine dernière

On peut critiquer le feuilleton, trouver qu'il comporte des fautes historiques. Certes. Mais on ne peut nier qu'il aura eu le mérite de faire voler en éclats les tabous de l'Histoire, en révélant la face sombre de Soliman, celui que l'on a surnommé "Le Magnifique".

Série "Le Siècle magnifique" : les tabous de l'Histoire volent en éclats
Série "Le Siècle magnifique" : les tabous de l'Histoire volent en éclats

Pour lire sur les sultans:

La Sultane Mahpéri, roman historique sur les sultans seldjoukides

Roman en turc : Mahperi Hatun, Gisèle Durero Köseoğlu

Roman en turc : Mahperi Hatun, Gisèle Durero Köseoğlu

Nouvelle édition en turc

Nouvelle édition en turc

Repost 0
Published by Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Histoire de la Turquie Soliman Roxelane Hürrem Mahperi Sultan Mahperi Hatun Mahperi Gisèle
29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 10:38

Hier soir, mardi 28 janvier 2014, François Hollande, en visite officielle en Turquie, a rencontré les Français d’Istanbul au Palais de France.

Après un chaleureux discours, prometteur pour les relations franco-turques, le Chef de l’Etat français a échangé quelques phrases en particuler avec  ceux des invités qui souhaitaient faire sa connaissance.

 

Gisèle avec le Chef de l'Etat. Au centre, Monsieur Billi, Ambassadeur de France

Gisèle avec le Chef de l'Etat. Au centre, Monsieur Billi, Ambassadeur de France

En ce qui me concerne,  je tenais à le remercier pour la façon très positive dont il a évoqué l’avenir des relations franco-turques et la place de la Turquie dans l'Europe. 

Merci à Nathalie Ritzmann qui a fait de si belles photos !

Merci à Nathalie Ritzmann qui a fait de si belles photos !

Voir mon article d’hier soir :  François Hollande à Istanbul : extraits du discours au Palais de France

http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/2014/01/fran%C3%A7ois-hollande-%C3%A0-istanbul-extraits-de-son-discours.html

Istanbul, Ecrivaine Gisèle Durero-Koseoglu : petite conversation avec François Hollande sur la Turquie

François Hollande a mis du baume au cœur à tous les Français qui comme moi, ont consacré, depuis des décennies, une partie de leur énergie à faire rayonner la culture française en Turquie mais aussi à faire connaître la Turquie en France.

 

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle François Hollande en Turquie
29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:20

La grande chanteuse turque Candan Erçetin a reçu des mains de François Hollande, à l’Université de Galatasaray, la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres.

Photo copiée sur le site de A TA TURQUIE

Photo copiée sur le site de A TA TURQUIE

Candan Erçetin est une des plus célèbres chanteuses de Turquie et ses chansons, qu’elle compose elle-même, occupent les places de choix dans les hit-parades turcs. Grâce au talent de ses compositions, à sa voix et à ses interprétations, son œuvre, très personnelle, est appréciée dans toutes les classes de la société turque.

Photo Internet

Photo Internet

Diplômée du Lycée de Galatasaray, où elle a étudié le français, puis, où elle a ensuite enseigné la musique, chargée de cours à l’Université de Galatasaray, elle est aussi bien connue des francophones et francophiles pour ses célèbres interprétations de chansons françaises.

Candan Erçetin , Chevalier des Arts et des Lettres
Le CD Arrangements 2011, constitué de chansons en français

Le CD Arrangements 2011, constitué de chansons en français

Toutes nos félicitations à cette grande artiste qui fait rayonner la chanson... et aussi la chanson française en Turquie.

Candan Erçetin , Chevalier des Arts et des Lettres
Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Candan Erçetin
28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 00:30
François Hollande à Istanbul :  extraits du discours au Palais de France

C’est un discours prometteur pour les relations franco-turques que François Hollande a prononcé ce soir au Palais de France.

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas entendu un chef de l’Etat français parler de façon si favorable au sujet de la Turquie.

Ajout du 29: N'ayant pas réussi à enregistrer le début du discours, je l'emprunte à l'article de Anne Andlauer dans le Petit Journal d'Istanbul, merci, Anne.

Lien vers l'article du petit Journal

http://www.lepetitjournal.com/istanbul/accueil/actualite/176007-discours-a-la-communaute-francaise-francois-hollande-nous-ne-devons-pas-avoir-peur-de-la-turquie

"Ma visite montre une volonté commune, entre la France et la Turquie, d'aller de l'avant. Je suis venu avec sept ministres, des parlementaires à la tête des groupes d'amitié franco-turque au Sénat et à l'Assemblée nationale, le député des Français de l'étranger qui vous représente, des chefs d'entreprise, des intellectuels. Il fallait une délégation qui puisse prendre en compte 22 ans sans visite d'Etat en Turquie d'un président de la République française. Je rappelle que le Général de Gaulle était venu en 1968, puis François Mitterrand en 1992.”

“La Turquie est-elle dans l'Europe ?

Bien sûr que la Turquie est en Europe !

Mais un processus a été ouvert en 2004 sous Jacques Chirac. Dix ans après, des chapitres (de négociations, ndlr) ont été ouverts, d'autres ne l'ont pas été. Cette perspective doit demeurer, sans que l'on puisse encore en déterminer l'issue. Mais il est de la responsabilité de la France de tenir sa parole, c'est-à-dire de permettre que des chapitres s'ouvrent. Nous en avons débloqué un, et j'ai annoncé aux Turcs que nous étions prêts sur deux autres chapitres – l'un concernant la séparation des pouvoirs, l'autre sur l'indépendance de la justice. Les Turcs ont eux-mêmes souhaité que ces chapitres soient ouverts. Chacun sera devant ses responsabilités.”

François Hollande à Istanbul :  extraits du discours au Palais de France

Ma retranscription de la suite du discours : ( j'essaye de transcrire certaines parties du discours mot à mot, s'il y a de petites erreurs, veuillez m'en excuser...)

L’essor de la Turquie

« Il ya toujours des peurs chaque fois que l’on évoque la Turquie en France ; certains d’ailleurs sont assez habiles- le mot habile est peut-être exagéré- malins, pour utiliser ces peurs. Or, je crois que nous ne devons pas avoir peur de la Turquie. Nous devons au contraire lui tendre la main comme elle veut elle-même prendre une part du chemin que nous avons fait en Europe. Pourquoi ? Parce que, d’abord, je l’ai dit, la Turquie a fait des réformes, considérables ces dernières années, vous en avez été témoins, chers compatriotes qui vivez depuis longtemps ici, qui parfois avez la double nationalité ; ces réformes ne sont pas achevées, loin de là, mais la Turquie s’est transformée aussi sur le plan économique, et là, c’est impressionnant pour celles et ceux qui ne viennent en Turquie que pour les vacances, ou ceux qui ne voient la Turquie que de loin ou qui pensent encore que la Turquie, c’était encore un pays en voie de développement. Non, la Turquie, c’est la dix-septième puissance économique du monde, avec un rythme de croissance, qui, à un moment, a pu atteindre les neuf pour cent, et s’il y a un ralentissement, c’est encore quatre pour cent de croissance, observée, constatée, avec des échanges qui ont été multipliés par trois ces dernières années, notamment cette dernière décennie, avec une industrie qui est puissante, notamment dans l’automobile,  et aussi dans le textile, et puis les technologies qui sont devenues ici familières. Je ne parle pas des grands travaux d’infrastructures, des tunnels sous le Bosphore, des ponts, des trains ; alors, nous avons parlé de tout."

 

L’histoire commune

" Et pour parler d’économie, il fallait d’abord parler de politique. C’est ce que nous avons fait, aussi bien avec le Président de la République, Monsieur Gul, qu’avec le premier ministre, Monsieur Erdogan, ou nous avons évoqué bien sur l’histoire, celle qui nous unit,  et nous permet à chaque fois- et nous sommes dans un lieu qui en est le produit, et nous permet d’évoquer la rencontre au XVI siècle entre François Ier et Soliman le Magnifique ; histoire qui  nous unit, dans doute, celle de nos cultures, il y a quelques heures à Galatasaray, c’est  vrai que c’est impressionnant qu’il y ait encore cette université, autrefois lycée, qui maintenant a pris une dimension supplémentaire avec l’université, qu’avait d’ailleurs inauguré François Mitterrand il y a vingt deux ans, mais nous ne pouvons pas en rester là, nous devons regarder ce que politiquement, nous pouvons faire ensemble."

François Hollande à Istanbul :  extraits du discours au Palais de France

Les objectifs communs

"Et, là-dessus, il y a des convergences qui existent sur le plan international. Nous sommes préoccupés par la situation en Syrie mais j’ai reconnu aussi que la Turquie faisait un effort considérable pour accueillir des réfugiés, près de 700000 ; que nous devons la solidarité à l’égard des Turcs qui eux-mêmes en font la démonstration à l’égard des Syriens. Et aujourd’hui, nous avons cette conférence de Genève 2 qui s’enlise, et avec le risque d’une guerre qui peut encore produire son lot de massacres,  d’exactions, sans que les armes chimiques ne soient utilisées puisqu’elles vont être détruites ; il a fallu la pression et la menace pour en arriver là mais il y a d’autres armes qui tuent et qui tuent toujours les mêmes, c'est-à-dire les civils. Et puis, il y a ces risques aussi d’extrémisme, que nous connaissons bien, qui font qu’il peut y avoir aussi des filières djihadistes qui s’organisent et qui peuvent passer par la Turquie. Vous avez vu ces deux jeunes adolescents qui venaient de (...), enfin qu’on a récupérés,  j’en remercie les autorités turques, et qu’on a ramenés, et ça en dit long aussi, sur l’entreprise de manipulation des esprits qui peut conduire des jeunes qui n’ont rien à faire, en Syrie,  Donc, nous avons sur ces points-là des objectifs communs avec nos amis turcs, et sur ce point-là, nous avons avancé aujourd’hui au cours de cette visite d’état."

François Hollande à Istanbul :  extraits du discours au Palais de France

Les relations économiques

"Et après, il y a les relations économiques, qui supposent que l’on soit là aussi clair ; nous devons faire des partenariats, pas simplement avancer nos marchandises. J’ai été moi-même surpris, enfin, j’étais quand même informé, que notre part de marché qui, il y a dix ans en Turquie, était de six pour cent, était tombée, pour les raisons que l’on sait, et qui ne sont pas économiques, était tombée à trois pour cent ; donc, il y a une relance à opérer, c’était très important qu’il y ait ces chefs d’entreprise français qui m’ont accompagné ; nous avons eu des rencontres avec des chefs d’entreprise turcs, et ce forum économique ce matin, qui, je crois, est prometteur, dans des domaines très importants, d’ailleurs, de l’énergie, même nucléaire, puisque le contrat a été signé pour une construction de centrale, mais aussi d’autres sources d’énergie, le gaz, et puis les énergies renouvelables, c’est un domaine essentiel, et nous pouvons partager la technologie, dans le domaine des transports, enfin, je ne vais pas vous faire la liste, des lignes TGV que nous voulons ouvrir avec nos amis turcs ; il y a le domaine de l’agro-alimentaire, où nous devons lever un certaine nombre de barrières ou d’obstacles, et puis, il y a aussi tout ce qui a trait aux nouvelles technologies, que nous devrons mettre en œuvre, et c’est le cas aujourd’hui où nous avons signé un contrat pour les satellites. Voilà, et vous y contribuez, à ces succès possibles. En tout cas, vous représentez, pour certains d’entre vous, nombreux, il y a ici des techniciens, des employés, des cadres d’entreprise, qui se dévouent pour que justement, en restant dans ce nouveau contexte politique, dans ce nouveau climat qui a été ouvert par cette visite d’état, nous puissions, vous puissiez, faire valoir toute la technologie et l’excellence françaises. Et elle serait bien moins possible s’il n’y avait pas aussi des services qui doivent être apportés à la communauté française.

Vous êtes huit mille ressortissants français en Turquie, beaucoup à Istanbul, et je sais que cette communauté, -et l’ambassadeur me l’a rappelé et la consule aussi, et la consule honoraire- ne cesse de grandir, c’est très important ; on peut dire : pourquoi faut-il qu’il y ait tant de français qui vivent à l’extérieur du pays ? Ces Français de l’étranger, vous, vous contribuez au développement de la France, à l’idée de la France, aux produits français, dans tous les domaines, et je sais que vous représentez de nombreux secteurs, mais il faut aussi des services et notamment des établissements scolaires."

Les établissements scolaires

"Chaque fois que je dis « établissements scolaires », il y a toujours une voix qui dit « ah ! », soit un enseignant, soit un parent d’élève, ou les deux à la fois, parce que c'est vrai que vous avez de très beaux établissements,  le lycée Pierre Loti;  je salue aussi ceux qu’on appelle « les Saints », ces établissements de congrégations qui font valoir l’enseignement en français, mais c’est une chance que d’avoir ces établissements de très grande qualité et je salue donc le personnel enseignant, tous les personnels qui s’y dévouent et qui sont exceptionnels, et j‘ai rencontré aussi les enseignants de Galatasaray, qui font un travail remarquable ; et les parents, compte tenu des frais de scolarité que ça représente ; d’où la question des bourses qui est reposée, avec de nouveaux calculs pour faire en sorte que nous puissions offrir à tous ceux qui, français, veulent mettre leurs enfants dans les écoles françaises dans de meilleures conditions, qualité et également, frais ; mais nous avons aussi le devoir d’accueillir des enfants de familles turques ou de familles d’autres nationalités, c’est ce qui va permettre la promotion aussi de la France. Avec cette ambition qui est la nôtre de la francophonie, qui n’est pas simplement une espèce de nostalgie – la langue française doit être parlée-, non, la langue française va être de plus en plus parlée, doit être de plus en plus parlée, parce que c’est un principe aussi de diversité culturelle, et parce que c’est un instrument, également de liberté, d’affirmation de valeurs, ça porte la culture ; ce qui me permet aussi de saluer les Instituts qui permettent de travailler ici, à Istanbul, pour justement la promotion de nos créations, de nos spectacles. Je veux également regarder ce qui se fait ici pour l’archéologie, qui est une grande tradition française, ici, à Istanbul, et plus largement en Orient."

Personnellement, j'ai tenu à remercier François Hollande pour son discours.

Personnellement, j'ai tenu à remercier François Hollande pour son discours.

Extrait de la fin du discours 

« Voilà ce que j’étais venu vous dire, je pense que cette visite est importante, et devra être suivie d’autres, je pense à des visites ministérielles qui vont se succéder, à des visites de délégations d’entreprises, nous devons multiplier les échanges, j’ai également adressé un message aux entrepreneurs turcs, j’ai dit, c’est bien qu'on vienne investir, on va le faire davantage, il y a déjà 450 entreprises françaises ici, donc, il peut y en avoir d’autres, mais ce serait bien que vous veniez, vous aussi, investir en France, parce que vous êtes des grands de l’économie et vous avez vocation à être sur des grands marchés, et notamment les nôtres, y compris par rapport à votre aspiration à venir en Europe. Eh bien, venez investir en France ; je pense que ce message a été entendu. »

Photo réalisée par Nathalie Ritzmann. Au centre, Monsieur Billi, Ambassadeur de France en Turquie.

Photo réalisée par Nathalie Ritzmann. Au centre, Monsieur Billi, Ambassadeur de France en Turquie.

François Hollande a mis du baume au cœur à tous les Français qui comme moi, ont consacré, depuis des décennies, une partie de leur énergie à faire rayonner la culture française en Turquie mais aussi à faire connaître la Turquie en France...

Merci à Nathalie Ritzmann pour toutes les photos...

Merci à Nathalie Ritzmann pour toutes les photos...

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle François Hollande en Turquie
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 00:03

Les Iles des Princes doivent leur nom au fait que, chez les Byzantins, elles servaient de terre d’exil aux princes tombés en disgrâce. Mais chez les Ottomans, qui les désignaient par l’appellation des « Iles rouges », à cause de la couleur de leur terre, elles n’abritèrent plus que des hameaux de pêcheurs et des monastères. A partir du Tanzimat, en 1839, qui accorde aux étrangers le droit d’acquérir des propriétés, on les surnomme les « Iles françaises », car ce sont les Français qui, les premiers, les choisissent comme lieu de villégiature. 

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Et à partir de 1846, lorsqu’un bateau à vapeur les relie à Kadikoy, le destin de cinq de ces neuf îles disposées en anneau au large d’Istanbul va définitivement changer.

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver
Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

La seconde partie du XIXe siècle voit alors fleurir de fabuleuses demeures  en bois à colonnades, de style néobaroque, néoclassique ou d’inspiration anglaise. Des architectes grecs, arméniens et italiens (car ce sont essentiellement les minoritaires qui fréquentent les îles)  rivalisent pour édifier ces somptueux manoirs à deux ou trois étages, souvent dotés de façade à encorbellement décorées de dentelle de bois, au milieu de jardins  entourés de grilles  en fer forgé ouvragé

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Plus tard, au XXe siècle, apparaîtront de grands chalets inspirés de l’Art Nouveau mais le style des ouvrages est assez éclectique et reflète plus souvent la créativité des architectes. Notons que Buyukada comporte un bâtiment spectaculaire, celui de l’orphelinat grec, crée par l’architecte levantin Alexandre Vallaury à la fin du XIXe, et qui est considéré comme la deuxième plus grande construction en bois du monde.

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver
Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver
Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Durant de longues années, bien que les îles aient toujours eu leurs inconditionnels, certaines demeures ont été laissées à l’abandon. Cependant, de nombreux Stambouliotes aisés ont peu à peu racheté ces manoirs fantômes, témoins des fastes d’un autre siècle, si bien que la côte de ces merveilles a grimpé jusqu’à atteindre des millions de dollars.

Ayant eu récemment l’occasion d’en visiter une, je n’ai pu qu’y admirer le mélange subtil du nouveau et de l’ancien : habillage de bois neuf pour la façade, confort moderne à l’intérieur, carrelage copie conforme de l’original, rampes d’escalier, mobilier et lustres d’époque…

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver
Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Si vous aimez rêver et vous croire soudain transporté cent cinquante ans auparavant, rien de tel qu’une promenade dans les îles en hiver.

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Sur les coussins d’un phaéton qui vous conduit au trot dans des allées au charme suranné, vous pourrez accomplir un romantique voyage dans le temps.

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver
Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Lien vers le site des Editions franco-turques GiTa

http://gitakitap.com/

Lien vers les Editions franco-turques GiTa sur Facebook

https://www.facebook.com/gita.yayinlari?fref=ts

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Un roman sur l'Istanbul de jadis :

Le Jardin fermé, de Marc hélys

Istanbul : la magie des Iles des Princes en hiver

Un autre beau roman sur l'Istanbul de jadis

L'Homme qui assassina, de Claude Farrère

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle îles des princes Claude Farrère Arméniens
19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 16:52

Il y a des dates que l’on n’oublie jamais.

Des dates neutres qui se chargent soudain d’un sens tragique et qui ne seront plus jamais neutres, plus jamais comme avant…

Pour de nombreux Stambouliotes, le 19 janvier « saute aux yeux » sur les pages du calendrier ; car ce fut le jour funeste de l’assassinat de Hrant Dink.

 

Aujourd’hui, 19 janvier 2014, comme chaque année depuis le 19 janvier 2007, des milliers de personnes ont marché pacifiquement, de Taksim jusqu’aux bureaux du journal, Agos pour honorer la mémoire de Hrant Dink, brandissant des pancartes marquées «  Pour Hrant Dink, pour la justice » et scandant le désormais célèbre slogan, « Nous sommes tous Hrant Dink, nous sommes tous Arméniens ». 

Istanbul, 19 janvier 2014 : Commémoration de la mort de Hrant Dink

Des manifestants ont officieusement débaptisé une rue de Pangalti, pour l’appeler « Rue Hrant Dink ». 

La plaque de rue déposée aujourd’hui.

La plaque de rue déposée aujourd’hui.

Recueillement et bougies rouges devant les bureaux du journal Agos

Istanbul, 19 janvier 2014 : Commémoration de la mort de Hrant Dink
Istanbul, 19 janvier 2014 : Commémoration de la mort de Hrant Dink

Paix à l'âme de Hrant Dink…

Une inscription sur le sol...

Une inscription sur le sol...

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Hrant Dink L'Istanbul de Gisèle Arméniens
17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 21:52

(RE)

Le 17 décembre, pour célébrer l’anniversaire de la mort de Mevlânâ (Rumi), ont lieu dans de nombreux endroits de Turquie, les cérémonies nocturnes de Şeb-i Aruz, soit, la “nuit de noces”, appelée ainsi par les croyants puisqu’il s’agit de la date où Mevlânâ a rejoint Dieu.

mevlana.jpg

L’occasion m’a été fournie l'an dernier d’assister à cette envoûtante célébration non pas dans une salle où les “derviches tourneurs” se produisent en “spectacle” mais dans un lieu où d’authentiques “semazen” (ceux qui pratiquent la danse giratoire  appelée “sema”) célébraient de tout leur cœur la mémoire du célèbre philosophe qui, au XIIIe siècle, créa leur confrérie.

 

SAM_2865.JPG

 

Précisons que les “semazen” dont je parle sont éloignés de tout fanatisme religieux, ont la particularité de vénérer la République fondée par Atatürk, dont ils prient pour le repos de l’âme et considèrent les femmes comme leurs égales, ce qu’ils prouvent en les acceptant dans la cérémonie du “sema”, ce qui n’est pas le cas de tous les derviches tourneurs. Ils se nomment eux-mêmes les « amoureux universels de Mevlânâ », dont ils propagent le message de paix, fraternité, tolérance et amour.

 

SAM_2846.JPG

 

Pour tenter de faire comprendre leur passion, je me contenterai de citer une anecdote que m’a racontée un « semazen » avec lequel j’ai eu la chance de parler :

 

SAM_2840.JPG

Un homme, arrivant près du couvent de la confrérie, remarque des tombes sur lesquelles figurent des dates de mort telles que : « 3 ans », « 7 ans », « douze ans »…

 

SAM_2838.JPG

 

Intrigué, il demande aux membres de la confrérie pourquoi leur cimetière renferme tant de tombes d’enfants. Y-a-t-il eu une catastrophe ? Une épidémie ?

-Non, répond un derviche. C’est que la date réelle de la naissance d’une personne ne signifie rien pour nous. Pour nous, la vraie date de naissance, c’est celle où la personne a « rencontré » Mevlânâ.  C’est pour cela que nous indiquons la durée de vie en nombre d’années passées à pratiquer le « sema »… 

 

 SAM_2835.JPG

Que cette « nuit de noces » soit l’occasion de délivrer un message de paix, de tolérance et de fraternité pour toute notre planète en souffrance…

Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Mevlana Histoire de la Turquie
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 20:20

Une polémique secoue la Turquie depuis quelques jours et suscite la colère non seulement des féministes mais aussi de nombreuses personnes, en particulier, les femmes :

Suite à la remarque choquée, sur Twitter, d’un homme politique influent commentant le trop profond décolleté d'une présentatrice, Gözde Kansu, sur une importante chaîne de télévision turque, la jeune femme a été renvoyée.

La tenue ayant causé le renvoi de la présentatrice

La tenue ayant causé le renvoi de la présentatrice

Et même si les dirigeants de la chaîne disent qu’elle a été limogée suite à des « divergences de vue » sur le concept de son émission, beaucoup ont vu dans cet acte une grave atteinte à la liberté et aux droits de la femme, juste au moment où le foulard vient d’être autorisé pour toutes les femmes fonctionnaires, y compris les professeures.

La facétieuse journaliste d’Hürriyet, Ayşe Arman, s’est empressée d’aller interviewer Gözde Kansu et de revêtir à sa place la tenue « coupable », pour alimenter la polémique…

Ayşe Arman et Gözde Kansu

Ayşe Arman et Gözde Kansu

Turquie : « Cachez ce sein que je ne saurais voir…»

L’an passé, déjà, le décolleté trop généreux de la belle Meryem Üzerli dans le rôle de la sultane Hürrem, avait suscité de nombreuses controverses.

Après le débat sur le short (correct ou pas correct dans la rue…), sur le ventre des femmes enceintes ( à exhiber ou pas..), voilà un nouveau sujet opposant les « traditionnalistes » aux « modernes », qui remarquent que le concept de « liberté de vêtement » à l’origine de la libéralisation du voile risque de ne s’appliquer que dans un sens.

Turquie : « Cachez ce sein que je ne saurais voir…»
Turquie : « Cachez ce sein que je ne saurais voir…»
Turquie : « Cachez ce sein que je ne saurais voir…»
Repost 0
Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle

Présentation

  • : Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • Gisèle Durero-Koseoglu, écrivaine d’Istanbul
  • : Bienvenue sur le blog de Gisèle, écrivaine vivant à Istanbul. Complément du site www.giseleistanbul.com, ce blog est destiné à faire partager, par des articles, reportages, extraits de romans ou autres types de textes, mon amour de la ville d’Istanbul, de la Turquie ou d'ailleurs...
  • Contact

Gisèle Durero-Koseoglu Blog 1

  • Gisèle Durero-Koseoglu Blog 2
  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu). Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...

Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

Recherche

Pages + Türkçe Sayfaları