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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 17:45

Votre périple commence avec la Tour de Léandre, tour des légendes, pourrait-on dire...

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Le port de Karaköy : c’est là qu’accostent les paquebots, là aussi que vous pourrez rêver devant les nefs en partance vers Odessa. 

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Le charmant village d’Arnavutköy (Europe) ou « village des Albanais »...

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Le lycée militaire de Vaniköy, fondé au XIXe siècle.

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Mais vous retraversez alors pour repasser sur la rive européenne et contempler  la forteresse de Rumeli Hisari.  

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Vous approchez du Pont de Mehmet le Conquérant et découvrez le « yali hanté », rouge brique, de Rumeli Hisari.  

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 Et le yali du Pacha Zeki, un des plus fameux du Bosphore...   

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Puis, vous repartez sur la côte asiatique, ce qui vous permettra de passer devant le yali blanc du marquis français Necip.  

 

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Voilà le petit palais de Göksu, en style rococo...

 

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  Vous vous arrêtez alors pour boire un thé dans le romanesque village d’Anadolu Hisari, aux Eaux-Douces d’Asie.  

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  Vos réembarquez pour l’Europe,  passez Yeniköy et ses luxueux yalis.  

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  A Tarabya, vous découvrez un des yalis de la résidence d'été des ambassadeurs de France ( le grand yali a brûlé en 1913).

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Et vous voilà à Büyükdere... 

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 Après, les somptueuses demeures laissent peu à peu la place à de typiques ports de pêche, comme celui de Sariyer… 

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Avec ses yalis délabrés...

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  Vous vous retournez et comprenez que vous êtes maintenant très loin d'Istanbul...

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Un chalutier vous dépasse...

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Apparaît le hameau de pêcheurs d'Anadolu Kavak, surmonté par la forteresse de Yoros...

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 Les pêcheurs tirent leurs filets…

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  La sauvage beauté des rives vous envoûte.

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 Les chalutiers se multiplient...

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La mer Noire est devant vous…

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Un roman dont une partie se passe dans un yali du Bosphore :

L'Homme qui assassina, de Claude Farrrère (vient de paraître en Turquie, disponible sur Amazon.fr, fin avril ).

 

Gisèle Durero- Koseoglu présente un roman turc de Claude Farrère, L'Homme qui assassina (roman et analyse)

 

farrere kapak janvier 2013 - Copie

 

Les droits de ces textes de mon blog sont réservés. Si vous souhaitez les utiliser, je vous demande de bien vouloir citer mon nom ; en effet, ces derniers temps, plusieurs sites Internet se sont approprié certains de mes textes et de plus, les utilisent en précisant qu’ils sont soumis à copyright comme s’ils en étaient les auteurs !

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Bosphore yalis Tarabya Claude Farrère
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 19:07

Depuis deux ou trois ans, les créateurs turcs de linge de maison,  rivalisant de créativité, ont donné naissance à une nouvelle mode : les draps de lit aux motifs d’Istanbul.

Tour de Léandre, pont du Bosphore,  tour de Galata, tramway de Beyoglu, timbre-poste du Levant, ferrys, les « classiques » de la cité fleurissent désormais sur le linge.

Il ne vous reste plus qu’à faire votre choix ! Histoire de vous sentir déjà un peu en vacances !

 

altincicadde.com  Site altincicadde.comaltincicadde.com2.jpgSite altincicadde.com

 

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 Site antalyahomecenter.com

 

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 Site binbirdekor.com

 

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Site bohçacim.com

 

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Site dortmevsimnevresim.com

 

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Site grupmanya.com

 

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Site grupmanya.com

 

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Karaca, site modaseli.net

 

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Majoli,  site sepet.com.tr

 

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Site nevresimsepeti.com

 

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Site nevresimsepeti.com

 

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Site onlineevim.com

 

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Site sultanstekstil.com

 

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Site yumurcakdunyası.com 

 

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Site yumurcakdunyası.com

 

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Site tekstilev.com

 

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Site bohemhouse.com

 

Je finirai par un extrait de poésie du grand Orhan Veli :

 

J’écoute Istanbul, mes yeux sont fermés
D’abord souffle un vent léger ;
Il ballotte peu à peu
Les feuilles dans les arbres ;
Au bout du monde, bigrement au bout du monde
Les clochettes des porteurs d’eau ne s’arrêtent jamais ;
J’écoute Istanbul les yeux fermés.

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 23:00

Une sortie dans le Bosphore avec l’équipe de THALASSA, qui m’a fait l’honneur de m’inviter pour l’émission du vendredi 29 mars 2013, sur FR3 (rediffusion en avril sur TV5 Monde), consacrée à Istanbul, m’a donné l’occasion de parler des YALİS, ces demeures de rêve qui ont inspiré des générations d’écrivains.

 

Cet article est aujourd'hui en ligne dans Le Petit Journal d'Istanbul link

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Le départ en bateau avec la sympathique équipe de THALASSA ( à gauche, les cameramans, au centre, Laurent Bignolas, puis Lise Blanchet, moi-même et Senel Bastion). 

 

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J’avais déjà consacré un article aux yalis : Au fil des vagues du Bosphore, les yalis : http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/article-au-fil-des-vagues-du-bosphore-les-yali-81010963.html

  

"Yali" signifie “les pieds dans l’eau”. Le mot désigna donc ces merveilleux manoirs de bois construits sur les rives du Bosphore à partir du XVIIe siècle, où les riches Stambouliotes partaient en villégiature à la belle saison.    

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 Jadis, faute de route carrossable sur les rives, on ne pouvait y accéder qu’en caïque ou, à partir de 1851, en bateau à vapeur.

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Avec Laurent Bignolas

 Je vous présenterai ici ceux des yalis méritant l’épithète de « lieux de littérature », parce qu'ils ont un lien avec lalittérature française  :

  

Le fameux Yali des Ostrorog

  

 

Ce yali a en effet joué un grand rôle dans les œuvres de Pierre Loti et de Claude Farrère.   

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Le Yalı de Mehmet Emin Pacha  le Chypriote

 

 

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Le yali du Marquis Necip

 

  

 

 

 

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Anadolu Hisarı et les Eaux Douces d’Asie

 

Les Eaux Douces d’Asie étaient un des lieux de promenade des Stambouliotes. On dit que lorsque son navire était ancré à Tarabya, Pierre Loti venait se promener sur la rivière. Dans le roman de Claude Farrère l’Homme qui assassina, c’est là que le héros croise pour la première fois, en caïque, la femme qu’il va aimer.  

 

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 Si vous êtes féru de Voyages en Orient, et en particulier des récits consacrés à Istanbul, ce lieu, vous le connaissez déjà. C’est là que, durant tout le XIXe siècle  et au début du XXe, les belles dames venaient effectuer des tours en caïque pour se faire admirer par les messieurs et les observer en catimini. On dit même que la liberté des Eaux-Douces permettait à ces coquines de petites ruses : faire semblant que le voile de mousseline dissimulant le bas de leur visage s’était décroché et ainsi, permettre à celui qu’elles avaient remarqué dans son embarcation de détailler leurs traits !

 

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Un roman à suspense dont de nombreux passages se passent dans un "yali"

 

Si vous souhaitez vous plonger dans l’ambiance romanesque et un peu surannée des « yalis » de légende, pourquoi ne pas lire le beau roman de Claude Farrère, L’Homme qui assassina ? La réédition, effectuée par mon fils aîné, Aksel Köseoglu, qui a patiemment mis le texte sur ordinateur et par moi-même, qui en ai rédigé une analyse littéraire, a demandé plus d'un an de travail ; le livre va paraître entre le 20 et le 30 mars, en français et en turc,  aux Editions franco-turques GiTa d’Istanbul, sous le titre :  Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère, L’Homme qui assassina (roman et analyse).

 

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 Présentation du roman :

 

L’Homme qui assassina, chef-d’œuvre "turc" de Claude Farrère, publié en 1907, est un roman de l’ombre et de l’errance.

Monde baroque et mystérieux, qui ensorcelle sur-le-champ Renaud de Sévigné et va définitivement bouleverser sa vie. Jusqu’où cet attaché militaire près l’Ambassade de France en Turquie va-t-il s’égarer, en compagnie de l’envoûtante Lady Falkland, dans la magie du vieux Stamboul ?

Le livre, entremêlant histoire d’amour, roman d’espionnage, intrigue policière et récit exotique, met en scène un univers romanesque inquiétant, évoqué avec passion par Claude Farrère, celui de la ville d’Istanbul dans les derniers fastes de l’Empire ottoman …

 

Conférence de Gisèle Durero-Köseoglu
 

Jeudi 21 mars, 18h, Association culturelle Turquie-France, IFEA, Nur-i Ziya Sokak, 10, Beyoğlu : « Ecrire sur Istanbul. Le sujet de mes livres. La ville chez les écrivains français. De quelle façon mes livres peuvent-ils se rattacher à une tradition littéraire d’écrits sur Istanbul ? » gisele carte

 

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Thalassa Bosphore yalis Tarabya
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 14:49

Le célèbre romancier turc Orhan Pamuk s’est une fois de plus identifié à Gustave Flaubert en faisant cette très savoureuse déclaration au journal italien La Repubblica :

 

«  J’étais  l’idiot de la famille mais après, j’ai gagné le Nobel »

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Se référant à la fameuse biographie écrite par Jean-Paul Sartre sur Gustave Flaubert et intitulée L’Idiot de la famille, Orhan Pamuk a comparé sa situation familiale d’antan à celle de Flaubert ; en effet,  le frère aîné de Flaubert était un médecin connu alors que Gustave était un jeune homme maladif, pas très enclin à se faire une situation sociale. Orhan Pamuk a donc expliqué que dans une famille classique turque, on attend toujours que le fils aîné prenne des responsabilités, fasse de brillantes études et  accède à une carrière socialement reconnue, par exemple celle d’ingénieur. Mais on n’en demande pas tant au fils cadet.

 

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 Orhan Pamuk à Paris, en octobre 2012, recevant la Légion d'Honneur des mains de la Ministre de la Culture

 

«  Quand on allait quelque part, pendant que mon frère aîné cherchait le chemin, moi, je musardais, je faisais les vitrines, je rêvais. Il y a des désavantages à être le cadet mais aussi des avantages. Le second mûrit plus tard. »

 

« L’imagination vous fait agir mais elle ne vous aide pas à devenir une personne sociale. Parfois, on apprend certaines choses à six ans mais moi, j’ai soixante ans et je suis comme je suis. Mon  frère aîné est un être social et moi, je suis resté asocial. »

 

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 Orhan Pamuk dans son Musée de l'Innocence, à Istanbul, photo du journal Radikal

 

A la question lui demandant ce qu’il est en train de faire, Orhan Pamuk a répondu :

« Je suis en plein milieu d’un nouveau roman. … Le Prix Nobel n’a pas émoussé ma volonté d’écrire, au contraire, je continue à travailler assidûment. S’il me reste moins de temps à vivre,  il me reste néanmoins beaucoup de choses à écrire ».

 

Espérons que la fulgurante phrase d’Orhan Pamuk redonne espoir à tous ceux (et celles) que leur entourage considère comme l’idiot de la famille !

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle Littérature pour le lycée Orhan Pamuk Littérature
10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 23:00

Et je commence par un sujet qui me tenait à cœur :  

 

La plaque de la Rue Lamartine est de retour !

 

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 (Voir mon article du samedi 1 décembre 2012 : http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/article-istanbul-comment-nous-avons-tente-de-sauver-la-plaque-de-la-rue-lamartine-113030644.html )

Bon, peut-être pouvons-vous un peu nous enorgueillir un peu, Tadji et moi, d’avoir joué un petit rôle dans sa réapparition ( ce n’est pas l’ancienne, elle est neuve...) ? Je l'ignore. Ah ! Mon cher, très cher Alphonse ! Que je suis heureuse de te voir réhabilité !

 

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  La place de Taksim creusée comme une citrouille

 

On creuse, on creuse, il semble qu’il y ait plein de vestiges intéressants sous ces mètres de terre !

 

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La plaque commémorant l’endroit où Atatürk venait boire du boza

 

 Il s’agit du célèbre Vefa Bozacisi, soit le fabricant de Boza du quartier de Vefa. Le boza est une des plus anciennes boissons traditionnelles turques, une sorte de bière sans alcool (0.6 d’alcool), faite avec de la farine de blé ou de millet cuite avec de l’eau et du sucre et fermentée.

 

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La recette du Boza donné sur le site de Vefa Bozacısı :

3 verres de bulgur fin ou semoule de blé, 2 tasses à café de riz, 3 verres de sucre en poudre, 1 verre de boza ancien ou un cube de levure à pain.

Faire tremper le blé une nuit. Le lendemain, le faire cuire dans de l’eau avec le riz jusqu’à ce que le tout forme une bouillie. Passer au mixeur puis au tamis. Mettre sur le feu et bien mélanger avec le sucre. Laisser refroidir en mélangeant de temps en temps. Ajouter de l’eau pour obtenir la consistance permettant de le boire mais il doit rester épais. Ajouter ensuite l’ancien boza ou la levure qui servira de ferment. Recouvrir et laisser fermenter 2 ou 3 jours entre 20 et 25 degrés. On voit qu’il est prêt quand il commence à faire des bulles. Mettre au froid et servir glacé.

 

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La « Mosquée église » du quartier de Vefa

 

On dit que chez les Byzantins, ce bâtiment était celui de l’église Saint-Théodore. Quoi qu’il en soit, elle fait partie de ces églises converties en mosquées au XVe siècle avec peu de changements. On devine, encore, 600 ans après, les fresques des apôtres sous le badigeon.

 

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La cellule d’isolement de la Mosquée d’Ebul Vefa

 

En turc, cela se nomme “Çilehane”, c’est à dire l’endroit où l’on va pour souffrir. Je n‘en avais jamais vu et j’avoue que ma rationalité fut un peu ébranlée par cette cellule où les gens se retiraient jadis du monde pendant 40 jours, voire plus, pour se consacrer à la prière. Notons que lorsque je l’ai photographiée, il y avait quelqu’un dedans (pas pour 40 jours…)...

 

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Une ruine byzantine servant de dépotoir

 

C’est dans le quartier de Fener. Il ya tellement de sites historiques dans cette ville ayant connu une multitude de civilisations différentes, qu’ils en deviennent banals et peuvent même servir de décharge publique !

 

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Des figurines turques à foison près de la Mosquée de Soliman

 

 Il y en a pour tous les goûts : sultane ou paysanne d’Anatolie ?

 

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Le tombeau du grand architecte Sinan

 

Autrefois à demi effondré, il a été restauré. Le photographier de près nécessite quelques acrobaties !

 

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Le projet d'uniforme des hôtesses de THY

 

Il suscite polémiques et moqueries. On lui reproche de ne pas être pratique, de donner une image obsolète de la femme turque, une vision rétrograde de la Turquie et enfin, de ressembler à des déguisements, en particulier aux costumes utilisés dans la fameuse série Soliman le Magnifique. Il rique de donner raison aux touristes qui imaginent encore les Turcs avec un kaftan et un fez. 

 

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Uniforme actuel

 

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Uniforme envisagé (Photos copiées dans les journaux Internet)

 

Et pour finir, une des plus anciennes maisons d’oiseaux de la ville ; certes, elle est en piteux état mais l’important est que les oiseaux viennent toujours y nicher !

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 23:00

  Elles faisaient rêver les voyageurs européens, qui, prisonniers de leurs fantasmes orientalistes, faisaient souvent rimer « narguilé » avec « volupté »…

   Qui étaient-elles ?

   Les fumeuses de narguilé !  

 

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   Car la fameuse pipe à eau, fleuron des cafés d’Istanbul, fut bien vite adoptée par les dames des harems.

 

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  Quelle est l’origine du mot « narguilé » ? Le  vocable persan « nargil »,  désignant la noix de coco qui, jadis, servait à confectionner le réservoir de la pipe.

 

 

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Précisons qu’en dépit des nombreuses mais éphémères interdictions des padischahs, les Ottomans ne se sont pas privés de tirer sur le « tchibouk », allant même jusqu’à définir « les quatre piliers du narguilé » :

la pince pour saisir les tisons

le bois de pin nécessaire à de bonnes braises

le coin pour s’asseoir confortablement

... et Ayche, pour servir le thé ou le café !

 

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Dames au narguilé, vous avez longtemps provoqué l’ébahissement des étrangers.

 

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 Gautier n’écrit-il pas : « Je ne vois pas ce que la duchesse la plus aristocratiquement dédaigneuse pourrait objecter à ce passe-temps qui procure aux sultanes de longues heures de kief et d’heureux oublis au bord des fontaines de marbre, sous le treillage des kiosques.»

 

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Voir l'article "Fumeries" dans Mes Istamboulines.

 

              Lien vers mes livres sur Amazon.fr link

              Ataturquie.fr link

              En Turquie, Editions GiTa  link

              Lien vers le site Gisèle, Ecrivain français d’Istanbul link


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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 23:00

          Cet article est en ligne sur le Petit Journal d'Istanbul link

 

          En voyant le beau sourire et le caractère affable de celle que, pour des raisons de discrétion, je nommerai A…, nul ne pourrait imaginer les mésaventures qu’elle vient de vivre. Et pourtant… Originaire de Nîmes, A… est une Française mariée à un Syrien. Elle vivait confortablement en Syrie, à Alep, où elle exerçait le métier de professeur au Lycée français, jusqu’à ce que la guerre civile ne la contraigne à quitter précipitamment son pays d’adoption. Installée depuis un an à Istanbul, où son époux a ouvert, au Marché Egyptien, le magasin d’artisanat oriental « La Maison d’Alep », elle s’accoutume peu à peu à sa nouvelle vie. Son expérience hors du commun a suscité mon envie de lui poser quelques questions, auxquelles elle a gentiment répondu.

 

Un premier départ avec le sourire : de Nîmes à Alep

            Archéologue sur des chantiers de fouille en Syrie, A… rencontre celui qui allait devenir son époux, propriétaire d’une boutique dans le Bazar, en 2003, lors d’un voyage à Alep. Mais si l’amour se moque des frontières, à cette époque, il n’est pas possible pour un Syrien de fréquenter une étrangère. Où donc les amoureux se donnent-ils rendez vous ? A Istanbul, où ils peuvent vivre leur amour au grand jour. En 2005, alors qu’elle travaille sa thèse, A… décide de franchir le grand pas : partir s’installer à Alep. Elle se marie d’ailleurs le jour même de son arrivée, pour avoir le droit d’habiter avec celui qu’elle aime.

 

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  Un endroit qu’A… aimait particulièrement, la citadelle d’Alep : chaque année durant trois semaines, la colline s’habille de vert avant de devenir toute jaune et desséchée par le soleil…(photo A...) 

  Une vie dorée à Alep

            Très vite, A… s’adapte à sa nouvelle existence. Sa connaissance de la langue arabe, qu’elle a commencé à apprendre à l’Institut culturel syrien, lui permet de s’intégrer assez facilement. En outre, elle fréquente de nombreux francophones, le français étant une langue privilégiée, en Syrie, dans les classes cultivées. Elle découvre aussi avec intérêt la formidable mosaïque culturelle d’Alep, une des plus anciennes cités habitées du monde, où les Musulmans coexistent, depuis des siècles, avec onze communautés chrétiennes différentes, en particulier Arménienne et Syriaque. A… mène une vie d’autant plus agréable à Alep que ses conditions matérielles y sont favorables. Elle habite alors un bel appartement dans un quartier résidentiel, est aidée dans sa maison, mène le mode de vie aisé de la bourgeoisie syrienne. Son existence est heureuse, même si les différences culturelles ne sont pas toujours faciles à assumer, en particulier en ce qui concerne la condition des femmes. Mais son statut d’étrangère préserve sa liberté, elle n’a jamais porté de foulard et, en dépit de l’étonnement d’une partie de son entourage familial, considérant qu’une femme ne doit pas travailler, elle continue à exercer son métier d’archéologue jusqu’à la naissance de son premier fils en 2008,  où elle devient professeur d’Histoire- géographie au Lycée français d’Alep.

   

P1010116.jpg  Une vieille maison d’Alep transformée en Musée (photo A...)

  Un second départ dans les larmes : d’Alep à Istanbul

            A partir de mars 2011, les événements de Syrie vont peu à peu bouleverser sa vie. Même si, au début, la ville d’Alep est relativement épargnée, le tourisme périclite et le travail de son époux en est affecté. Le temps passant, toutes les villes du pays sont peu à peu gagnées par les manifestations et les affrontements. C’est alors que mûrit la décision qui va changer l’existence d’A… et de son  époux : partir s’installer à Istanbul.

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   Un village à coupoles aux environs d’Alep (photo A...) 

            C’est en décembre 2011 que le couple, avec ses deux enfants, quitte Alep la mort dans l’âme, dans une voiture à destination de Gaziantep.  Un voyage angoissant qu'A... préfère effacer de sa mémoire. Dans le coffre, seulement deux valises contenant des vêtements. A… abandonne son appartement, tous les meubles achetés en sept ans, tous les souvenirs personnels qu’elle avait apportés de France en Syrie et toute sa bibliothèque, en particulier les livres d’archéologie auxquels elle tenait tant. Le jour du départ, alors que son époux pense que leur départ est passager et qu’ils reviendront bientôt,  A… est en proie à un sombre pressentiment : dans son for intérieur, elle se doute qu’ils ne retourneront pas de sitôt.

  Repartir à zéro

            Voilà A… à Istanbul depuis un an. Elle ne se plaint pas ; elle sait qu’elle a relativement de la chance par rapport aux nombreuses personnes qui ont dû quitter la Syrie dans des conditions dramatiques : elle a trouvé du travail à Istanbul et son mari a recréé, dans le cadre du Marché égyptien, l’atmosphère de sa boutique d’Alep.  (Voir l'article d'Agnès Margaux du 10 octobre 2012 dans Le Petit Journal,  http://www.lepetitjournal.com/sortir/loisirs-istanbul/111528-la-maison-dalep-des-merveilles-sauvees-de-syrie-a-deux-pas-du-bazar-egyptien.html ).

 

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        Photographie du Petit Journal

          Elle essaye d’apprendre le turc, de se tourner vers l’avenir, de tourner la page, coûte que coûte : ne plus penser à sa vie d’autrefois et refaire son nid ailleurs. C’est plus facile pour elle, qui a déjà expérimenté, une première fois, les difficultés du départ pour un pays étranger, que pour son époux, qui languit de sa famille, de ses amis, du mode de vie, de la cuisine syrienne et souffre aussi d’être devenu un anonyme alors qu’il jouissait à Alp d’une reconnaissance sociale. Quant à son fils aîné, il regrette les grandes réunions chaleureuses du vendredi, où toute la famille s’assemblait pour la soirée, ce qui lui donnait l’occasion de jouer avec ses nombreux cousins.

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  La cueillette des olives à Alep (photo A...)

            A… a-t-elle la nostalgie d’Alep ? Depuis des mois, elle s’interdisait d’y penser. Mais inopinément, à l’occasion d’une invitation à un anniversaire, en se retrouvant dans une réunion de femmes de la bourgeoisie turque ressemblant étrangement à celles qu’elle avait connues à Alep, la nostalgie s’est abattue sur elle. Ce n’est pas tant la chute de son niveau de vie qui la chagrine, que de devoir refaire le chemin qu’elle avait déjà accompli et qui, cette fois, lui pèse davantage : se retrouver une nouvelle fois dans le rôle un peu infantilisé de celle qui ne maîtrise pas bien la langue, réapprendre tous les codes sociaux, s’adapter à une nouvelle culture, se repérer dans une ville immense. Mais d’une certaine façon, elle apprécie aussi cette ignorance qui la protège de l’extérieur et lui évite de comprendre les nouvelles d’Alep. Car celles qu’elle a reçues sont tristes : le magasin de son époux a brûlé, la vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est en partie détruite, son appartement est habité par une partie de la famille dont les habitations ont été endommagées, l’eau et l’électricité sont coupées, le prix d’une bonbonne de gaz a été multiplié par 25… 

saint-simeon-091.jpg          Photo A...

Cette nouvelle expérience a-t-elle modifié sa vision de la vie ? Elle  a appris à relativiser et à ne pas trop se laisser affecter par les petits problèmes du quotidien. La façon dont les gens, en France, se noient parfois dans un verre d’eau en dramatisant des faits minimes, lui semble bien superflue. Je lui demande si elle aimerait un jour retourner  à Alep. Elle me répond : « Je ne sais pas, j’ai peur du choc que ça va me faire de voir tout détruit »…

 

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Photo du site France24.com

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 22:46

Après le tragique incendie qui a réduit en cendres le bâtiment historique, construit il y a 143 ans, sous le règne d’Abdulaziz,  la colère monte et les questions fusent. Les élèves de GSÜ se sont assemblés cet après-midi pour exprimer leur solidarité et leur détermination de sauver leur université. 

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Photos copiées sur Facebook

 Toutes les organisations de Galatasariens ont fait une déclaration commune pour exprimer leur désir de voir l’édifice promptement reconstruit et ont lancé une campagne pour récolter des fonds auprès de tous les anciens ou sympathisants.

http://gscemiyet.org.tr/Haberler.aspx?Id=2233

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 Photo copiée sur Internet

Quant à la direction de l'université et aux professeurs, ils ont exprimé la même volonté de voir la partie brûlée restaurée au plus vite. Les professeurs ont d'ailleurs ajouté que les cours reprendraient après les vacances du semestre  et qu'ils feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour que les étudiants ne pâtissent pas de ces tristes événements.

 

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C’est pourquoi il est de la première urgence que tous les sympathisants de Galataray se mobilisent en masse pour assurer la continuation de l’Université !  

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 22:26

Un dramatique incendie a éclaté ce soir, 22 janvier, vers 19h30 à l’Université de Galatasaray.

 

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Le bâtiment historique a été détruit par les flammes.

 

Le cœur de tous les élèves, professeurs, sympathisants saigne !

 

(photos du journal Sabah et mynet)

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans L'Istanbul de Gisèle
19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 12:33

          Un chat qui vous a accompagné pendant presque 16 ans, c’est un compagnon dont la disparition vous traumatise. Y-a-t-il vraiment un lien de cause à effet entre la mort de mon  ami et l’horrible gastro-entérite qui s’est, tout à coup, emparée de moi le lendemain soir ? Je l’ignore.  Les esprits raisonnables diront que j’ai tout simplement attrapé un de ces virus qui sèment la terreur en hiver. Les partisans de l’occulte y verront peut-être autre chose : la révolte de mon cœur contre cette perte douloureuse. Cela voudrait-il dire que notre cerveau est capable de « fabriquer » de la fièvre ? La gastro-entérite peut-elle être psychosomatique ? Ah, j’attends la réponse des docteurs avisés … 

 

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Mon Pacha était une sorte de Moïse sauvé des eaux en août 1997. Ce jour-là, alors qu’il pleuvait à seaux, mon beau-frère vit arriver dans les ruissellements de l’inondation qui couraient devant sa boutique, un minuscule chaton tigré d’environ un mois et demi. Il le garda deux ou trois jours dans son magasin, jusqu’à ce que les enfants et moi, lui rendant visite, soyons conquis par cette petite boule de poils assez sauvage, il faut bien le dire. Tellement rebelle, même, que la première semaine dans notre appartement s’était assez mal passée, le chaton ne permettant pas qu’on le touche sans mordre ou griffer.  

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         Pourtant, au fil des semaines, le sauvageon s’est métamorphosé en Pacha, le gros matou de la maison (si imposant avec ses huit kilos, qu’adulte, il a souvent fait peur à certains visiteurs qui se demandaient s’il n’était pas un « chat sauvage »), indépendant mais tendre, dont le nom était le même que celui du héros du livre de lecture sur lequel mes fils avaient appris à lire. Un Pacha qui a déployé des trésors de patience et a su demeurer magnanime, sans jamais montrer ses griffes, lorsqu’un des enfants, armé d’une épée et d’un bouclier en plastique, se jetait sur lui dans le corridor en criant « à l’attaque » ou lorsqu’on lui mettait une couronne de galette des rois sur la tête. 

 

Pacha courroné

 

         C’est que Pacha avait vite compris une chose essentielle : les quatre membres de la maison l’adoraient ! Il n’est pas étonnant que, chez les anciens Egyptiens la maison et les enfants aient été placés sous la protection de la déesse chatte  Bastet ; car le chat est vraiment « l’esprit familier du lieu » ( selon Baudelaire). Mon Pacha n’avait jamais griffé personne, à l’exception d’un vétérinaire qui, lui ayant appuyé trop violemment sur le dos, avait découvert ce jour-là comment un brave Raminagrobis se transforme soudain en tigre.   

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        Ses bêtises célèbres : avoir volé le beefsteak sur la table de la cuisine en se cachant sous la nappe,  avoir réussi à croquer deux oiseaux sur la terrasse ; et surtout, monter sur ma commode à l’aube, pour en faire tomber une à une mes boucles d’oreille, histoire de me rendre folle et de me forcer à me lever, les matins où il trouvait que je traînais trop longtemps au lit et que sa pâtée était en retard.   

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          Il m’attendait toujours lorsque je rentrais du travail. J’ouvrais la porte et je savais que l’instant d’après, il serait là. Pendant des années, j’ai su le moment exact où mon époux ou un de mes fils venait d’entrer dans l’immeuble car Pacha se dirigeait soudain vers la porte d’entrée de notre appartement.

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          Mon Pacha était devenu célèbre : il a eu droit, en 2010, à un article dans NT Hayat, le journal de Nisantasi, comme « chat d’écrivain »…         

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         Désormais, il est au paradis des chats. Espérons que là-bas aussi, il vivra comme un pacha…

Bon, on raconte que les anciens Egyptiens se rasaient les sourcils et décrétaient un deuil de 70 jours à la mort de leur chat.

 

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          70 jours, est-ce le temps qu’il faut pour se déshabituer de tous les petits bruits qu’un chat provoque dans la maison, lors du parcours bien balisé le conduisant de ses emplacements favoris à ses cachettes dans les placards ?  

 

automne-2011 0026 

Voir l’article Pacha Premier de Nisantasi, http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/article-une-vie-de-chat-57969664.html 

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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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