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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 16:12

 Si la ville de Gaziantep recèle de nombreuses merveilles, la plus extraordinaire est sans aucun doute le nouveau Musée de Zeugma, inauguré le 9 septembre 2001, qui renferme les mosaïques venues de l’antique cité engloutie désormais sous les eaux du barrage de Birecik.

GDA-606.jpgLa roue de la fortune, symbole de la ville de Zeugma, placée sous la protection de la déesse Tychée

Rappelons que la ville de Zeugma, fondée vers -300 par Seleucos I, général d’Alexandre, était constituée à l’origine de deux cités situées chacune sur les rives opposées de l’Euphrate et reliées par l'unique pont traversant le fleuve, Séleucie-Zeugma et Apamée (Le nom de Zeugma signifiait "le lien").

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La ville de Zeugma comportait un grand nombre de riches villas situées au bord de l'eau.  Ici, la reconstitution d'un intérieur dans le musée... Au sol, Poséidon sur son char, entouré de poissons...

Conquise par les Romains en -64, Zeugma maintint son exceptionnelle prospérité, due à son emplacement sur les rives de l’Euphrate et à sa position stratégique sur la route d’Antioche, jusqu’en 256, date à laquelle elle fut ravagée et pillée par les Sassanides. 

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Au XVe siècle, les tribus turques s'installant au bord du fleuve découvrent les restes de Zeugma et croient avoir retrouvé le pays de la reine de Saba... Mais ce n'est qu'en 1975 que débutent les fouilles archéologiques. En 1995, la construction du barrage de Birecik sur l’Euphrate, qui allait noyer le site, obligea les archéologues à effectuer de toute urgence un travail de sauvetage qui permit de préserver in extremis des fresques et des mosaïques comptant, avec celles d’Antioche et d’Istanbul (Sainte-Sophie et Saint Sauveur in Chora) parmi les plus célèbres du monde.

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Océan et Thétys, symboles de la cité  construite sur les berges du fleuve...

Ce fut un travail de titan. La mise en eau du barrage en 2000 enfouit  à jamais  les 30% du site qui n’avaient pas pu être mis à jour.   

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Certes, on ne peut que regretter la disparition de ce lieu chargé d'histoire mais du moins de nombreux vestiges ont-ils pu être sauvés, ce qui ne fut pas le cas de la cité voisine de Samosate, ancienne capitale de Commagène, qui, ne bénéficiant pas de la même mobilisation internationale, disparut corps et biens sous les eaux du barrage en 1989…

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Achille et son bouclier...DSC04071.JPG

Eros et Psyché

 

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La fameuse bohémienne, devenue aujourd'hui l'emblème de Zeugma

 

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Enlèvement d'Europe

 

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Le dieu Mars

 

Une promenade dans Gaziantep au sortir du musée ne saurait se concevoir sans une étape dans un restaurant de la ville, une des plus célèbres de Turquie  pour sa gastronomie...(suite demain pour la cuisine du sud-est...)

 

Lisez La Sultane Mahpéri, roman historique sur les sultans et sultanes de Turquie

Lien vers Amazon.fr link

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés
9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 16:23

Non loin d’Urfa, au sud-est de la Turquie, sur un plateau d’apparence lunaire, se dresse le site néolithique de Göbeklitepe. 

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Daté au carbone 14 de- 10000 Av. J-C, il apparait aujourd’hui comme le plus ancien site de civilisation connu au monde jusqu’à ce jour. Et son existence oblige à réviser tout ce que nous croyions savoir sur la date du néolithique et les compétences des hommes de cette époque. Ce complexe n’est pas isolé : dans la même région ont été découverts de nombreux endroits présentant des caractéristiques analogues. On serait peut-être en présence d’une importante civilisation, inconnue jusqu’alors, et dont on commence seulement à découvrir les vestiges ; il n’aurait pas fallu moins de trois ou cinq siècles pour tailler, transporter et mettre en place tous les mégalithes !

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 Les archéologues au travail en train de passer la terre au tamis

Redécouvert en 1994 par un berger kurde (il avait déjà été remarqué par des archéologues dans les années soixante), le site de Göbeklitepe est fouillé depuis 1995 par des équipes américaines, allemandes et turques.

Constitué de plusieurs formes circulaires, il renferme ce que les archéologues considèrent comme le plus vieux temple de l’humanité ; quatre structures monumentales ont été en partie dégagées jusqu’à ce jour.

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 Des piliers en forme de T, lourds chacun de 5 tonnes, soutenaient de formidables édifices, on estime que deux cents mégalithes sont encore enfouis sous la terre.

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 Certains chercheurs émettent l’hypothèse que ce temple servait de lieu de réunion à certaines périodes de l’année pour y pratiquer des cérémonies rituelles, peut-être de type chamaniste, comme l’indiquent les représentations d’animaux et les dessins évoquant des champignons hallucinogènes. Il ne s’agissait donc pas d’une zone d’habitation mais d’un lieu de culte. D’autres supposent que le lieu aurait pu être un sanctuaire de culte des morts, un espace à « décharner » les cadavres, en les offrant en pâture aux bêtes sauvages. 

Des grues sculptées dans la pierre...  DSC04029

 

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Le plus grand mystère de Göbeklitepe : vers -8000, les hommes ont délibérément enfoui les temples sous un tumulus de terre, pour les faire disparaitre !

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 Pour ceux qui imaginent que ce site pourrait être celui de l’éden biblique, inutile de se faire des illusions. Si les restes retrouvés témoignent d’un savoir-faire beaucoup plus développé que ce nous avions supposé jusqu’à ce jour, le mot « civilisation » n’est sans doute pas à prendre au sens où nous l’entendons aujourd’hui. En effet, des restes de sacrifices d’enfants, des traces de sang humain auraient été découverts…

Bref, si on m’offrait de monter  dans la machine à remonter le temps, ce ne serait sans doute pas à Göbeklitepe que je souhaiterais me rendre…

Mais certaines questions de manquent pas de poser : comment des hommes disposant d'outils rudimentaires ont-ils pu découper dans la pierre ces monolithes colossaux, aussi parfaitement sciés que s'ils l'avaient été par les instruments les plus modernes ? La réponse variera en fonction des certitudes de chacun. Certains avancent une hypothèse extra-terrestre...

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Les animaux représentés sur les mégalithes prouvent que les humains d'il y a douze mille ans connaissaient la sculpture en ronde-bosse...

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés
5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 15:52

Ce fut un week-end de rêve, volé entre des paquets de copies à corriger, celles des Premières, rendues le vendredi, et celles des Secondes, à venir le mardi. Bref, une fin de semaine de grâce, pour se rendre… ? Où ? Au sud-est de la Turquie, en Mésopotamie !

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 Lever à 3h45 le samedi pour attraper l’avion de 5h45 à Sabiha Gokçen et retour dans la nuit de dimanche à lundi vers 2h30, un week-end un peu trépidant pour qui travaille à 8h du matin le lundi mais A CŒUR VAİLLANT RİEN  D’İMPOSSİBLE !

 Impressionnantes colonnes dans un village près d'Adıyaman...

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La forteresse de Kahta : vue imprenable sur l’Euphrate...  

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Le pont de Cendere ! Une merveille d’architecture... 

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 Le tumulus de Karakus : la nécropole d’une reine... 

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Les vestiges d’Arsaméia : Antiochos  Premier y serre la main d’Héraclès...

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Le barrage Atatürk sur l'Euphrate : un point de vue unique...

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 Et partout, la beauté des paysages à couper le souffle et le sourire des habitants ! Je suis tombée amoureuse de cette région et je n’ai qu’une hâte, y retourner ! Le plus vite possible !

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Cueilleuses de coton entre Adıyaman et Viranşehir

Cela ne saurait tarder car toute l'équipe des Editions franco-turques GiTa, éditeurs et auteurs, partira fêter fin octobre la sortie de mon livre Janus Istanbul sur Nemrut Dag, la "montagne des dieux" ! Histoire de solliciter la protection d'Antiochos, qui lui s'y connaissait bien en médiations avec le ciel !

(Dans les prochains articles, le site néolithique de Gobeklitepe, les beautés de Gaziantep et le Musée de Zeugma)

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés
23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 22:00

Samos, pour moi, c'était un vin doux ! Ce qui n'est pas tout à fait faux !

 

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Samos, c'est une île grecque perdue dans le bleu, aux maisons jaune ocre pâle.

 

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Samos, terre natale d'Héra, qui y aurait vu le jour sous un gattilier, arbre aux vertus thérapeuthiques.

 

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Samos, terre natale d'Esope, Aristarque et Pythagore.

 

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La lèbre  coupe de Pythagore  ; gare aux excès de boisson ; si vous la remplissez trop, le vin déborde !

 

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Les amateurs d'antiquité pourront aussi visiter les ruines de l'Héraion, site classé au patrimoine mondial de l'Unesco et le tunnel d'Eupalinos, acqueduc souterrain, prouesse technique du VIe siècle Av-J-C.

 

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Pour les Epicuriens, il y a aussi le restaurant "garden" de Maria, sous une merveilleuse treille... et protégé par une Aphrodite kitsch...

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 De bien sympathiques mets de poisson...

 

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Un ange de l'église...

 

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Comment se rendre à Samos au départ de Turquie ? En prenant le ferry à Kuşadası et deux heures plus tard, vous atteindrez la patrie de la déesse aux bras blancs...

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés Grèce Kusadasi
29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 22:00

 

           C’était en 1985 et mon (alors, tout récent) époux avait décidé de me faire découvrir un village de la Mer Egée qu’il aimait. C’était un village de pêcheurs appelé “Bodrum”.

Quelques gargotes sur pilotis, une place avec un restaurant de “kebab”, une ruelle animée par quelques petites boutiques, un petit port, quelques villas blanches à l’architecture typique, c’était tout.  

 

tara0005---Copie.jpgBodrum en 1985. Plus d’arbres que de bâtiments…

 

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Peu de plages à l’époque mais une mer vierge à l’eau si cristalline qu’on s’y croyait au paradis…

 

Lorsque j’y retournai, neuf ans plus tard, ma déception fut immense : à perte de vue s’étendaient des lotissements, renommés “cités”, les rives sauvages avaient disparu, supplantées par des “beach” de béton. L’infrastructure n’ayant pas été conçue pour tant d’habitations, on percevait même, dans certains quartiers, des relents désagréables...

  

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  Aujourd’hui, Bodrum, bien qu’à 900 kilomètres du Bosphore, peut être considéré comme une sorte d’extension d’Istanbul. Les Ottomans avaient coutume d’aller estiver en dehors de la ville. Eh bien, cette habitude s’est perpétuée.

 

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Qui, dans la bourgeoisie stambouliote, n’a pas son appartement ou sa maison à Bodrum ? Qui ne s’y rend pas l’été ? Au point que les anciens amoureux de cette côte de rêve ont commencé à la déserter pour fuir la marée humaine qui s’y déverse chaque été.

 

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 C’est à Bodrum que vous rencontrerez votre voisin de palier, vos collègues de travail, votre médecin, votre prof de gym,  tout votre entourage d’Istanbul. C’est à Bodrum que naissent les modes, que les artistes viennent se faire photographier. Le village de pêcheurs s’est converti en ville où l’on peut habiter toute l’année.

 

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Difficile d’échapper au diktat de Bodrum. D’autant plus si vous êtes parents d’adolescents ou de jeunes adultes. Ils ne viendront nulle part en vacances avec vous. Mais à Bodrum, oui, car ils sont sûrs d’y retrouver copains et copines.

 

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Précisons quand même que Bodrum est constitué d’une enfilade de larges anses constituant ses différents quartiers.

 

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 Pour les amateurs de vie sociale, de farniente, de plages, de vie nocturne, il y fait bon vivre.   juin-2011-0160.JPG

 

Le soir, vous pourrez vous prélasser sur des sofas au bord de l’eau en écoutant de la musique. ..

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  Le chanteur Aydın, accompagné par notre ami Mehmet, Temple Bar, Bitez 

 

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Alors, pour quand, votre pied à terre à Bodrum ?

 

 

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés Bodrum
26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 22:00

Ce matin là, nous étions à Bodrum et en me réveillant, je me suis dit :

« Je voudrais trouver une plage comme il y a vingt ans en Turquie, pas une beach  ou une marina, non une petite plage hors du temps pour moi toute seule… »

Vu le degré d’urbanisation des rivages turcs aux abords de Bodrum, c’était une gageure !

 

juin-2011-0176.JPGBodrum, hélas, bétonné...


Mais Tadji, mon époux, m’a dit : ”Eh bien, nous allons la chercher…”

Nous voilà donc partis loin des sentiers battus et des zones touristiques sur une petite route bordée de merveilleuses forêts de pins.

 

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10 kms, 20 kms, 30 kms, 40 kms et toujours pas de côte à l’horizon, rien que la forêt.

 

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Mais nous ne désespérons pas, nous finirons par la dénicher, notre plage de rêve…

Au bout d’une cinquantaine de kms, enfin, la mer apparaît.


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Nous descendons la colline et là, surprise, découvrons un hameau et un chemin de terre conduisant au rivage.

 

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Une immense plage s’offre à nos yeux, une plage telle que je n’osais plus l’imaginer, avec seulement deux petites pensions installées les pieds dans l’eau et peu de monde car ce paradis n’est desservi par aucun moyen de transport… Nous sommes bien dans la Turquie d'il y a vingt ans...


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Journée idyllique, pour se croire encore des Robinsons…

 

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Les eaux chaudes de la mer, la plage presque déserte... 

 

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... un jardin de mandariniers dont le propriétaire vous apporte sous le parasol d'osier des boissons glacées et une grosse assiette de vraies frites "maison"...

 

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L’adresse de cet éden ? Je l'ignore... Loin... Je ne peux que dire : 

«  C’est sur la Mer Egée et on tourne à droite après vieille citerne… »

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés
23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 22:00

Un des lieux antiques que je préfère est le prestigieux sanctuaire d’Apollon à Didymes  car avec un peu d’imagination, on peut encore y ressentir les marques de la spiritualité dont il fut le gardien des siècles durant.

 

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Le mot « didymes » viendrait du grec « jumeau » car Apollon, dieu du soleil, était le jumeau d’Artémis, déesse de la lune ; une Voie sacrée partait du Delphinios de Milet,  pour arriver jusqu'à Didymes.

 

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Il ne subsiste aujourd’hui que les piédestaux de ses 120 colonnes ioniques...

 

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mais la forêt de ruines permet d’imaginer ce que fut la splendeur antique.

 

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  Ce temple est un des plus anciens lieux de culte consacrés à Apollon et un des  plus grands bâtiments antiques conservés jusqu’à nos jours ; élevé à partir du VIIe siècle Av. J-C et sans cesse remanié jusqu’au VIe siècle,  il faillit être classé parmi les Sept Merveilles du monde, mais jamais terminé faute de moyens, il ne put accéder à ce titre.

 

STP66060.JPGLe tunnel permettant de passer du pronaos au naos

   

Il constitua cependant dans l’Antiquité, avec celui de Delphes, un des plus importants sanctuaires oraculaires du dieu Apollon.


juin-2011-0205.JPG Le naos

 

On y venait de loin pour apporter les offrandes permettant de consulter l’oracle de la Pythie, si célèbre qu’Alexandre le Grand en personne vint s’y faire prédire l’avenir.

 

STP66066La fosse de la Pythie dans le naos

 

Une tête de Méduse.

 

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Méduse était une belle jeune fille dont Poséidon tomba amoureux. Il la séduisit dans le temple d’Athéna, si bien que, folle de jalousie, la déesse métamorphosa Méduse en Gorgone, la tête recouverte de serpents et le regard changeant en pierre tous ceux qui le croiseraient.

La colère d’Athéna ne connaissant aucun répit, elle aida le héros Persée à décapiter Méduse. Du sang de la jeune fille naquirent le cheval ailé Pégase et le géant Chrysaor.

 

 

Si certains ne voient dans ce temple que des vestiges de l’Antiquité, d’autres, rien que des « tas de cailloux », personnellement, je considère cette maison d’Apollon comme un haut lieu de mysticisme et il m’aurait bien plu de boire l’eau de la source sacrée tout en cueillant des bouquets de laurier…

Car Apollon n’est-il pas le dieu de la poésie et de la musique ?

 

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  Photographies de cet article : Taceddin Köseoğlu

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés Histoire de la Turquie Grèce
19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 09:29

 

               Cela fait des années que je ne saurais concevoir un mois de juillet sans me rendre au Festival d’accordéon de Saint-Jeannet.


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                  Ce charmant village, sis au bas du célèbre «baou», est en passe de devenir un des hauts lieux de l’accordéon en France. Car la petite scène sans prétention blottie contre le mur de l’église a accueilli au fil des ans de grands artistes comme Lucien Galliano, Domy Emorine, Roman Janov, Aude Giuliano, Guy Giuliano pour ne citer que quelques uns ( que les autres me pardonnent, j’ai parfois oublié leur nom mais jamais leur musique ni leur talent…) de ces virtuoses du « piano à bretelles » ! (J’aime cette périphrase désuète désignant mon instrument fétiche, même si elle déplaît parfois aux diplômés des conservatoires mais non, je vous assure, « piano à bretelles »…)  

 

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             Samedi 18, donc, me voilà prête une fois de plus à affronter la route pour assouvir ma passion de l’accordéon. Et je ne veux pas être en retard. Car ce soir, la scène accueille le Sextet de Richard Galliano !  

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             J’avais déjà eu la chance de voir le Maître en concert dans les arènes de Cimiez, lors du Festival de jazz, il y a quelques années et aussi à Istanbul. Dans les deux cas, il devait se trouver au moins 300 personnes me séparant de la scène. Mais à Saint-Jeannet, la scène dressée sur la place du village permet de voir de près les musiciens quand ils jouent, d’observer le jeu de leurs doigts, leurs mimiques, leurs regards ; on a presque l’impression d’assister à un concert « entre amis ». D’autant plus que Richard Galliano se produisait deux fois, à 18h et à 20h30 et que le premier horaire donnait l’occasion unique d’assister à un concert « en plein jour », avec les pigeons curieux voletant au-dessus de la contrebasse pour se délecter de ses accords.  

 

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           Le Sextet a d’abord interprété des morceaux de Bach puis des compositions de Richard Galliano comme la merveilleuse « Valse à Margaux », le « Tango pour Claude » ou la « Habanerando » et bien sûr, des chefs-d’œuvre d’Astor Piazzola.

 

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      Richard Galliano enchante, au sens propre du terme. Avec son accordéon, son bandonéon, ses compositions, son génie musical mais aussi son sourire et sa simplicité.  

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           Après le concert, je cours acheter un CD pour le lui faire dédicacer, je piaffe d’impatience dans la file massée devant le stand de vente de crainte que l’artiste ne s’envole, j’avais envisagé d’en faire dédicacer un second pour Monsieur Hagop, mon vénéré professeur, le plus grand accordéoniste d’Istanbul mais le temps presse, les vendeuses semblent débordées, je n’ai le temps d’en acheter qu’un seul, je cours de nouveau et ouf, Richard Galliano est encore près de la fontaine de Saint-Jeannet. J’aimerais bien lui exprimer mon admiration et lui parler aussi du magnifique livre sur Piazzola auquel il a participé mais j’écris finalement plus facilement que je ne parle, j’aimerais bien aussi me faire prendre en photo à ses côtés mais je n’ose pas le lui demander…

        Enfin, j’ai mon beau CD rouge dédicacé « Pour Gisèle », qui occupera une place d’honneur dans mon « coin musique » … 

  

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés Accordéon Côte d’Azur Provence
1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 21:19

carte Tende 1        Cela faisait très longtemps que je voulais retourner à Tende. Non pas pour faire du tourisme. Tout simplement pour aller flâner dans les rues et respirer l’air de cette rude cité de montagne, devenue définitivement française en 1947, qui fut le berceau de mes ancêtres : les Durero de Tende.

 

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Mon arrière grand-père, Marco Durero, fils de Francesco, fils de Bartolomeo, tous descendants du couple nommé Jean Baptiste ( diminutif « Giobata ») et Magdalena, a quitté Tende entre 1900 et 1920 pour venir s’établir à Cannes.

 

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Mon arrière grand-père, Marco Durero

 

En 1794, « troisième jour des fêtes san culotides de l’an deuxième de la République française une et indivisible à cinq heures du soir par devant moi » ( je recopie mot à mot le texte des archives) le citoyen Jean-Baptiste sert de témoin pour la déclaration de naissance d’une petite fille nommée Marie Amirata ; il signe « Giobata Durero »

 

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Archives de Tende en ligne

 

Et me voilà un jour de printemps à Tende,

 

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entrant dans la cathédrale en me disant : « C’est là qu’ils ont prié pendant des siècles ».

 

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Lorsque je compare la ville actuelle à celle qui est représentée sur les cartes postales anciennes que j’ai collectées, il me semble que le centre a miraculeusement assez peu changé depuis le début du siècle, si ce n’est que les magasins ne sont plus les mêmes.

 

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Peut-être parce que la disposition de l’agglomération, accrochée comme un escargot aux flancs de la montagne a laissé peu de place aux innovations architecturales et c’est tant mieux !

 

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Bref, il est assez facile d’imaginer la vie qui fut celle de mes ancêtres dans cette cité hors du temps.

 

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Le cœur moyenâgeux est constitué d’enfilades de maisons collées les unes aux autres et séparées par de pittoresques ruelles parallèles striées d’escaliers abrupts.

 

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L’entrée des bâtisses de schiste se situe dans la ruelle mais toutes ont leur façade avant offrant plusieurs balcons sur la vallée.

 

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Le nom des antiques venelles me ravit : « Montée I Béatrice  Lascaris, Montée II Béatrice Lascaris, Montée III Béatrice Lascaris… »

 

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Sur le monument aux morts, Constanzo et Francesco Durero, tombés durant la guerre de 1914-1918.

 

A vrai dire, qu’ai-je trouvé à Tende ? Des souvenirs ? Non, je n’en ai pas de personnels. Bien plutôt des fantômes, si j’en crois les pierres tombales du cimetière (nombreuses à donner le tournis)  où dorment toutes ces personnes que je n’ai pas connues mais dont je partage le patronyme.

 

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Tende, terre de mes ancêtres, il est certain que j’y reviendrai encore en pélerinage, ensorcelée par un "je ne sais quoi". Une  mystérieuse convocation de mes aïeux ?

 

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Une vieille porte de Tende ornée des initiales "FD"

 

Ou le désir que je ressens d’écrire un jour sur Tende !

 

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Ecrivaine d’Istanbul qui veut écrire sur Tende ? « Aucun rapport ! » Peut-on me dire… Quoique…

N’oublions pas qu’en 1269, Eudoxie, fille de l’empereur Théodore II Lascaris, quitta l’Empire byzantin de Nicée pour épouser Guillaume Pierre, Comte de Vintimille et Seigneur de Tende…

 

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Le chemin entre Istanbul et Tende n’est pas si long qu’on pourrait le croire !  

 

blason Tende

 

Après le mariage d’Eudoxie avec Guillaume Pierre, l’empereur de Constantinople autorise le Comte de Vintimille et de Tende à « modifier le blason rouge des Vintimille  en y ajoutant, par quartiers, les deux aigles bicéphales sur champ d’or des Lascaris » (citation empruntée au livre de Giogio Beltrutti, Tende et La Brigue, Editions du Cabri, 1987).

 

 

Si vous habitez Tende et possédez des informations sur la famille Durero, en particulier sur Marco Durero, fils de Francesco, marchand de bois, qui habitait, m'a-t-on dit,  au bord de la place et qui a sans douté quitté Tende entre 1900 et 1920 pour aller s'installer à Cannes, n'hésitez pas à m'envoyer un petit mot... Merci d'avance.

 

Ajout de juillet 2014 : excusez-moi si vous avez laissé un commentaire et que je n'y ai pas répondu ; comme mon blog a beaucoup d'articles, il arrive que je voie en retard ce qu'on m'a écrit mais sachez que je suis toujours aussi intéressée par la recherche de mes origines à Tende...

Pour des informations sur mes livres, mon site :  link

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés Tende Côte d’Azur Provence
1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 20:20

Avant de commencer, merci a tous ceux et celles qui vont voter pour Erol sur Castarprod et ont laissé de sympathiques commentaires...

 

C’est à Saint-Jean-Cap-Ferrat, dans le palais qui fut édifié au début du vingtième siècle par la baronne Ephrussi de Rothschild, que je suis allée passer une journée.

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   Photo du site du palais


Le palais, qui domine la baie de Villefranche, une des plus belles de la Cote d’Azur,  est une de ces extraordinaires demeures de la Belle Epoque, que l’on nommait autrefois des «  folies » de milliardaires car elles ont été  construites sans compter, dans le seul but de satisfaire les désirs d’une personne. Il a la particularité de posséder neuf jardins à thèmes différents dans lesquels vous pourrez musarder au gré de votre fantaisie.

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  Il a l’avantage d’avoir été habité longtemps et d’avoir été conservé en l’état, ce qui fait que vous pouvez vous promener dans les appartements privés de la baronne en ayant l’impression d’être son invité.

Comme beaucoup de collectionneurs de la même époque, Béatrice Ephrussi de Rothschild était une passionnée d’art du XVIIIe siècle et elle a fait appel aux plus grands décorateurs ou antiquaires de son temps pour meubler sa maison.

 

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Grande admiratrice de Marie-Antoinette, elle aimait recevoir ses amies dans des robes copiées sur celles de la célèbre reine. Marie-Antoinette avait en effet un cahier spécial sur lequel étaient collés des échantillons de tissus de chacune de ses robes car elle en possédait tellement qu’il lui était impossible de se souvenir de toutes ; le matin, sa femme de chambre lui présentait le cahier et la reine choisissait les tenues qu’elle allait porter ce jour-là. Et Béatrice s’inspire de ce cahier pour faire confectionner par de célèbres tailleurs des reproductions des robes de la reine !

 

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Elle rachète aussi dans les ventes aux enchères des objets personnels de la souveraine, par exemple sa table de jeu ou son secrétaire. Et comme son idole avait la folie du rose et du jaune, c’est dans ces deux couleurs que la baronne fait décorer sa maison.

 

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En flânant dans le parc, vous pourrez découvrir des jardins “à la française”, où les fleurs bordant les bassins dessinent de savantes figures géométriques ou une gigantesque roseraie dans laquelle les parfums sont si entêtants que vous aurez l’impression de prendre un bain d’eau de rose ; puis, un jardin du Moyen-âge où chuinte le bruit de l’eau des cascades.

  

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 Plus loin, un jardin espagnol évoquant un patio d’Andalousie avec son bassin rempli de plantes aquatiques ;

 

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et un  jardin japonais, avec ses bambous géants et ses pagodes de céramique, pour ne citer que ceux que j’ai préférés.

 

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Les bancs des allées sont le rendez-vous des amoureux. Car on raconte que pour être heureux en amour, il suffit de venir s’asseoir  un moment dans le petit Temple d’Aphrodite situé en haut du parc.

 

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Si vos pas vous conduisent sur la Côte d’Azur, ne manquez pas ce voyage romanesque dans un passé pas si lointain où on peut imaginer que, la nuit, des jardiniers déplantaient et replantaient avant l’aube les plates-bandes du parc pour qu’à son réveil, la baronne puisse admirer, quelle que soit la saison, des massifs de fleurs jaunes et roses…

 

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Published by Gisèle, écrivain d’Istanbul - dans Lieux aimés

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  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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