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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 21:38

Le chat Kounkouch vivait une vie tranquille jusqu'à ce que ses propriétaires, des habitants de Mossoul, ne se retrouvent contraints de fuir la guerre. C’est donc en compagnie de ses cinq filles et de son panier à chat que la dame quitte Mossoul à l’automne 2015 et se retrouve réfugiée en Turquie. Mais les mésaventures ne s’arrêtent pas là !

Kounkouch, le "chat chanceux" !

Kounkouch, le "chat chanceux" !

Toute la famille traverse la Turquie, se rend sur la côte égéenne dans l’espoir de passer en Grèce et d’y obtenir un statut de réfugié, s’embarque, au péril de sa vie, sur un de ces horribles bateaux pneumatiques qui ont coûté la vie à tant de migrants et arrive enfin sur l’île de Lesbos. Mais, là, drame !

Sans doute traumatisé par la traversée, Kounkouch s’enfuit de son panier !

 

De Mossoul à la Norvège, les incroyables tribulations d’un chat

C’est donc la mort dans l’âme que la famille, n’ayant pas retrouvé Kounkouch, prend la direction de la Norvège.

Sur l’île de Lesbos, une association allemande de protection des animaux trouve le beau Kounkouch, le soigne et l’achemine vers Berlin, où on le vaccine, le rebaptise « Dias » et diffuse son portrait sur les réseaux sociaux pour retrouver ses propriétaires. Avec l’aide de l’association allemande de protection des droits des animaux « Frieden Füt Pfoten », la famille de Kounkouch, de son côté, tente d'obtenir de ses nouvelles.

Et le miracle a eu lieu !

De Mossoul à la Norvège, les incroyables tribulations d’un chat

Non seulement, l'association « Frieden Füt Pfoten » a retrouvé le chat mais de plus, l’a acheminé de Berlin jusqu'à la Norvège !

De Mossoul à la Norvège, les incroyables tribulations d’un chat

C’est avec des larmes de joie que la dame et ses cinq filles ont retrouvé, quatre mois après sa disparition, leur beau chat blanc, seul souvenir de leur vie passée !

Commentaire d’une dame turque ce matin, à la lecture de cette merveilleuse histoire : donc, les animaux aussi ont un destin !

De Mossoul à la Norvège, les incroyables tribulations d’un chat
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Published by Gisèle Durero-Koseoglu Blog 2 - dans chat de Mossoul Turquie L'Istanbul de Gisèle chats
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 16:53

Mardi 8 février 2016 a été célébré, dans les locaux de l’Institut français d’Istanbul, le 65 e anniversaire de l’Association culturelle Turquie-France.

Comme l’a rappelé son président, Ayhan Köksal, cette association, fondée il y a 65 ans par 24 Turcs et 8 Français, a pour but :

-de perpétuer et approfondir les liens historiques et amicaux entre les deux pays, grâce à des activités culturelles comme conférences, expositions, sorties. 

-de faire vivre la langue française en Turquie, d’y développer la francophonie.

-d’apporter un soutien aux étudiants turcs francophones.

Istanbul : 65e anniversaire de l’Association culturelle Turquie-France

La soirée a commencé par les interventions, toutes passionnantes, de panélistes, dont Beki Baruh, secrétaire générale de l’Association, a rappelé le CV prestigieux, encadrés par un modérateur, le journaliste Serdar Devrim. Le sujet ? Les relations amicales et historiques franco-turques, les relations socioculturelles, politiques et économiques.

Istanbul : 65e anniversaire de l’Association culturelle Turquie-France

Tout d’abord, Monsieur Jean-Pierre Salvetat, président de l'Association Méditerranée France-Turquie (AMFT),  a dressé l’historique des relations entre la Turquie et la France depuis la fondation de la République turque, en rappelant que la France fut le premier pays à reconnaître la révolution kémaliste. Il a ensuite analysé les causes des hauts et des bas qui  ont parfois caractérisé les échanges, en particulier lors des démarches pour l’entrée de la Turquie dans l’Europe, en dégageant les caractéristiques de trois périodes, de 1958 à 2005, de 2005 à 2012, de 2012 à aujourd’hui . Monsieur Salvetat,  fervent  partisan de l’entrée de la Turquie dans l’Europe, est l’auteur de deux livres sur la Turquie, Plaidoyer pour la Turquie (2011) et Turcs en mosaïque (2015). 

Ensuite, Son Excellence Uluç Özülker, ancien Ambassadeur,  a commencé par résumer l’histoire des ambassades entre les deux pays, puis, il a expliqué les points de désaccord qui ont pu  parfois affaiblir leur coopération à partir de 1960. Il a terminé son intervention en précisant que la France et la Turquie, qui ont eu parfois des relations « sinusoïdales »,  ont besoin l’une de l’autre et qu’il faut renforcer les liens sur le long terme.   

Après, Madame Füsun Türkmen, Professeur-Docteur de relations internationales à l’Université de Galatasaray, a fait le point sur les instances destinées, autrefois et aujourd’hui, à faire vivre la francophonie en Turquie ; après avoir évoqué la francophonie dans l’Empire ottoman, avec les écoles des congrégations et surtout la création du lycée de Galatasaray à l’époque d’Abdulaziz, elle a enchaîné sur la fondation de l’université GSŰ en 1992. Elle a rappelé aussi la création de l’Institut du Bosphore, qui aborde des sujets franco-turcs et a conclu sur l’idée que ce sont les échanges sociaux-culturels qui jouent un rôle clé dans les relations politiques.

Enfin, Monsieur Yves Marie Laouënan, Président de la Chambre de commerce franco-turque, commençant par la rétrospective des liens commerciaux entre l’Empire Ottoman et la France, a expliqué le développement des échanges après 1990  et précisé qu’il existe actuellement 454 filiales de sociétés françaises en Turquie, de grosses entreprises mais aussi des PME, et de nombreuses sociétés turques en France, comme Beko, Ulker ou Vestel ;  cinq milliards de dollars sont actuellement investis par des Français en Turquie. Il a terminé en constatant que ces liens commerciaux aboutissent à de fructueux échanges culturels, en citant comme exemple le rayon de littérature turque des grandes librairies françaises, qui s’est considérablement développé depuis une vingtaine d’années. 

A l’issue de ce panel, la soirée s’est poursuivie par un chaleureux cocktail au Bistrot Français.  

Après un passé aussi fructueux, souhaitons un bel avenir à l’Association culturelle Turquie-France et plus généralement, à l’amitié franco-turque et aux échanges entre les deux pays ! 

Istanbul : 65e anniversaire de l’Association culturelle Turquie-France

Vous pouvez lire un autre article sur cet événement dans le Petit Journal d'Istanbul

 

 

 

 http://www.lepetitjournal.com/istanbul/accueil/actualite/237708-relations-franco-turques-les-problemes-politiques-peuvent-etre-resolus-a-court-terme

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 09:55

La nouvelle est tombée ce matin, Tahsin Yücel n’est plus !

Photo du Journal Radikal

Photo du Journal Radikal

Décédé à l’âge de 83 ans, le maître, diplômé du Lycée de Galatasaray et d’un Doctorat de littérature française de l’Université d’Istanbul, où il avait ensuite exercé le métier de professeur, a composé une œuvre immense, comportant critiques littéraires, romans, nouvelles, essais et traductions de grands écrivains français.

Auteur d’une quinzaine de romans et recueils de nouvelles, qui passent au crible la société turque de la seconde partie du XXe siècle et se livrent à la satire de la société de consommation et du profit, dans une langue moderne et originale, Tahsin Yücel était l’une des figures de proue des lettres turques du XXe siècle.

On peut lire en français, en particulier Vatandas (traduction de Noémi Cingoz, Editions du Rocher, 2004), Les cinq derniers jours du prophète, qui a reçu en 1993 le prix littéraire Orhan Kemal ((traduction de Noémi Cingoz, Editions du Rocher, 2006), La Moustache (traduction de Noémi Cingoz, Actes Sud, 2009), Sous le soleil de Bernanos, Itinéraire en Artois avec Tahsin Yucel, réalisé par Timour Mudidine en collaboration avec le photographe Philippe Dupuich (Temps présent, 2010) et le roman Le Gratte-ciel (traduction de Noémi Cingoz, Actes Sud, 2012)…

 

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Les cinq derniers jours du prophète, sont le récit de la dégradation physique d’un poète rebelle surnommé « le prophète » et qui croit que ses rêves vont se réaliser...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…
Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

La Moustache est une fable philosophique racontant comment la moustache de Cumali devient un symbole pour un village tout entier...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Le Gratte-ciel est une fiction satirique qui nous projette en 2073 : un magnat de l’immobilier, qui a édifié un nombre incalculable de gratte-ciels, voit son nouveau projet contrecarré par un vieil homme, petit propriétaire d’une parcelle jouissant d’un merveilleux panorama, qui refuse de lui vendre son bien… Pour le faire plier, tous les moyens machiavéliques seront bons…

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

La littérature française doit une fière chandelle à Tahsin Yücel qui a traduit en turc plus de 70 livres d’auteurs français dont Balzac, Flaubert, Gide, Proust, Camus, Malraux, Desnos, Queneau, pour n’en citer que quelques exemples.

En décembre 2012, Tahsin Yucel avait reçu le prix littéraire du Comité France-Turquie, pour l’ensemble de son œuvre et en particulier pour son roman Le Gratte-ciel.

En 2013, le journal Aujourd’hui la Turquie publiait un article où le grand écrivain expliquait son amour de la langue française (propos recueillis par Ayşıl Akşehirli et Benoît Berthelot en mars 2011) :

J’ai terminé l’école primaire en 1945, une belle époque ou de nombreuses bourses étaient accordées aux écoliers sans moyens financiers. J’ai perdu mon père à l’âge de 1 an, nous n’étions pas riches. J’ai très bien réussi l’examen écrit national, et deux mois après je recevais une lettre m’annonçant que je pouvais poursuivre mes études au Lycée francophone de Galatasaray. Ça a été la plus grande chance de ma vie. J’y ai passé huit ans, comme interne. Puis j’ai voulu continuer mes études en philologie française, mais il me fallait de l’argent. Comme je publiais déjà quelques articles dans une revue littéraire, le patron m’a proposé de travailler par demi-journées pour sa maison d’édition. Je traduisais du français au turc, j’avais toujours un livre sur la table. Je traduisais même chez moi ! Je pense avoir traduit 70 livres dans ma vie, personne n’a autant traduit le français que moi en Turquie. J’ai arrêté il y a cinq ans. Et j’ai pris ma retraite de professeur au début de ce siècle. 

Etre francophone c’est d’abord connaître la langue, mais pour moi ce n’est pas seulement ça. A partir de la langue il y a la culture, le pays, le peuple. Moi qui suis écrivain et romancier turc, j’ai lu beaucoup plus de romans et d’études en français qu’en turc. C’est un fait, et ce n’est pas seulement lié à ma profession. Dans ma vie, le français occupe une très grande place. C’est une partie de mon existence.

En 2010, ma précieuse photo avec Tahsin Yücel au Cemiyet de Galatasaray…

En 2010, ma précieuse photo avec Tahsin Yücel au Cemiyet de Galatasaray…

Paix à l’âme de Tahsin Yücel, connu non seulement pour son œuvre mais aussi pour sa gentillesse, son sourire, sa tolérance et sa modestie.

Que repose en paix ce grand écrivain turc lauréat de nombreux prix, expert en littérature française et dont  l’œuvre  « colossale » ne peut que susciter une admiration sans borne…

 

Photo Internet

Photo Internet

Le dernier voyage de Tahsin Yücel, vendredi 23 janvier à la mosquée de Sisli, à Istanbul...

Jour triste pour les lettres turques : Tahsin Yücel s’en est allé…

Mon blog 2 : Littérature-Edebiyat-Gisèle-Durero-Koseoglu

http://giselelitterature.blogspot.com.tr/

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 14:24

Comme tout le monde le sait, chaque semaine voit son lot de réfugiés noyés : la journée du 5 janvier fut un jour funeste : les corps sans vie de 31 migrants, pour la plupart des femmes et des enfants, sont venus s’échouer sur les plages d’Ayvalik, près d’Izmir, leur embarcation ayant coulé dans la tempête. Signalons que les gilets de sauvetage de ces pauvres victimes n’en étaient pas, des aigrefins privés de toute conscience morale (dont certains ont été arrêtés par la police) leur avaient vendu de soi-disant gilets mais… bourrés de coton !

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Le jour de ce drame atroce, parmi les corps sans vie des migrants, les vagues ont apporté le journal intime d’une jeune fille, écrit en arabe. La traduction en turc des pages trempées d’eau de mer,  qui a été publiée hier dans la presse turque, a fait couler des larmes aux lecteurs. Car la jeune fille (dont on ne sait si elle fait partie des victimes ou si elle est encore en vie) y confie son espoir fou de parvenir à fuir la guerre avec son amoureux puis raconte ensuite comment il a réussi à s’échapper en Allemagne mais sans elle, en l’abandonnant !

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Photo du Journal Hurriyet du 19 janvier 2016

Le journal, commencé en 2013, est le témoin de son grand amour pour celui qu’elle nomme « Besil », qui commence pendant la guerre civile de Syrie. La jeune fille parvient à le rejoindre à Damas et finalement, ils fuient tous les deux vers la Turquie. Mais là, son amoureux l’abandonne pour passer en Allemagne et c’est par les réseaux sociaux qu’elle apprend qu’il est arrivé à bon port :

La Méditerranée-tombeau 3 : Une larme de plus pour le journal du désespoir !

Je regarde ton Facebook. En constatant qu’il est actif, il me semble que je retourne à la vie, je deviens heureuse. Les jours où je suis loin de toi, je meurs mille fois.  Quand je suis loin de toi, je ne peux plus vivre comme un être normal, je suis comme morte… Tu m’as laissée pour partir en Allemagne.  Comme tu es cruel ! Est-ce que tu imagines combien j’ai souffert, quel a été mon chagrin ? Est-ce que tu t’es libéré de moi en partant ?  Tu vis dans mon cœur et dans ma vie. Je voudrais être près de toi à chaque minute. Je vis en pensée avec toi.  

Elle finit en espérant qu’il lise un jour son cahier : 

Un jour, en lisant ce journal, tu comprendras ce que j’ai vécu. Car viendra forcément le jour où tu le liras. Cet amour ne t’a pas fait autant souffrir que moi. Je sais que j’aurais dû essayer de t’oublier mais je ne t’oublie pas. Tu me manques, mon cœur veut te voir. Je voudrais entendre ta voix. Maintenant, tu es très loin de moi. Là où tu es, tu commences une nouvelle vie. Quant à moi, je ne t’ai pas oublié, un vide habite mon cœur, je ne veux personne d’autre que toi, je n’ai aimé personne d’autre que toi. 

Pauvre couple d’amoureux !

J’imagine le dilemme du jeune homme, qui a peut-être été confronté au choix le plus déchirant de sa vie, parvenir à s’échapper, mais seul, car les passeurs rechignent à embarquer des femmes ( la plupart des noyés sont des femmes et des enfants qui n’ont pas la force de nager dans les vagues en cas de naufrage…) !   

J’imagine le désespoir de la jeune fille, abandonnée sur une terre étrangère par celui avec lequel elle était parvenue à fuir l’horreur !

Pauvre couple d’amoureux, victimes de la barbarie des hommes qui ont érigé la guerre en banale habitude !

Il n’y a rien à ajouter, seulement une larme !

La Méditerranée-tombeau 3 : Une larme de plus pour le journal du désespoir !

Cet article a été écrit à partir des informations données par la presse turque, en particulier l’article de Taylan Yildirim dans le journal Hurriyet du 19 janvier 2016 et dont j’ai traduit les citations du cahier en français.

Mes autres articles sur le drame des réfugiés en Egée et en Méditerranée :

« Necromare », la Méditerranée-tombeau, notre honte à tous ! 3.09.2015 http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/2015/09/necromare-la-mediterranee-tombeau-notre-honte-a-tous.html

La Méditerranée-tombeau 2 : Et pourtant, ne le savait-on pas déjà ? 4.09.2015

http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com/2015/09/la-mediterranee-tombeau-2-et-pourtant-ne-le-savait-on-pas-deja.html

 

 

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 18:57

Etant une collectionneuse de cartes postales, photographies et vieux documents de l’Istanbul d’autrefois, j’aime particulièrement les images représentant des femmes ottomanes. En voilà quelques-unes, issues pour la plupart de ma collection.

  

Impériale avec son ombrelle...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Mystérieuse, dans ses voiles...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Imposante dans son ample manteau appelé "feradjé"...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Exotique, parmi les plantes vertes...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Nonchalante, avec son narguilé...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Raffinée et boudeuse, sous la mousseline...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Primesautières, avec tabac et tambourin...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Pensive, avec sa cigarette...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Modernisée et déterminée, à la fin de l'Empire...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Engagées et sans voile, le 6 juin 1914, lors d'une vente de charité..

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes

Coquette, vers 1925...

Istanbul d'antan : belles dames ottomanes
Istanbul d'antan : belles dames ottomanes
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 12:45
Istanbul : à la plage à Şile !

Habité depuis le Paléolithique, connu dans l’Antiquité sous le nom d’ « Hilea », cité par Pline, le district de Şile (prononcer « chilé), situé sur la rive asiatique non loin de l’embouchure de la Mer Noire, est connu pour sa verdure et ses cascades mais aussi pour les soixante kilomètres de plages de sable fin qui parent son rivage.

Istanbul : à la plage à Şile !

Située sur un promontoire dominant le port, s’enorgueillissant d’un célèbre phare rayé de noir et blanc, la petite ville de Şile, longtemps habité par une population mélangée de Grecs et de Turcs, a conservé du passé son charme légèrement suranné ; même si la plupart des demeures ottomanes en bois ont disparu, il en reste ça et là, souvent en assez mauvais état, il faut l’avouer !

Photo Internet, merci aux auteurs

Photo Internet, merci aux auteurs

Aujourd’hui, les rues de Şile, très animées, sont bordées de cafés et restaurants jouissant d’un panorama unique sur la baie et de boutiques vendant des articles et produits régionaux de la Mer Noire.

Vue sur le port au soleil couchant

Vue sur le port au soleil couchant

Istanbul : à la plage à Şile !

La spécialité de la ville a longtemps été « le Coton de Şile », sorte de batiste tissée à la main, de couleur blanche ou écrue et trempée dans l’eau de mer pour la solidifier. On en confectionne des nappes, des robes et des  chemises très agréables à porter en été mais la fabrication artisanale a peu à peu été supplantée par la fabrication industrielle et il faut bien s’assurer avant de l’acheter qu’il s’agit bien de l’authentique « Coton de Şile ». 

Istanbul : à la plage à Şile !

Il suffit de descendre non loin du port pour trouver une merveilleuse plage de sable fin où des paillottes vous offrent la possibilité de vous restaurer à des prix bon marché. C’est là que vous pouvez vous installer avec un livre et vous prélasser toute la journée sur une chaise longue ou un canapé d’osier en profitant du soleil de l’automne.

Istanbul : à la plage à Şile !

La température de l’eau y est plus fraîche certes qu’en Méditerranée mais en septembre, elle se situe quand même autour de 25 degrés ;  on a pied très longtemps dans la mer, sur une vingtaine de mètres,  puis soudain, à partir d’une grosse chaîne de métal immergée, on plonge dans les profondeurs... 

Istanbul : à la plage à Şile !
Photo Internet, merci aux auteurs
Photo Internet, merci aux auteurs

Et pour finir agréablement la journée, sachez qu’à une dizaine de kilomètres de Şile en retournant à Istanbul se trouve, sur une colline, une enfilade de restaurants champêtres où vous pourrez déguster, sur des tables de bois à la bonne franquette ombragées de vigne vierge, les fameux « gözleme », sorte de crêpe confectionnée avec une feuille de brick pliée en quatre, fourrée de fromage ou d’herbes et cuite sur une plaque bouillante en cuivre étamé, un délice !

Istanbul : à la plage à Şile !
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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 14:04
Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

     D’après la mythologie, alors que Zeus était tombé amoureux la fille du dieu du fleuve Asopos, la nymphe Sinope, il  demanda à cette dernière  de formuler un vœu en lui promettant de l’exaucer : Sinope lui demanda alors de préserver sa virginité ; et Zeus, pris à son propre piège, fut obligé de respecter sa promesse…

   Il semblerait toutefois qu’ensuite, Sinope ne put résister aux avances d’Apollon, qui  la transporta dans un des plus jolies contrées de la Mer Noire, la ville qui porte aujourd’hui son nom, Sinop.

La ville est située au centre d’une longue presqu’île ; c’est cette position géographique longtemps peu facile d’accès qui en a sans doute protégé les beautés. 

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

D’autres légendes disent que le nom de Sinop vient de celui de Sinova, une des reines des Amazones qui habitaient cette région. Quoi qu’il en soit, selon moi, Sinop est une des plus charmantes  cités des rives de la Mer Noire.

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Les flots tumultueux de la Mer Noire non loin de Sinop... Le phare qui s'y dresse correspond au point le plus au Nord de toute la Turquie...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…
La mer devant le phare de Inceburun, aux confins de la presqu’île de Sinop...

La mer devant le phare de Inceburun, aux confins de la presqu’île de Sinop...

Sinop, dont le peuplement remonte à l’Age de bronze, faisait partie dans l’Antiquité de la Paphlagonie ; au cours des siècles, elle a donc connu les périodes hellénistique, romaine, byzantine, seldjoukide, ottomane, ce qui explique la richesse du site.

Diogène, représentant de la philosophie cynique, était natif de Sinop ; une statue lui rend hommage au centre de la ville.

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Selon moi, la magie de Sinop réside dans le mélange des paysages marin et montagnard : en effet, si la ville est au bord de l’eau, il suffit de quinze minutes de voitures pour se retrouver à la campagne et d’une trentaine pour gagner la montagne, avec lacs, épicéas et cascades. 

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…
Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Vivante et moderne, peuplée d’habitants chaleureux et sympathiques, la cité est un lieu idéal de villégiature.

Le port de Sinop, bordé de petits cafés sympathiques et très animés...

Le port de Sinop, bordé de petits cafés sympathiques et très animés...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Pour les gourmets, la spécialité de Sinop, les "mantis", sorte de raviolis, ici déclinés en deux versions dans une assiette : au yoghourt ou parsemés de noix...

La merveilleuse plage de Sarikum... Les vagues y sont parfois si violentes que le sable est jonché de débris de bois flotté.

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…
Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Le "fjord" d'Hamsilos...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Le champêtre petit port d’Akliman...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Un phare romantique…

La nature préservée, autour de Sinop...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

L’extraordinaire grotte d’Inalti, qui servit d’église aux premiers chrétiens, lors des persécutions exercées par les Romains…                i

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…
Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Fleurs sauvages des montagnes de Sinop...

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Un café turc dans l'ancienne medersa de la mosquée d'Alaattin Keykubad, transformée en centre d'artisanat...

On comprend mieux pourquoi Atatürk aimait tellement Sinop, qu’il aurait dit avec regret : « Si Ankara pouvait posséder au moins la moitié de la beauté de Sinop ! »

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Une réserve naturelle, dans laquelle on se rend pour observer à loisir les oiseaux aquatiques....

Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…
Turquie de la Mer Noire : merveilles de Sinop, ville natale de Diogène…

Lorsque la saison du poisson est finie, les pêcheurs fabriquent d’extraordinaires maquettes de bateaux en bois, réalisées à la main…

Photo sur le site du magasin Ülgen

Sinop, une ville à ne pas manquer...

Sinop, si belle...

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 07:20

Chaque année se déroulent le 25 avril les cérémonies de commémoration de la bataille terrestre des Dardanelles ou Campagne de Gallipoli, qui opposa les soldats anglais, russes et français aux troupes de l’Empire ottoman, de l’Allemagne et de l’Empire Autro-Hongrois,  entre le 25 avril 1915 et le 9 janvier 1916 et se termina par la victoire de l’Empire ottoman.

(Toutes les illustrations de cet article sont copiées sur Internet, merci aux auteurs)...

Le mausolée face à la mer...

Le mausolée face à la mer...

Le 25 avril, jour du débarquement franco-britannique, est aussi « la Journée de l’Anzac », celui du débarquement du Corps armé australien et néo-zélandais.

Le cimetière des Anzac...

Le cimetière des Anzac...

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Cette année, date du centenaire, les cérémonies revêtent une solennité particulière et des touristes et journalistes du monde entier sont venus se recueillir sur le site pour honorer la mémoire des dizaines de milliers de morts au combat.

Le cimetière turc...

Le cimetière turc...

Mustafa Kemal aux Dardanelles...

Mustafa Kemal aux Dardanelles...

Le cimetière français des Dardanelles

Le cimetière français des Dardanelles

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Texte copié sur le site de l’Ambassade de France à Ankara :

« La France était représentée par son ministre de la Défense, M. Jean-Yves Le Drian, qui a présidé la cérémonie au cimetière français, et par le vice-amiral d’escadre Yves Joly, commandant la zone, la région et l’arrondissement maritime Méditerranée, représentant le chef d’Etat-major des Armées. Des soldats français de la base de l’OTAN d’Izmir, des marins de la frégate Cassard, positionnée au large du cimetière français, ainsi que des membres d’associations d’anciens combattants étaient également présents. »

Extraits du discours de Jean-Yves Le Drian (copiés sur le site de l’Ambassade de France à Ankara).

« Cent ans après, les croix de fer de Seddülbahir et les tombes blanchies par le soleil de la péninsule rappellent le sacrifice de ces soldats.

En ce jour solennel, la France rend hommage à ses poilus du front d’Orient, aux 80 000 hommes du Corps expéditionnaire d’Orient et de la Marine française qui sont venus défendre leur patrie sur cette terre lointaine, théâtre de l’un des épisodes les plus tragiques de notre histoire. Marins, zouaves, tirailleurs sénégalais, algériens, légionnaires, 10 000 soldats français et coloniaux sont tombés devant Gallipoli. Ni l’ampleur des pertes, ni la violence de la guerre, n’ont diminué la bravoure de ces hommes. Leur courage et leur sens du sacrifice ne seront jamais oubliés.

Je pense également aux soldats anglais, australiens, néo-zélandais, mais aussi aux combattants turcs qui ont perdu la vie dans ces mêmes combats.

Le 25 avril ne célèbre pas une victoire. Il commémore la bataille des Dardanelles telle qu’elle s’est jouée ici. Il honore la mémoire de toutes les nations qui ont combattu, et c’est bien là le sens que Mustapha Kemal avait voulu donner à cette cérémonie.

Gallipoli incarne donc aujourd’hui, plus que jamais, la réconciliation des belligérants d’hier, la fraternité de nos peuples, la détermination de nos pays à lutter de longue date ensemble en faveur de la paix… »

 

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre
Un soldat français aux Dardanelles

Un soldat français aux Dardanelles

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Paix aux âmes de tous ces soldats de tous les bords qui ont tant souffert et sont venus mourir sur cette presqu’île de Gallipoli, parfois si loin de leur terre natale…

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Émile Verhaeren, Les Ailes rouges de la guerre, « La patrie aux soldats morts », 1016.

Vous ne reverrez plus les monts, les bois, la terre,
Beaux yeux de mes soldats qui n’aviez que vingt ans
Et qui êtes tombés, en ce dernier printemps,
Où plus que jamais douc
e apparut la lumière.

On n’osait plus songer au réveil des champs d’or
Que l’aube revêtait de sa gloire irisée ;
La guerre occupait tout de sa sombre pensée
Quand au fond des hameaux
on apprit votre mort.

Depuis votre départ, à l’angle de la glace,
Votre image attirait et les cœurs et les yeux,
Et nul ne s’asseyait sur l’escabeau boiteux
Où tous les soirs
, près du foyer, vous preniez place.

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Hélas ! où sont vos corps jeunes, puissants et fous,
Où, vos bras et vos mains et les gestes superbes
Qu’avec la grande faux vous faisiez dans les herbes ?
Hélas ! la nuit immense est descendue
en vous.

Vos mères ont pleuré dans leur chaumière close ;
Vos amantes ont dit leur peine aux gens des bourgs ;
On a parlé de vous tristement, tous les jours,
Et puis un so
ir d’automne on parla d’autre chose.

Mais je ne veux pas, Moi, qu’on voile vos noms clairs.
Vous qui dormez là-bas dans un sol de bataille
Où s’enfoncent encor les blocs de la mitraille
Quand de nouveaux combats
opposent leurs éclairs.

Je recueille en mon cœur votre gloire meurtrie,
Je renverse sur vous les feux de mes flambeaux
Et je monte la garde autour de vos tombeaux,
Moi qui suis l’avenir, parce que l
a Patrie.

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre

Un beau roman en anglais sur cette période :

Leyla Yidirim

Gallipoli 1915 : Unfulfilled Promesses, Editions GiTa, 2014

Dardanelles, 25.04.2015 : Centenaire de la bataille terrestre
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Published by Gisèle, écrivaine d’Istanbul - dans Commémorations Turquie Centenaire des Dardanelles Gallipoli çanakkale Histoire de la Turquie
8 mars 2015 7 08 /03 /mars /2015 08:55

J’y suis venue pour une semaine et j’y habite depuis trois décennies ! Tel pourrait être le résumé de mon histoire d’amour avec Istanbul. Cette ville, dont le nom a jadis fait rêver des générations de voyageurs en Orient, est surprenante, époustouflante.

 

 

 

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

Qu’est-ce donc que le charme d’Istanbul ?

Les uns pourront évoquer l’exceptionnelle beauté de son cadre naturel, où se mêlent la verdure et l’eau, où quelques minutes de marche suffisent pour gagner les rives du Bosphore séparant la cité entre Europe et Asie et se laisser griser par l’incessant ballet des  bateaux sillonnant le détroit et par les cris des goélands.

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !
Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

D’autres préfèreront évoquer la vie intense animant à toute heure les différents quartiers, le dynamisme des Stambouliotes ou leur hospitalité légendaire.

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

Ou la féérie de ses nuits, avec les palais illuminés se reflétant dans l’eau, les ferry-boats pavoisés de lumières, les minarets scintillants, les  immenses tours surmontées de faisceaux lumineux, le pont aux milliers  d’ampoules multicolores.

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !
Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

            En ce qui me concerne, ce qui me fascine dans cette mégapole et que je considère comme sa caractéristique essentielle, c’est la diversité de son patrimoine culturel et de ses habitants. 

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !
Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

La ville, après avoir été, dans l’Antiquité, la Nouvelle Rome, est devenue avec les Byzantins la capitale de la chrétienté, puis, sous les Ottomans, celle de l’islam ; elle a de plus, au fil des siècles, accueilli de nombreux émigrés et aussi tous les Turcs qui ont réintégré la terre de leurs ancêtres après la chute de l’Empire ottoman. Si bien que chaque parcelle de la cité conserve les traces de toutes les civilisations dont elle a été le berceau, de toutes les cultures différentes qui y ont fusionné pour constituer une mosaïque géante à mon avis unique au monde.

 

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

C’est là que vous pourrez découvrir beaucoup de lieux célèbres où furent écrites des pages importantes de l’histoire du monde. Istanbul est un lieu de contrastes. Les découvertes archéologiques n’en finissent jamais, les traces du passé le plus lointain côtoient les gratte-ciel, la tradition coexiste avec le modernisme le plus effréné. 

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

Un simple itinéraire de promenade vous fait traverser les siècles, passer des murailles de Constantinople à une mosquée ottomane, d’une église byzantine à un centre culturel d’avant-garde accueillant des expositions internationales.

 

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !
Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !

Toutes ces incomparables richesses font d’Istanbul une ville inoubliable dont la magie enchantera longtemps vos souvenirs.

Vacances à Istanbul ? Mais c'est le rêve !
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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 17:18
Turquie : larmes de sang pour Özgecan

Nos larmes vont à Özgecan, violée, martyrisée, sauvagement assassinée et enterrée le jour de la Fête des Amoureux… 

On a entendu tellement de phrases révoltantes depuis deux  ou trois ans, tellement de déclarations misogynes qu’on en a la nausée ; les crimes contre les femmes ont augmenté de 1400 % depuis sept ans. Nous, femmes, nous ne devons plus permettre qu’une jeune fille de vingt ans ne devienne la proie des bourreaux parce qu’elle est montée dans un minibus toute seule.

Nous ne devons plus permettre qu’un homme écrive impunément  qu’une fille de six ans peut être donnée en mariage ou qu’une fille qui étudie deviendra une prostituée.

Nous ne devons plus permettre que chaque jour, une femme en moyenne perde la vie ou se fasse violenter. Si quelqu’un peut se dresser contre le règne des ténèbres, ce sont les femmes, c’est nous. Halte à l’obscurantisme !

Les mairies éclairées de Turquie devraient organiser pour les femmes des séances gratuites de self-défense ! Face à tant de barbarie, il ne suffit plus de se désoler, de pleurer, d’écrire ; il faut apprendre aux femmes à se défendre comme des Amazones.

La pauvre Özgecan a vaillamment résisté à son agresseur mais elle ne savait pas se battre contre un couteau. Les femmes ne doivent plus être des brebis que l’on conduit à l’abattoir.

Turquie : larmes de sang pour Özgecan

Ce matin, je me suis en sursaut vers cinq heures du matin et j’ai pensé à Özgecan. Elle a pris le minibus pour rentrer de l'université à la maison, et tous les passagers étant descendus, elle s'est retrouvée seule avec le chauffeur, qui a modifié son itinéraire habituel pour la conduire dans un endroit désert.

La pauvre jeune fille a été violée, poignardée, achevée avec une barre de fer ; ensuite, le violeur, avec l’aide de deux acolytes qu'il avait appelés en renfort, lui a coupé les mains pour qu’on ne retrouve pas les traces d’ADN sous ses ongles, a arrosé le cadavre d’essence et  a tenté de le brûler pour effacer les traces de son monstrueux crime.

Si je donne ces détails horribles, c’est pour que tout le monde comprenne à quelle barbarie peut se livrer un "père de famille", si la femme qu’il a décidé de violer ne se laisse pas faire. J’imagine déjà le procès : des avocats "garants de la morale traditionnelle" vont trouver à l’assassin des circonstances atténuantes, arguant du fait que cet ancien bijoutier, était en dépression car il avait été contraint de devenir chauffeur de minibus après avoir fait faillite ; un autre prétendra qu’Özgecan avait regardé le chauffeur dans les yeux et qu’il y avait vu une invitation ; un troisième dira qu’elle portait un pantalon moulant, une mini-jupe…

Bref, tous ces arguments fallacieux et iniques dont on nous abreuve quand une innocente se fait violer ! Alors, nous, femmes, nous perdons le sommeil ! Nous imaginons le martyre de la jeune fille, la douleur de ceux qui l’aimaient ! Nous sommes des mères et Ozgecan est notre fille à toutes !

Nous ne voulons plus de ce monde où certains hommes ne nous considèrent que comme une paire de cuisses ! Nous ne sommes ni des pondeuses ni des courtisanes et nous ne devons pas accepter les discours de ceux (ou celles, hélas ! parfois…) qui prétendent que l’égalité entre les sexes n’existe pas. J’y crois fermement : c’est par les femmes que les grands changements se réalisent !

 

Les femmes ont exigé de porter le cercueil d'Özgecan.,.

Les femmes ont exigé de porter le cercueil d'Özgecan.,.

Nous, femmes de Turquie, demandons aux instances juridiques turques d'infliger une peine exemplaire aux assassins d'Özgecan, jeune fille martyre !

Ajout du 23 février : Bravo et merci à tous les hommes turcs qui, dans de nombreuses villes de Turquie, depuis dix jours, manifestent (parfois en portant des jupes), pour signifier leur solidarité avec les femmes et dénoncer les discriminations dont elles sont trop souvent , encore, victimes !

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  • La Trilogie d'Istanbul : Fenêtres d’Istanbul, Grimoire d’Istanbul, Secrets d’Istanbul. La Sultane Mahpéri, Mes Istamboulines, Janus Istanbul (avec Erol Köseoglu).
Contributions : Un roman turc de Claude Farrère, Le Jardin fermé, Un Drame à Constantinople...
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Livres de Gisèle Durero-Köseoglu

2003 : La Trilogie d’Istanbul I,  Fenêtres d’Istanbul.

2006 : La Trilogie d’Istanbul II, Grimoire d’Istanbul.

2009 : La Trilogie d’Istanbul II, Secrets d’Istanbul.

2004 : La Sultane Mahpéri, Dynasties de Turquie médiévale I.

2010 : Mes Istamboulines, Récits, essais, nouvelles.

2012 : Janus Istanbul, pièce de théâtre musical, livre et CD d’Erol Köseoglu.

2013 : Gisèle Durero-Köseoglu présente un roman turc de Claude Farrère,  L’Homme qui assassina, roman de Farrère et analyse.

2015 : Parution février: Sultane Gurdju Soleil du Lion, Dynasties de Turquie médiévale II.

 

 

 

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